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Notre-Dame, la cathédrale des lettres

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Le feu foudroyant de Notre-Dame de Paris a cessé son œuvre destructrice. Les Parisiens réalisent avec émotion l’importance du rôle de ce joyau fragile qui trône au cœur de leur ville. Les mots manquent pour exprimer la désolation des cœurs. La littérature peut parfois être un remède à la peine comme une source de joie. De tout temps, Notre-Dame de Paris est à la source de quêtes spirituelles et de prodigieuses inspirations de la part de nos grands écrivains. Ils furent ainsi un grand nombre à écrire sur l’édifice, aujourd’hui meurtri, honorant par leur art la beauté de ce trésor de la civilisation chrétienne.

Les mots de la conversion de Paul Claudel, un soir de Noël 1886, sous les piliers du chœur sont connus : « En un instant mon cœur fut touché et je crus ! ». Une foi tombée du Ciel, conquise soudainement et qui déterminera toute la vie et la carrière de l’écrivain comme une terre nourricière qui prit ses racines au sein de la cathédrale. Le plus grand poète catholique de ces derniers siècles y a donc trouvé le point de départ de sa carrière poétique et restera toujours attaché à cette muse spirituelle. De cette génération d’écrivains catholiques, Charles Péguy eut aussi, en 1911, dans son œuvre poétique Le Porche du mystère de la deuxième vertu, des mots inspirés par la richesse des portails de la cathédrale parisienne et ses saints patrons. Comment ne pas penser qu’il récita probablement intérieurement des prières à ces saints la veille de sa mort au cours de la miraculeuse bataille de la Marne alors que la capitale est menacée par l’invasion allemande ? L’âme du mystique soldat survola alors probablement les fières gargouilles de la Madone médiévale en montant vers le Ciel.

Lire aussi : Les grands convertis de la littérature : Paul Claudel

Celui qui vient forcément à l’esprit de tous, lorsqu’on évoque la cathédrale parisienne, est évidemment Victor Hugo et son chef d’œuvre Notre-Dame de Paris. Roman par lequel des millions d’hommes et de femmes à travers le monde découvrirent la culture française et s’initièrent à ce Moyen Âge fantasmé par le XIXe siècle romantique. Le génie de Victor Hugo fut comme transcendé par ce livre pour atteindre par moments des aspects prémonitoires. Ainsi, des extraits de ce texte sont abondamment relayés sur les réseaux sociaux depuis et un passage lu, avec émotion ce matin, par Guillaume Gallienne. L’acteur, au micro de France Inter a saisi les auditeurs après cette terrible nuit, alors que la France sortait juste de la torpeur par ces lignes prémonitoires : « Sur le sommet de la galerie la plus élevée, il y avait une grande flamme qui montait entre les deux clochers, avec des tourbillons d’étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse ».

Lire aussi : Une prière à Notre Dame des Larmes « pour rebâtir notre Église en ruine »

C’est donc dans le Romantisme du XIXe siècle que l’on trouve le plus grand nombre de textes à propos de sa majestueuse et solennelle présence au centre de Paris comme un rappel minéral des principes de l’Église à la ville Lumière. Cette génération de poètes fut attirée par les couleurs flamboyantes du Moyen Âge chrétien dans un siècle bercé par un glacial positivisme. Ainsi, Gérard de Nerval, le poète tourmenté, livra-t-il en 1842, dans une des Odelettes, ces vers qui ne peuvent que nous frapper encore, même si, nous le savons, Notre-Dame de Paris sera relevée et que ces ruines ne subsisteront plus que dans l’imaginaire de l’artiste :

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !
Bien des hommes, de tous les pays de la terre,
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
Alors, ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

Théophile Gautier écrira lui aussi quelques vers dont l’harmonie mélodieuse nous renvoie au sentiment de sérénité du visiteur de Notre-Dame de Paris qui découvrait pour la première fois ses roses, magnifiées par de multiples jeux de lumière :

Ainsi que sa patronne, à sa tête gothique,
La vieille église attache une gloire mystique
Faite avec les splendeurs du soir ;
Les roses des vitraux, en rouges étincelles,
S’écaillent brusquement, et comme des prunelles,
S’ouvrent toutes rondes pour voir.

Un siècle plus tard, Aragon, le poète communiste mit, lui aussi, la cathédrale au cœur d’un de ses poèmes :

Qui n’a pas vu le jour se lever sur la Seine, Ignore ce que c’est que ce déchirement,
Quand prise sur le fait la nuit qui se dément,
Se défend se défait les yeux rouges obscène,
Et Notre-Dame sort des eaux comme un aimant.

Mais si, ce jour, la peine de nombreux Français est immense, l’exemple de la cathédrale de Reims détruite en 1914 par les bombes allemandes demeure un motif d’espoir. Entièrement ravagée, elle fut en effet entièrement rebâtie malgré une destruction qui horrifia elle aussi, en son temps, le monde entier. Elle inspira ainsi de nombreux grands écrivains de l’époque tel Anatole France qui écrivit alors ces mots que l’on croirait parfaitement choisis pour évoquer également Notre-Dame de Paris : « Une œuvre comme Reims est beaucoup plus qu’une vie : elle est un peuple, elle est ses siècles qui frémissent comme une symphonie dans cet orgue de pierre ; elle est ses souvenirs de joie, de gloire et de douleur, ses méditations, ses ironies, ses rêves. »

Lire aussi : « Notre-Dame, c’est Paris, mais c’est plus que Paris »

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