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« Églises ouvertes », un réseau européen qui s’active pour ouvrir les sanctuaires

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Créée il y a 12 ans, la Fondation "Églises ouvertes" est un réseau européen qui vise à mettre en valeur le patrimoine religieux en maintenant les églises ouvertes. Née en Belgique, cette aventure s’étend aujourd’hui au Luxembourg mais aussi à la France. Gery de Pierpont, chargé de projets pour la partie Wallonne du réseau (Belgique) et Nanou Bouillet, présidente du réseau pour la région Grand Est (France), évoquent pour Aleteia le fonctionnement et les enjeux de ce grand réseau européen.

Point de repère dans le paysage, l’église est souvent le seul élément important d’un village. Symbole d’une histoire commune, les édifices religieux sont malheureusement de plus en plus souvent fermés, faute de pratique religieuse ou de bénévoles réguliers pour les maintenir ouvertes. Fort de ce constat, Marc Huynen, chef d’entreprise, décide un jour de créer en Belgique la Fondation « Églises ouvertes », sur le modèle d’autres pays européens comme la Finlande et l’Angleterre. L’objectif ? Créer un grand réseau pour aider les responsables à ouvrir leur édifice à un large public.

© Open Churches EU

« Le plus important c’est la réappropriation »

« La Belgique compte aujourd’hui plus de 150 membres dans la Fondation “Églises ouvertes” », confie avec fierté Gery de Pierpont, chargé de projets pour le réseau en Wallonie. Dans notre pays, les autorités ecclésiastiques ont bien accueilli le projet car ils ont vite pris conscience qu’il était important d’anticiper l’avenir du patrimoine religieux de plus en plus délaissé », reprend Gery de Pierpont. « Sans bénévoles, les communes préfèrent fermer les églises pour éviter les vols et les dégradations. Mais une église fermée est une église qui meurt. Pour la préserver, il faut la maintenir ouverte. » Une conviction qu’il espère communiquer au plus grand nombre : « Le plus important c’est la réappropriation. Les jeunes générations vont moins à l’église, c’est un fait. Mais au-delà de la sphère catholique, il faut que les riverains se réapproprient leur patrimoine. Ce sont des lieux magiques, remplis de belles œuvres d’art, mais aussi des lieux de ressourcement où chacun peut y trouver, croyants ou non, le silence et la sérénité ».

Si certains maires ont d’abord été frileux face à cet ambitieux projet, soulevant le problème de la sécurité des lieux, leur éloignement géographique ou le manque de bénévoles, les peurs ont fini par s’éloigner face à l’enthousiasme des riverains. « Ils sont nombreux à être attachés à leur église, à y garder ancrés des souvenirs d’enfance. Même ceux qui ne sont pas croyants refusent de voir leur église se fermer. »

© Open Churches EU

Comme une tâche d’huile, le réseau « Églises ouvertes » a commencé à se répandre chez les pays voisins. Au Luxembourg, d’abord, puis en France. C’est le diocèse d’Arras qui, le premier, à accepter de rejoindre l’aventure il y a maintenant six ans. Depuis, trois entités ont été créées en France : une dans la région Hauts-de-France, une dans la région Grand-Est et une dans la région Bourgogne-Franche-Comté. Interrogée par Aleteia, Nanou Bouillet, présidente du réseau pour la région Grand-Est (qui compte 40 clochers adhérents), explique l’intérêt de rejoindre la Fondation : « Le réseau est une formidable moyen de partager des expériences et des compétences. Souvent, les maires sont démunis face à leur église. Ils souhaitent les maintenir ouvertes mais ne savent pas comment s’y prendre. Le réseau est là pour les conseiller et faire émerger des idées adaptées à leur situation. » Loin de vouloir remplacer les initiatives locales déjà existantes, Nanou Bouillet tend cependant à montrer qu’adhérer au réseau c’est l’assurance de mieux se faire connaître mais aussi de se sentir soutenu. « Nous avons de nombreux contacts et souvent nous mettons en lien des communes avec des professionnels du patrimoine », explique-t-elle.

© Open Churches EU

Mais quelles sont les conditions pour adhérer au réseau ? « Nous demandons bien évidemment un minimum d’investissement de la part des communes, c’est tout l’intérêt du projet. Il faut que l’église soit ouverte aux visiteurs pendant au moins huit semaines consécutives entre le 1er juin et le 30 septembre, trois jours par semaine et quatre heure par jour », précise Nanou Bouillet. À cela s’ajoute l’obligation de déposer des brochures dans l’église — indiquant les renseignements sur la vie de la paroisse et l’histoire de l’église — mais aussi de créer une atmosphère propice à l’accueil : texte de bienvenue, livre d’or, fond musical, fleurs… Idéalement, un bénévole doit être présent durant les heures d’ouverture pour accueillir les visiteurs. Autre point important : garder à jour l’inventaire complet des biens de valeur de l’église et veiller à sa sécurisation. Des outils de communication et une grande bannière à l’entrée de l’église sont fournis. « Ils permettent de faire découvrir aux visiteurs l’existence du réseau et de repérer les églises y appartenant », explique Nanou Bouillet.

© Open Churches EU
Église Notre-Dame de l'Assomption À Mont-devant-Sassey (Meuse).

« À la lecture des livres d’or, on constate que les visiteurs accueillent avec joie cette initiative », confie Gery de Pierpont, comme en témoigne ce beau commentaire laissé par un visiteur : « Au fond, qu’est-ce qu’un église ? Un vaillant petit bateau au milieu de nos tempêtes, de nos préoccupations, de nos illusions quotidiennes, légitimes ou non. C’est une pierre au centre de la cité. Un tout en découle car ces pierres sont vivantes, réconfortantes, habitées. » Nanou Bouillet confirme d’autant plus les bienfaits de l’ouverture des églises par son expérience personnelle. Ancienne professeur d’Histoire de l’art, elle a, bien avant de rejoindre le réseau, compris l’importance de rouvrir l’église de son village, à la fois pour sauver le bâtiment, mais aussi pour recréer du lien social. « Les gens ne vont plus à la messe et pourtant c’était autrefois un formidable moyen de se rencontrer. À Mont-devant-Sassey (Meuse), l’église du XIIe siècle n’était ouverte qu’une fois par an. Un jour, j’ai décidé de motiver les jeunes du village en leur demandant de faire des visites guidées ». Grâce à sa motivation, l’église a pu être réouverte et cela fait maintenant quinze ans que des jeunes assurent, chaque année, des visites. Depuis deux ans, l’association des Amis de Mont-devant-Sassey a rejoint le réseau pour partager son expérience et augmenter sa visibilité.

Espérant, en filigrane, ramener les jeunes vers la foi, Nanou Bouillet ne perd pas espoir : « Parmi tous les jeunes que j’ai rencontré, une adolescente à demander à se faire baptiser. C’est peut-être peu mais cela donner de l’espérance », confie-t-elle. « Au delà de la pratique, il est important que les jeunes générations se réapproprient ces lieux, pour ne pas oublier leur histoire chrétienne mais aussi pour qu’ils puissent trouver des lieux de ressourcement toujours ouverts ».

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