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Gethsémani, pivot du Salut

JEZUS W OGRÓJCU
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L’angoisse de Jésus au jardin des Oliviers dépasse largement l’appréhension humaine de sa mort prochaine. Ce mystère abyssal est à méditer dans la perspective du Salut. La souffrance du Sauveur est d’abord une épreuve spirituelle.

Le croyant qui désire aujourd’hui s’associer à la prière de Jésus au jardin des Oliviers doit garder à l’esprit que c’est le Sauveur du monde qui est étreint par cette tristesse infinie, et non une simple personne particulière qui devine sa mort imminente. Plonger dans la cause profonde de l’angoisse de Jésus à ce moment précis de son existence nous fait prendre la mesure du prix que lui a coûté le rachat du genre humain. Nous concevons mieux aussi la nature de la Rédemption.

Ne pas réduire Gethsémani à la psychologie

Il est en effet une façon de présenter l’angoisse de Jésus à Gethsémani qui passe à côté du mystère. Réduire la tristesse du Christ à son appréhension de la mort est insuffisant. Certes, il ne s’agit pas là d’un contresens : Jésus n’a pas abordé de gaieté de cœur sa propre mort que sa sensibilité naturelle lui a dépeinte comme horrible. N’ayant aucune complaisance pour la mort, il n’a pu envisager la sienne qu’avec répulsion et appréhension, comme la majorité d’entre nous.

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Cependant, l’angoisse mortelle qui l’étreint au jardin des Oliviers va bien au-delà de la répulsion naturelle que lui cause la perspective de son prochain trépas et de son supplice. En confiant aux trois disciples qui l’accompagnent que son « âme est triste à en mourir » (Mt 26, 38), Jésus leur révèle que son angoisse n’émane pas d’abord d’un élément extérieur (comme sa mort prochaine, avec ses circonstances cruelles), mais que cette terrible épreuve est d’abord spirituelle. L’agonie de Gethsémani se déroule dans l’intériorité du Messie de Dieu. Quelle est-elle pour lui faire exsuder des larmes de sang ? En fait, à cet instant décisif du salut, où il doit dire « oui » là où le premier Adam avait dit « non », Jésus est plongé en plein péché. Non pas qu’il ait la moindre velléité de transgresser aucun commandement. Seulement, c’est tout le péché du monde qui l’assiège soudain, et qui le pousse au découragement et tente de brouiller l’image de son Père en lui.

Découragement

Première tentation de Jésus au jardin de Gethsémani : penser à l’inutilité de son sacrifice. Dans sa prescience prophétique, il voit tous les pécheurs auxquels son sacrifice ne servira à rien tout au long de l’histoire. Et soudain, la pensée que sa mort est inutile commence à l’assaillir. Bien sûr, il s’agit là d’une tentation. Le démon avait promis de revenir au temps fixé, après que Jésus l’eut défait au désert. Pour une fois, le prince des ténèbres a tenu ses promesses : exact au rendez-vous, il lui susurre à l’oreille que les hommes pour lesquels il s’apprête à livrer sa vie n’en valent décidément pas la peine ! Tiens ! Qu’il regarde, pour s’en convaincre, ses trois plus proches amis qu’il a amenés avec lui ! C’est l’instant décisif où se joue la Rédemption, et que font-ils ? Dormir ! Et le démon de conseiller au Messie de laisser tomber une rédemption aussi coûteuse pour une engeance aussi ingrate.

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Jésus voit toute cette ingratitude. Il s’en plaindra d’ailleurs à sainte Marguerite-Marie à Paray-le-Monial. À nous de le consoler, de démentir notre stigmatisation par le démon en suppléant par notre prière la défection de Pierre, Jacques et Jean durant la sainte agonie.

