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Jean Vanier, le colosse au grand cœur, nous a quittés

Jean Vanier
©Templeton Prize | Paul Hackett
Jean Vanier en 2015 lors de la remise du Prix Templeton.
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Le fondateur des communautés de L’Arche et de Foi et Lumière, Jean Vanier, est mort ce 7 mai 2019, à l’âge de 90 ans. Lumineux, il a marqué de nombreux esprits tout au long de sa vie. Ce rayonnement est le fruit d’une vie toute entière dédiée à Dieu et à l’intuition que le salut de l’homme passe par sa relation avec les plus pauvres.

Il frappait ceux qui le rencontraient par sa bonté et son humilité mâtinées à l’occasion d’un regard pétillant. Né en 1928 à Genève (Suisse) dans une famille canadienne, Jean Vanier pouvait se targuer d’un itinéraire de vie hors du commun. Issu d’une fratrie de quatre enfants, sa famille se déplace au gré des affectations de Georges Vanier, son père, diplomate. En 1942, âgé de 13 ans, en pleine Seconde Guerre mondiale, Jean décide de rallier la marine de guerre anglaise. Un choix singulier pour un garçon de son âge dont il tirera un enseignement ad vitam puisque son père lui lance alors : « Si c’est ce que tu veux vraiment, fais-le. Je te fais confiance ». Dans l’armée, il découvre la rigueur militaire, le dépassement de soi, la détermination, l’efficacité… Cette expérience lui donne des armes pour sa vie future. En 1948, il s’engage comme officier dans la marine canadienne dont il démissionne en 1950, à l’âge de 22 ans, alors qu’une brillante carrière l’attend. Il songe alors à devenir prêtre.

Un homme qui cherche sa voie

Il se sent attiré vers le Christ, qu’il veut servir davantage mais sans savoir précisément comment. Durant plusieurs années, il tâtonne et multiplie les expériences, cherchant sa voie. Il débarque à L’Eau Vive, un centre de formation théologique et spirituelle pour des laïcs fondé par le père Thomas Philippe, prêtre dominicain. Celui-ci a la réputation d’être un brillant théologien. Jean est très marqué par sa rencontre avec le religieux pour lequel il éprouve comme un coup de foudre spirituel, qui devient à la fois son professeur et son père spirituel, véritable compagnon de route pour les années à venir, même si plus tard il prendra ses distances avec lui. Il découvre la théologie et la philosophie qui l’amèneront à préparer une thèse de doctorat sur l’éthique d’Aristote, qu’il soutiendra en 1962 à l’Institut catholique de Paris. En 1952, le père Thomas est subitement rappelé à Rome par ses supérieurs. Jean lui succède donc à la tête de la petite communauté jusqu’en 1956 où, après avoir quitté l’Eau Vive, il se retrouve à nouveau sur la route à chercher sa voie. Il passe une année à l’abbaye cistercienne de Bellefontaine (Vendée), teste la vie érémitique dans la campagne normande, part à Fatima (Portugal), soutient sa thèse, enseigne la philosophie à Toronto (Canada)… À travers ces tribulations, il apprend à se détacher de lui-même et à se laisser conduire par le Christ.

Lire aussi : Tugdual Derville : « Jean Vanier savait se mettre à la hauteur des petits »

Une vie « avec les pauvres au nom de Jésus »

À la fin de l’année 1963, Jean rend visite au père Thomas qui est alors aumônier du Val Fleuri, à Trosly-Breuil, un petit village de l’Oise. Cet établissement accueille des personnes avec une déficience mentale. Ce contact avec le monde du handicap modifie le cours de sa vie. Il part visiter une institution à Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux (Seine-et-Marne) et découvre alors avec tristesse la réalité des conditions de vie de ceux qui étaient considérés comme des « fous » alors qu’ils avaient simplement une déficience intellectuelle. Cette réalité le bouleverse à tel point qu’il décide d’emménager dans une maisonnette délabrée avec plusieurs d’entre eux, Philippe Seux et Raphaël Simi. Jean n’est pas un spécialiste du handicap, il n’a pas de projet ni de plan précis, mais il porte en lui un désir profond de vie partagée dans un esprit de fraternité. « Ma petite voix m’a indiqué le chemin à prendre. Au début, ce n’était qu’un murmure. […] Mon rêve de “vivre” avec les pauvres au nom de Jésus — et pas seulement de leur “faire du bien” — semble pouvoir se réaliser en ce coin de Picardie où tout me porte. Mon sort, je le pressens, sera lié à ces êtres si souvent opprimés, écrit-il dans Un cri se fait entendre. Ils débutent ensemble une petite vie communautaire et Jean a trouvé un foyer. « Pour la première fois, I had found a home ! », écrit-il. Il semble enfin avoir trouvé sa place. « Loin des amphithéâtres studieux, je me laisse façonner par la simplicité d’une vie communautaire, auprès de personnes humiliées et rejetées. La joie que je découvre dépasse tout ce que j’avais pu imaginer », poursuit-il plus loin.

Lire aussi : « Jean Vanier avait la capacité de relever des gens »

Une communauté qui grandit

Si les débuts sont tâtonnants, la joie marque ces premières années de L’Arche, nommée ainsi en référence à l’arche de Noé. Alors que le père Thomas, présent aux côtés de Jean, souhaite que L’Arche une identité catholique, Jean, pourtant profondément catholique, insiste pour que chaque communauté soit une communauté de foi, enraciné dans la tradition religieuse locale, et que chaque membre puisse vivre sa foi « selon la loi et la tradition qui lui sont propres » (charte des communautés de L’Arche).

Il découvre que la relation avec les personnes handicapées le transforme et qu’elles lui enseignent véritablement ce que ce sont l’accueil et le pardon. « Son histoire, c’est celle d’une expérience de rencontre avec des personnes handicapées qui a permis ensuite à des dizaines de milliers de personnes, dont moi-même, de vivre cette expérience. Nombre de personnes et de mouvements s’en sont inspirés », explique Philippe de Lachapelle, directeur de l’OCH (Office Chrétien des Personnes Handicapées). En 1971, Jean Vanier fonde les communautés Foi et Lumière, en compagnie de Marie-Hélène Mathieu. Durant plus de 50 ans, il poursuit l’aventure de L’Arche dont le projet, basé sur la relation, touche de plus en plus de personnes. Si la communauté a connu des moments de crise — en 2014, des personnes ont reconnu avoir été victimes d’abus sexuels de la part du père Thomas — un demi-siècle plus tard, elle a fait des petits et on compte aujourd’hui plus de 150 communautés à travers le monde qui font rayonner le message de Jean Vanier, l’ami des tout-petits.

En images : Ces 12 phrases inspirantes de Jean Vanier
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