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Jean Vanier, l’homme qui a consolé les familles

Petit enfant handicapé avec son père
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Décédé ce matin du 7 mai, Jean Vanier a marqué de nombreux esprits par son regard profondément évangélique sur les plus petits. Philippe de Lachapelle, directeur de l'OCH (Office Chrétien des Personnes Handicapées), évoque sa figure pour les lecteurs d'Aleteia.

Directeur de l’OCH (Office Chrétien des Personnes Handicapées) ainsi que de la revue Ombres et Lumière, Philippe de Lachapelle est frappé par l’intuition qui a animé Jean Vanier. « Mon premier ressenti, c’est que Jean Vanier et Marie-Hélène Mathieu, qui a fondé l’OCH en 1963 [Jean Vanier a créé L’Arche en 1964, ndlr], sont très liés. Je suis toujours très étonné de ce que l’Esprit saint a pu inspirer à deux personnes si différentes mais qui convergent complètement dans leurs intuitions. Le message de l’un et l’autre est un message de consolation pour les familles. Celles-ci vivaient dans leur chair la réalité de l’exclusion de leur enfant. Cette parole les console et les met en vie. Leur enfant qui était exclu et maudit est devenu celui qui est reconnu et remercié pour ses dons et ses talents. L’enfant différent n’est plus une malédiction mais il devient une bénédiction », explique-t-il.

Une vision évangélique de la personne fragile

Philippe de Lachapelle, qui a été membre de L’Arche durant plusieurs années, souligne également la vision anthropologique assez novatrice portée par Jean, l’ami des tout-petits. « Son histoire, c’est celle d’une expérience de rencontre avec des personnes handicapées qui a permis ensuite à des dizaines de milliers de personnes, dont moi-même, de vivre cette expérience. Nombre de personnes et de mouvements s’en sont inspirés, comme l’association Simon de Cyrène et tant d’autres. C’est vraiment son intuition, mais qui s’est étendue bien au-delà de L’Arche et de Foi et Lumière. Jean a eu cette certitude que la rencontre avec les plus fragiles transforme. On est passé de l’idée de faire du bien aux pauvres à celle de se laisser transformer par eux pour arriver à cette béatitude que l’on trouve dans l’Évangile de Matthieu, “Heureux les pauvres en esprit car le royaume des Cieux est à eux” (Mt 5, 3). Jean Vanier a su mettre des mots sur une expérience qu’il avait vécue pour la mettre en lumière ».

Une approche éducative novatrice

C’est aussi par son approche éducative nouvelle que l’ancien marin canadien a marqué son époque, souligne le directeur de l’OCH. « Il a permis que les personnes avec un handicap soient prises en compte dans leur globalité avec leur cœur, avec leur corps, avec leur intelligence. La fragilité est constitutive de la personne humaine et on est invité à partager cette fragilité, à ne pas la cacher. Jean nous a montré que nous appartenions à une famille et c’est ce que l’on vit dans un lieu comme Foi et Lumière. Cette interdépendance et cette mutualité sont une chance : nous avons besoin les uns des autres. Jean avait cette certitude que tous les membres sont essentiels et que les plus faibles doivent être honorés. C’est la vision de saint Paul [« Nous avons été baptisés pour former un seul corps. […] [Dieu] a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres » (1 Co, 12), ndlr]. Enfin, Jean a réconcilié amour et compétence. Avec lui, amour et compétence se conjuguent, ce n’est pas du tout antinomique ». S’appuyant sur des professionnels tels que des éducateurs et des psychiatres, Jean Vanier a compris l’importance de mettre la relation au cœur de l’accompagnement des personnes fragiles.

Une anthropologie

Enfin, pour Philippe de Lachapelle, cet homme de cœur a su porter une voix. « Dans un monde post-moderne où règne une véritable tyrannie de la performance de la normalité, il est venu interpeller pour que l’on puisse ré-humaniser ce monde à partir des plus fragiles ». Le directeur de l’OCH pointe cependant une zone d’ombre durant les dernières années du fondateur de L’Arche, en raison des révélations sur les abus sexuels perpétrés par le père Thomas Philippe, qui l’avait accompagné aux débuts de L’Arche. « Le père Thomas a été son compagnon de toujours, son guide spirituel. Que savait Jean ? Il part en nous laissant une interrogation ». Ce qui n’empêche pas sa parole de rayonner largement. « Il y a une véritable dimension de paix dans son message. Il est universel ».

Les 12 phrases inspirantes de Jean Vanier :
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