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Le progressisme dérangé par la foi

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Shutterstock-PopTika
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L’idéologie du progressisme se définit comme une croyance autoritaire dans l’indiscutable supériorité de notre époque pour dominer le monde et les questionnements religieux de l’homme. Dans sa logique, la victoire de la raison sur la foi n’est pas une nécessité, mais un besoin.

Le « progressisme » aujourd’hui dominant en Occident considère que la foi religieuse doit inéluctablement s’effacer devant l’explication rationnelle du monde qui la supplante en la rendant inutile. Au fond, à quoi bon croire puisque la raison rend compte de la totalité de l’univers et que nous sommes à la veille de comprendre rationnellement l’intégralité des phénomènes non seulement physiques mais aussi culturels grâce aux sciences humaines ? On aura reconnu là le thème dominant de toute une flopée d’ouvrages qui prétendent expliquer quelle merveilleuse chance nous avons de vivre à notre époque de lumière et qui, sans surprise, sont encensés par des magazines pour lesquels la supériorité de notre modernité sur ses devancières constitue précisément une conviction absolue — ce que l’on appelle aussi un dogme.

La victoire de la raison sur la foi

C’est ici d’ailleurs que le raisonnement dominant s’inverse, partant de l’éloge de la raison pour se transformer en affirmation autoritaire de l’indiscutable supériorité de notre époque. Lorsqu’une pensée se contredit au point de se transformer sans s’en apercevoir en son contraire, c’est généralement parce que ses arrière-pensées, c’est-à-dire ce qu’elle pense vraiment mais ne peut pas dire, le lui imposent. Alors, qu’en est-il du discours sur le triomphe de la raison et l’effacement irréversible de la foi religieuse ? Quelles sont les « arrière-pensées » de ce discours ? Peut-être y verrons-nous plus clair si nous percevons que, pour celui-ci, la croyance en la victoire de la raison sur la foi n’est pas une nécessité mais un besoin.

Nous vivons dans un monde dont le projet ultime est effectivement de déterminer la totalité du monde. « Déterminer » : entendons par là que notre but est d’appréhender rationnellement la totalité des choses, y compris bien sûr nous-mêmes, afin de comprendre, une bonne fois pour toutes, comment chacune de ces choses fonctionne. Ainsi, croyons-nous, nous parviendrons à la maîtrise totale de ce monde, contrôlant notre univers, et, par ce contrôle, nous assurant enfin une jouissance continue des choses. Le programme réel de l’Occident contemporain est ainsi la recherche d’une gouvernance généralisée de l’univers, depuis la compréhension de la mécanique générale des galaxies jusqu’à la détermination des règles génétiques de chaque espèce et, au sein de chaque espèce, de chaque individu.

Gouverner un monde sans incertitude

Naturellement, ce programme de gouvernance généralisée n’a rien de désintéressé, malgré tous ceux, et ils sont nombreux, qui s’efforcent de nous persuader du contraire. Le but final de ce programme est de libérer enfin l’homme de tout questionnement métaphysique, de le délivrer de la quête angoissante du sens, en le confinant dans un monde où il n’aurait plus à s’interroger puisqu’il serait enfin le maître de tout, y compris de la vie et de la mort, plus rien ne bougeant véritablement, les choses étant réduites au statut de simples automates. À un niveau plus concret, la gouvernance de l’ensemble des choses est la condition fondamentale de viabilité économique de notre système, puisque la prévisibilité, celle, en particulier, de notre comportement de consommateur, traqué par toute sorte d’outils de plus en plus sophistiqués, garantit l’efficacité du calcul économique et donc du profit que l’on en retire.

La foi religieuse gêne

Vu sous cet angle, le combat entre les « lumières » de la raison et les « ténèbres » de la foi, nécessairement placée toujours du côté de l’obscurantisme ou, au moins, de l’archaïsme, change de perspective. Si la « raison » doit impérativement triompher, c’est que la foi religieuse gêne. Pourquoi gêne-t-elle ? Pour répondre à cette question, il faut se remémorer ce qu’est vraiment la foi, ce qui n’est guère facile à une époque où la foi se confond fréquemment avec un simple fidéisme ou bien avec une croyance passée au tamis de la raison. La foi est savoir sans certitude. Elle est savoir : non pas on ne sait quel illuminisme ou quel aveuglement qui sombrerait dans l’enivrement des transes individuelles ou collectives, mais une expérience qui prétend dire la vérité. Mais elle est aussi sans certitude : il existe des démonstrations très fines et ingénieuses de l’existence de Dieu mais qui, en tant que telles, n’emporteront jamais la conviction totale, parce que, à la fin des fins, il faudra bien se décider, seul, face à l’abîme, sans que la raison puisse nous venir en aide : il faut y croire, ou ne pas y croire. Et, si nous décidons de croire, c’est-à-dire si la grâce nous a octroyé ce don, nous devrons toujours nous souvenir, pour que notre foi reste vivante, que celle-ci est et doit demeurer un pari, c’est-à-dire un acte de confiance dans une réalité indémontrable.

Un savoir sans certitude

La foi authentique n’a rien à voir avec la certitude obtuse du fanatique qui, paradoxalement, est plus prêt du dévot des Lumières que l’un et l’autre ne l’imaginent. La foi n’oublie pas qu’elle est un élan au-dessus du vide que l’on accomplit, mû par cette force étrange qui est l’amour, et elle ne ressent jamais cette absence d’absolue certitude comme une blessure. Au contraire. Ce savoir sans certitude sait que sa plus grande richesse est de ne pas contraindre Ce en quoi il croit, de se mettre à Son écoute, de Le laisser être pour être à son tour avec Lui.

Peut-être comprend-on mieux dès lors pourquoi notre monde réprouve autant la foi et pourquoi il s’efforce avec acharnement de la river au passé, d’en faire une relique, un résidu qui doit nécessairement s’assécher. La foi représente en effet, aujourd’hui, la seule force qui par sa dynamique interne non seulement refuse mais encore condamne le projet de gouvernance générale du monde dont j’ai parlé, ce projet qui néantise les choses pour mieux se les approprier et les rendre utiles en les manipulant. La foi, en nous apprenant qu’il est des savoirs qui n’écrasent pas, nous ouvre les portes d’un univers que notre société veut verrouiller : un univers où l’homme redécouvre la liberté et la vie souveraine des choses et, à travers cette redécouverte, redevient lui-même vivant, un univers où l’intérêt cesse d’obnubiler nos relations avec les autres et où l’on peut à nouveau être reconnaissant pour cette vie qui nous est donnée…

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