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La nuit où des jeunes ont improvisé une veillée de prière en plein Paris

Hans Lucas

Des centaines de personnes se sont rassemblées pour une veillée place Saint-Michel, à la fin d'une procession, et assister à un concert improvisé.

Sarah Choteau - Publié le 17/04/19

Mardi soir, vingt-quatre heures après l’incendie qui a défiguré Notre-Dame de Paris, une veillée de prière à l’initiative d’un groupe nommé "Les Bâtisseurs" a rassemblé des centaines de personnes, place Saint-Michel. La soirée s’est conclue par une procession vers la cathédrale.

Le rendez-vous est donné dans la journée par les Bâtisseurs sur leur page Facebook. Parmi les personnes à l’origine de ce mouvement, Axel Rokvam, fondateur des Veilleurs. S’ils ont choisi le nom de « Bâtisseurs », c’est parce que c’est le but même de cette veillée : reconstruire une cathédrale. « Le projet de bâtir une cathédrale est d’abord spirituel », nous confie l’une des organisatrices de la soirée. Ils invitent tous les « Français, chrétiens ou simplement amoureux de la cathédrale » à se joindre à une procession qui part de Saint-Sulpice, ou à se rendre directement devant la fontaine Saint-Michel, à quelques encablures de la cathédrale.

1.500 personnes

La veillée n’a pas encore commencé, les chants n’ont pas encore été entonnés, les bougies et les fleurs ne sont même pas installées. Ni le monde ni le bruit ne semblent déranger un groupe d’une dizaine d’étudiants de la Sorbonne qui chante sans se lasser des Je vous salue Marie. Quelques centaines de mètres plus loin, un rassemblement s’opère sur le parvis de l’église Saint-Sulpice, où sera célébrée la messe chrismale. Le groupe part, comme l’avait proposé les Bâtisseurs, en procession vers la place Saint-Michel, dans un silence véritablement priant. Ses rangs sont rapidement étoffés. Aux environs de 21h, ils sont quelque 1.500 personnes, dont une majorité de jeunes adultes, a être rassemblés place Saint Michel.

France, fille aînée de l’Église

L’événement surprend par son envergure. Il était difficile d’imaginer un engouement si important pour un événement à peine ébruité et surtout organisé dans l’urgence. Pendant plusieurs heures, ils chantent et prient, le regard tourné vers une petite statue de la Sainte-Vierge, et le grand saint Michel archange, saint patron de la France. Violonistes et choristes aident à l’intériorité. Tous se sont proposés spontanément, à l’appel des Bâtisseurs. Certains viennent de Saint-Germain des Près, d’autres d’Anuncio. Ils sont professionnels ou amateurs. Ils cherchent tous à permettre à la veillée d’être à la fois belle et priante. Lorsqu’on lève les yeux, on découvre un immense drapeau tricolore qui surplombe la foule, rappelant à tous que la France est la fille aînée de l’Église.


coq de Notre-Dame de Paris

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Des prêtres et des laïcs se succèdent au micro. Pour le père Olivier Derlincourt, vicaire de l’Immaculée Conception (XIIe), il faut se dire que dans cette histoire, « Dieu n’y est pas pour rien ». Peut-être est-ce un temps donné et béni pour la reconstruction de l’Église, avec un grand E ? Foucauld Rontard, 25 ans, l’une des figures du mouvement d’évangélisation Anuncio, appelle chacun à regarder le « trou dans son cœur », le comparant au toit désormais ouvert de la cathédrale. « Il n’y a pas de risque à dire à Dieu : ce soir, viens agir dans ma blessure. Regardez le gros trou dans votre vie. Seule une personne peut la guérir », a-t-il ajouté, insistant sur le fait que cette soirée ne devait pas être une « représentation ».

« Une force de résurrection »

À deux reprises, les pompiers traversent le boulevard Saint-Michel : ils sont applaudis et remerciés avec une ferveur non feinte. La tristesse qui se lisait sur les visages au début de la soirée laisse peu à peu place à une véritable espérance. « La foi est une force de résurrection, une force qui traverse les cendres sans les éviter », confie une jeune femme présente à la veillée. « J’ai soif d’amour », chante l’assemblée, reprenant les paroles de Mère Teresa. Cette soirée de communion se poursuit par une ultime procession, cette fois-ci vers Notre-Dame. Les fidèles entonnent l’Ave Maria de Glorious. Ils foulent au sol des pétales de roses, comme un symbole de l’amour parfait de Jésus et de Marie, sa Sainte mère. L’église a été atteinte, mais l’Église, elle, se relèvera toujours.

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Notre Dame de Paris
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