Plongé en plein péché

Mais il est une autre cause, encore plus profonde, à la tristesse ressentie par Jésus au jardin des Oliviers. Et celle-là concerne son Père, même si ce sont les hommes qui en sont indirectement les agents. Car maintenant, ce n’est plus seulement la pensée des ingrats qui ne profiteront pas du salut, qui génère son affliction, mais une souffrance spirituelle qu’il n’avait jamais éprouvée auparavant. À cet instant crucial, l’image de son Père se brouille en effet en lui. Que lui arrive-t-il ? Jésus a assumé tout l’homme, et avec lui le péché de ce dernier. Ce péché dont il ressent maintenant l’étreinte mortelle. Le fait qu’il n’en ait jamais commis aucun ne fait aucune différence. « Il porte nos péchés dans son corps », comme le dit la première épître de saint Pierre (1P 2, 24). « Dieu l’a fait péché pour nous », renchérit saint Paul (2Cor 5, 21). Ayant pris sur lui notre infirmité congénitale, Jésus se sent soudain revêtu du péché. Or, quel est l’effet du péché en nous ? Nous faire éprouver l’éloignement de Dieu. Telle est l’origine de l’angoisse mortelle du Christ au jardin des Oliviers.

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Non pas que Dieu s’éloigne du pécheur. Il est toujours à sa porte pour le recevoir. Mais le péché brouille l’image du Créateur dans l’esprit de l’homme. Ce dernier ne le conçoit plus que comme un maître dur, un tyran, un censeur impitoyable. De là naît cette terrible sensation d’éloignement de Dieu chez l’homme. Sensation qui possède une certaine assise dans la réalité : entre Dieu et le péché, il y a bien incompatibilité absolue. Cela, le pécheur le sait, même obscurément. Mais le pécheur ignore la miséricorde divine. Là réside toute la différence.

Un « oui » d’un prix infini

Cette emprise du péché sur les pécheurs, emprise que le Christ assume, explique qu’à Gethsémani il ne reconnaisse plus son Père. Celui-ci semble absent. Celui qui faisait ses délices, voilà tout à coup qu’Il ne répond plus ! Et comme la vie, l’âme de Jésus résidait dans cette union au Père, on saisit mieux la déréliction qui est la sienne à cet instant précis.

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Néanmoins, malgré cette sensation d’absence, le Christ continue à dire « oui » à la volonté du Père. Mieux, il continue à l’appeler « Abba », c’est-à-dire « Papa », alors qu’il éprouve le sentiment d’avoir été abandonné de Lui. Là réside sûrement le plus grand mérite de Jésus. C’est d’ailleurs la volonté humaine du Fils qui dit « oui » à Dieu, là où Adam avait fui le Créateur après la chute au jardin d’Eden. Gethsémani est bien le pivot de la Rédemption. Au jardin des Oliviers, malgré son terrible sentiment d’abandon, Jésus a remporté sa plus grande victoire en gardant sa confiance filiale en Dieu — confiance qui vainc l’enfer et la mort.

L’homme devait, Dieu pouvait

Ce « oui » onéreux de la volonté humaine du Fils sauve tout le genre humain, parce que c’est la seconde personne de la Trinité qui le prononce en tant qu’homme. La logique du salut requérait cette synergie de l’homme et de Dieu. L’homme devait réparer mais ne le pouvait pas, prisonnier qu’il était de ce dont il devait s’extirper. Dieu, de son côté, pouvait nous sauver, mais n’avait aucune dette à payer à Lui-même. Ainsi était-il nécessaire que ce fût la volonté humaine du Dieu-Fils qui nous sauvât.

Un homme paye la dette de ses frères humains, et ce rachat est universel parce que c’est un Dieu qui porte cette volonté humaine. La volonté humaine du Christ, étant assumée par la personne divine du Fils, sauve notre nature et nos volontés qui pourront désormais aimer comme Jésus aime. Telle est l’admirable raison qui rend le « oui » prononcé par Jésus à la volonté du Père au jardin des Oliviers, décisif pour le salut du genre humain.

Comme on le voit, l’angoisse de Jésus à Gethsémani dépasse largement l’appréhension de sa mort prochaine. Ce mystère abyssal est à méditer dans la perspective du Salut. Sinon, on le réduit à une simple peur éprouvée par un individu privé, fût-il Jésus de Nazareth, et on passe alors à côté de l’essentiel.

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