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De la peur du feu à une perplexité spirituelle : comment parler de l’incendie aux enfants ?

ALETEIA
Deux enfants devant Notre-Dame de Paris.
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Les enfants n’ont pas été épargnés par le gigantesque incendie qui a ravagé lundi 15 avril la flèche et la toiture de Notre-Dame de Paris. Ils ont vu les images à la télévision, ils ont ressenti la sidération chez leurs parents, les plus jeunes ont eu peur du feu, d’autres se sont demandé pourquoi Dieu avait laissé faire. Comment les rassurer, sans pour autant nier le drame ? Quelle réponse leur apporter en tant que chrétien ?

Le choc ressenti face aux images de Notre-Dame de Paris en proie aux flammes n’est pas l’apanage des plus grands. Haude, une jeune parisienne âgée de 9 ans, qui fréquente régulièrement la cathédrale sans pour autant en être paroissienne, semble profondément bouleversée. Bien qu’elle n’ait pas vu les images de l’incendie à la télévision, elle n’a pas perdu une goutte des conversations entre ses parents, ni de celles de la cour de récréation. Son père confie à Aleteia que sans aller jusqu’à parler de doute spirituel, l’incendie reste néanmoins « un événement qui interroge sa foi naissante ». « Comment Dieu a-t-il permis un tel drame ? », « Est-ce que la Vierge Marie veille toujours sur nous ? », sont autant de questions légitimes que peuvent se poser de jeunes baptisés. De manière plus pragmatique, certains font part de leurs inquiétudes sur ce feu qui brûle tout sur son passage, quand d’autres expriment leur grande tristesse. Comment les accompagner, de manière à les réconforter, sans pour autant nier les faits ? Eléments de réponse avec Bernadette Lemoine, psychologue et psychothérapeute.

« Un pareil incendie est quelque chose d’exceptionnel ! »

Il est normal que les enfants aient peur du feu. Car le feu ne se maîtrise pas toujours, et n’obéit pas à l’homme. Cependant, Bernadette Lemoine conseille aux parents d’insister sur le caractère exceptionnel de l’incendie. Le monde entier s’est ému de la catastrophe parce que justement un tel incendie, d’une telle ampleur, sur une des plus belles cathédrales de France, n’était jamais arrivé, et ne devrait plus arriver. La psychologue invite en ce sens à dire à l’enfant que cet accident va conduire à redoubler de prudence et de vigilance quant aux consignes de sécurité. Afin de rassurer les plus rationnels, il sera judicieux de faire remarquer que l’immense hauteur de la cathédrale (la flèche culminait à 96 mètres) a empêché les pompiers, du haut de leurs trente mètres, de stopper rapidement l’incendie. Les immeubles ou les maisons d’habitation sont beaucoup moins hauts !

Accepter la tristesse

Pour les enfants particulièrement affectés, leur peine peut durer un certain temps. « Nous ne pouvons pas nous consoler tout de suite. Il y a un chemin de deuil à faire, car l’incendie de Notre-Dame de Paris cause une triple perte : matérielle, spirituelle et affective », précise Bernadette Lemoine. Néanmoins, il convient d’encourager l’enfant à faire tranquillement, tous les jours et de son mieux, ce qu’il a à faire, et son chagrin va diminuer. Vivre sa vie le mieux possible, en allant à l’école, en jouant avec ses camarades, en faisant ses devoirs, est une manière de dépasser le mal. Notre experte engage ainsi à opposer le bien au mal : « le pire est arrivé, mais moi, je vais faire le mieux possible ». Une façon de commencer à accepter la tristesse. De même si un enfant exprime de la colère, c’est en l’orientant sur des petits pas au quotidien qu’il va réussir à la dépasser, à la dompter.

© De Martina Badini, Shutterstock
La cathédrale Notre-Dame de Paris en feu, le 15 avril 2019.

Attention au pouvoir des images

Les photos et vidéos de Notre-Dame en feu sont extrêmement impressionnantes, d’autant plus pour des enfants. Attention donc à ne pas les surexposer à ces images choc. Il serait plus constructif, si c’est possible, d’aller voir sur place la cathédrale. Selon la psychologue, « ce serait une façon de rentrer dans le réel. Il vaut mieux se rendre compte sur quelque chose de réel plutôt que sur des images ». Leur montrer qu’elle est là, debout, malgré tout. Une manière aussi de faire mémoire de tout ce qu’on a vécu de beau, de bon, de bien dans cet édifice. Cela permet d’entamer un travail de deuil.

Et Dieu dans tout ça ?

A la question de la permissivité de Dieu, les parents pourront répondre qu’Il n’est pas un magicien, et que c’est l’homme, et non Dieu, qui est à l’origine de l’accident. Quant à savoir si la Vierge Marie veille toujours sur ses Enfants, ce n’est pas un incendie qui va l’en empêcher, au contraire. C’est sans doute Elle qui les porte lorsque leur foi vacille.

Bernadette Lemoine, touchée par l’élan de prière qui s’est formé spontanément au moment de l’incendie, souligne l’importance de se tourner vers Dieu, pas seulement lors de catastrophes mais tout le temps : « Ce soir-là, on a pensé à Dieu parce que l’homme était impuissant face à un pareil désastre. Ceci permet de croire qu’il existe Quelqu’un de plus puissant, et que la vie serait plus belle si on la partageait davantage avec Lui ». Une parole qui invite chacun, parent et enfant, à remettre Dieu au centre de ses préoccupations.

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