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La triple peine des catholiques de France

Believers Assembly. Episcopal ordination. Amiens Cathedral...
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Soumis à des épreuves douloureuses, les catholiques de France peuvent avoir le sentiment de devoir affronter le statut de minorité honteuse dans une société hostile. Comme saint Paul, ils savent cependant que « c’est lorsque je suis faible que je suis fort » (2 Cor 12, 10).

L’incendie de Notre-Dame de Paris a mis le focus sur la condition actuelle des catholiques de France. Tout le monde s’accorde à penser que la situation du catholicisme est moins florissante qu’elle ne l’était il y a quarante ans. Les scandales à répétition des abus sexuels n’ont fait qu’aggraver la tendance lourde d’un déclin qui semble, à vue humaine, inexorable. Le malaise est perceptible dans toutes les sensibilités qui composent le paysage du catholicisme français contemporain.

Une situation inédite dans l’histoire

Des études publiées sur l’état d’esprit des catholiques français, ainsi que des livres consacrés au sujet (L’Archipel français, de Jérôme Fourquet, Une contre-révolution catholique : aux origines de la Manif pour tous, de Yann Raison du Cleuziou, tous deux parus en 2019 au Seuil), il ressort qu’on peut dénombrer trois causes principales, en dehors du déclin de la foi, au malaise qui est le leur actuellement. La première touche leur statut, inédit dans l’histoire de notre pays, de minorité ; la seconde cause tient à ce que les catholiques ne bénéficient pas de l’aura positive qui entoure les autres « minorités » qui peuvent se prévaloir d’une plus-value victimaire. Enfin, la troisième cause de ce malaise réside dans la détestation sourde dont l’Église continue à être l’objet de la part d’une extrême-gauche qui montre plus de complaisance envers l’islamisme politique.

Un statut minoritaire qu’il faut apprendre à assumer

Ayant été la première nation européenne à embrasser officiellement la catholicisme (avec Clovis), la France, fille aînée de l’Église, semblait avoir conclu un pacte éternel avec Rome. Même l’intermède terrible de la Révolution n’avait pas été capable de le remettre en question : la France du XIXe siècle n’était-elle pas le pays qui fournissait alors le plus grand nombre de missionnaires à travers le monde ? Religion officielle durant des siècles, voici le catholicisme soudain ravalé au rang d’une minorité parmi d’autres ! Le choc est rude pour les catholiques ! Il ne sert de rien de nier le traumatisme que ce bouleversement a entraîné chez beaucoup de croyants. Comme s’ils étaient dépossédés d’une rente séculaire issue de l’histoire de France.

À cette évidence, trois réponses ont été apportées. La première, prenant acte de ce nouveau statut minoritaire, essaye de reconstituer les forces vives de la foi en entretenant un entre-soi passager, voire une contre-culture qui, une fois devenue suffisamment vigoureuse, sera capable de rayonner ad extra afin de ré-évangéliser la terre de mission. La seconde solution consiste à intensifier les rapports avec l’extérieur, en assumant sereinement la position de minorité active, et en prenant garde de se raidir dans une position trop identitaire. La troisième voie insiste, quant à elle, sur la chance que constitue cette faiblesse, en y voyant une configuration au Christ-serviteur. Cette troisième réponse est la plus marginale des trois.

Minoritaires, mais pas victimes pour autant

La seconde peine des catholiques de France consiste à ne pouvoir tirer aucun avantage de leur nouvelle position minoritaire. Cette dernière assure en temps normal, à ceux qui la partagent, un statut de victimes qui peut leur ouvrir des droits à compensation. On le constate avec la vague de repentance tous azimuts sur laquelle surfent le communautarisme et l’idéologie indigéniste qui voudrait faire expier son passé à l’Occident. Le catholicisme étant assimilé, par le magistère de l’idéologie diversitaire, aux anciens pouvoirs qui discriminaient jadis les minorités sexuelles, religieuses et ethniques, ne peut prétendre, selon les nouveaux maîtres à penser, se poser en victime. Cette posture avantageuse lui est interdite.

Alors qu’un certain courant « laïciste » continue à les accuser d’interférer dans la politique, les catholiques constatent que leur poids déclinant dans les sphères d’influence ne leur vaut pas davantage d’indulgence de la part de certains penseurs, qui sont moins regardants au sujet du conservatisme assumé de certaines religions. Comme le catholicisme a fait la nation française, on ne tient pas sa position minoritaire pour une circonstance atténuante – ce que beaucoup de chrétiens ressentent douloureusement. Pour se consoler, ils peuvent se dire que c’est là l’hommage du vice à la vertu, l’hommage des derniers venus, désirant faire table rase du passé, à la matrice culturelle de la France…

Les cathos n’ont pas dit leur dernier mot

La troisième peine des catholiques français réside dans le discrédit dans lequel le « progressisme » tient leur attachement au bien commun. Alors que les autres minorités sont gratifiées d’une plus-value symbolique d’opposants (souvent à leur insu…) à l’ordre établi, la critique du libéralisme libertaire, par certains courants catholiques, ne rencontre aucun écho favorable chez les bien-pensants qui propagent la doxa dominante auprès des relais médiatiques. On leur dénie le rôle de contestataires, rôle très enviable depuis que Mai 68 a fait de la figure du « rebelle » l’alpha et l’oméga du modèle à suivre.

Devant ce qui peut être ressenti comme un traitement inéquitable, le piège, pour les catholiques, serait de se crisper, de fonder un nouveau communautarisme et de se renfermer ainsi dans un entre-soi rassurant. À rebours de cette tentation, la puissance de la Résurrection doit être le garant de la pérennité d’une ouverture, certes pratiquée avec discernement, au monde. Après tout, sans préjudice de nos responsabilités du fait de l’autonomie des réalités temporelles, le destin de la France se joue au niveau surnaturel. Là-dessus, les catholiques, initiés à cette donnée fondamentale, conservent, malgré leur déclassement, encore plusieurs longueurs d’avance sur leurs contradicteurs qui voudraient les confiner dans un ghetto.

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