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« Si Notre-Dame est le fruit du travail des hommes, cela a toujours été pour la gloire de Dieu »

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Mgr Chauvet a vécu aux premières lignes le terrible incendie du 15 avril 2019 qui a ravagé la cathédrale la plus connue au monde. Témoin impuissant de la force des flammes, c’est l’idée de fragilité qui le submerge immédiatement alors que le feu dévastait un monument vieux de 850 années. Homme de foi et responsable de cette PME singulière en charge d’un patrimoine unique, Mgr Chauvet livre pour les lecteurs un témoignage poignant à l’occasion de la sortie de son ouvrage « Notre-Dame d’espérance » aux Presses de la Renaissance dont la parution était initialement prévue avant l’incendie.

Il est certain que face à l’inévitable, au pied de cet édifice multiséculaire qui a vu passer tant de guerres et de révolutions, l’homme ne pouvait que se sentir tout petit. « Le recteur, croyez-moi, sur le parvis, vivait cette fragilité en se disant : voilà, tu es à la tête de cette cathédrale qui devant toi s’en va, qu’est-ce que le Seigneur veut te dire… Il est vrai que ma première réaction a été de dire : “Pourquoi Seigneur ?” », avoue Mgr Chauvet. Ce théologien averti, qui a prêché nombre de retraites, sait bien que les réponses sont rarement immédiates. C’est l’humilité qui doit guider alors tout autant le recteur-archiprêtre de Notre-Dame que le fidèle attristé ou encore la foule de touristes qui aujourd’hui dépose des fleurs au pied des barrages interdisant, pour des raisons de sécurité, l’accès au parvis de la cathédrale meurtrie.

Un signe de notre fragilité

Puis, un sentiment de dépossession survient, d’abord cruel, le recteur n’ayant pas manqué de verser des larmes sur ce désastre, mais un sentiment qui progressivement prend sens pour revenir à l’essentiel de la foi : « Ce qui importe, c’est que Notre-Dame soit dans notre cœur. Le temps de dépossession s’avère important car cet édifice n’appartient à personne. Et si Notre-Dame est le fruit du travail des hommes, cela a toujours été pour la gloire de Dieu. Il y avait peut-être un peu trop de caractère possessif dans notre rapport à ce monument, notre affaire, notre cathédrale… ».

Plus que des lectures apocalyptiques faciles que l’homme d’église écarte rapidement, il préfère souligner certains signes comme cet élan de solidarité internationale, toutes ces personnes qui sont venues prier, dès la nuit tombée, au pied de la cathédrale en flammes laissent un message d’espérance, et « cette épreuve va peut-être permettre à la France, pays de mission, de retrouver ses racines chrétiennes. Il peut suffire d’un événement comme celui-là pour que nous nous réveillions. C’est cela à mon avis l’Apocalypse et non les peurs millénaristes », rappelle Mgr Chauvet.

Une cathédrale éphémère

Mgr Chauvet souhaite aujourd’hui établir un pont entre la cathédrale en cours de travaux et le parvis. Les cathédrales ont de tout temps eu besoin de parvis, lieu appartenant à l’Église, mais également ouvert au monde. L’idée d’un sanctuaire placé sur le parvis, tout simple et tourné en direction de la cathédrale avec une reproduction de la Vierge au pilier, a ainsi pris naissance. « Cette cathédrale éphémère sera destinée à être un lieu d’accueil avec des cierges, des intentions de prière et la possibilité d’y déposer des fleurs. Il nous semble important de faire sortir Notre-Dame sur le parvis comme on le faisait naguère lors de processions avec cette reproduction de la Vierge. Cette cathédrale éphémère prendra ainsi la forme de cette statue de la Vierge Marie qui attend ses enfants… », se réjouit-il. Dans cet esprit de continuité, dès le 1er septembre, l’église Saint-Germain-l’Auxerrois sera le lieu de la liturgie cathédrale alors que Saint-Sulpice sera, elle, réservée pour les grandes célébrations sans pour autant devenir des « sous-cathédrales ».

Le temps de rebâtir

Mgr Chauvet se réjouit aussi de l’implication des spécialistes appelés pour la consolidation et la restauration de Notre-Dame. « Il s’agit des compagnons du devoir qui ont tout quitté pour venir ici. Je peux témoigner qu’un même esprit de fond anime ces personnes à l’image des bâtisseurs du Moyen Âge ». Après deux mois, la phase de consolidation est toujours en cours. Lors de l’incendie et la chute des deux voûtes, le bâtiment a bougé et se trouve fragilisé. « Les deux collatéraux, au-dessus des roses, se sont inclinés, nous avons donc été obligés d’enlever les statues. Les tours ont dû être consolidées, notamment la tour nord qui a pris feu », précise-t-il. « Il a fallu enlever les vitraux afin de placer un plancher à l’intérieur et un autre à l’extérieur pour enlever l’échafaudage encombrant et trop fragile, dégager les pierres, la charpente qui a brûlé, des tonnes de plombs… C’est un travail qui devrait nous mener jusqu’à la fin août », ajoute-t-il.

À cette date, si la cathédrale est restée debout, on pourra considérer qu’elle est définitivement sauvée, ce que l’on ne peut pas tout à fait dire aujourd’hui à 100%, mais à 90% ! », déclare-t-il. Le temps de rebâtir ne viendra qu’après cette phase de consolidation, menée par quatre architectes dont l’un est le spécialiste de la cathédrale, probablement à partir de janvier 2020. « Nous n’allons pas trop vite, mais suffisamment pour protéger l’édifice. L’importance des dons que nous avons reçus a permis d’éviter un certain nombre de lenteurs administratives et de commissions. Nous serons ensuite en mesure de commencer la reconstruction à proprement parler qui consistera à refaire les voûtes, la toiture, la charpente… », précise Mgr Chauvet.

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