Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Jeudi 29 octobre |
Saint Jude
home iconAu quotidien
line break icon

Et si les parents s’unissaient pour dire non au smartphone ?

Syda Productions | Shutterstock

Mathilde de Robien - Publié le 12/04/19

Aujourd’hui, tout le monde connaît les effets potentiellement dévastateurs du smartphone sur les enfants. Pourtant, la quasi-totalité des ados en possède un. Où est donc la faille ? La pression sociale semble tellement forte, qu’elle balaie le désir de protéger ses enfants. Qu’à cela ne tienne ! Alors pourquoi ne pas tenter d’affaiblir cette injonction à faire comme tout le monde en se concertant entre parents pour ensemble dire non au smartphone ?

Les enfants réclament des smartphones de plus en plus tôt sous prétexte que « tout le monde en a un ». Parallèlement, médecins, psychologues, psychiatres, s’accordent à dire que la surexposition aux écrans est nocive : troubles de l’attention, troubles du sommeil, perte de vie sociale, isolement… Les responsables politiques ont interdit le téléphone dans les écoles et les collèges à la rentrée 2018. Les parents sont informés des risques d’addiction, de cyberharcèlement, d’exposition à la pornographie et à la violence. Et pourtant, comble du comble, les enfants sont de plus en plus équipés, et ce de plus en plus tôt. D’après l’étude « Junior Connect’ » 2018, enquête annuelle réalisée par Ipsos sur la fréquentation média des jeunes de moins de 20 ans, aujourd’hui en France, 84% des 13-19 ans, possèdent un smartphone, et 24% des 7-12 ans.




Lire aussi :
Ces applis pour ado dont il faut se méfier

Existe-t-il une seule bonne raison pour qu’un enfant possède un smartphone ?

« Tout le monde semble contre, mais beaucoup succombent à la pression sociale », constate Valérie Halfon, conseillère en gestion de budget, dans son ouvrage Tout le monde en a un, sauf moi ! (Albin Michel) pour décrire ce phénomène paradoxal. Comme si les effets potentiellement néfastes du smartphone pesaient peu dans la balance, face à l’injonction de faire comme tout le monde. N’oublions pas que les créateurs de ces technologies modernes sont les premiers à se méfier des conséquences sur leurs propres enfants. Adolescents, les enfants de Steve Jobs n’ont jamais utilisé d’iPad. Bill Gates a attendu que ses enfants aient 14 ans pour leur offrir un smartphone. Ils envoient leur progéniture dans des établissements comme la Waldorf School of the Peninsula, où tablettes et ordinateurs sont proscrits jusqu’à la quatrième. N’est-ce pas le signe que le smartphone n’est pas un objet pour les enfants ?




Lire aussi :
Éducation : le défi sans précédent des parents du XXIe siècle

Stéphane Blocquaux, docteur en sciences de l’information et de la communication, conférencier, exhorte les parents à s’interroger : « Donnez-moi une seule bonne raison pour qu’un enfant ait un smartphone ? » La majorité des parents soulèvera le besoin de communiquer avec leur enfant, savoir où il est, s’il a un problème, etc. Mesure de sécurité. En ce cas, pourquoi ne pas lui donner un téléphone portable basique, sans connexion à Internet ? L’autre raison invoquée est la peur de l’exclusion. « Les parents cèdent souvent, par crainte de l’exclusion », renchérit Valérie Halfon. Ne pas être présent sur les réseaux sociaux ou dans les parties de jeux en ligne signerait la fin de toute vie sociale digne de ce nom. « Pourtant, il est temps d’arrêter d’avoir peur de la différence. C’est en développant son individualité que notre enfant pourra avoir confiance en lui, pas en suivant aveuglément le troupeau », assure-t-elle.

Vers une mobilisation des parents ?

« Il ne tient qu’à nous de faire évoluer les choses. En effet, si nous sommes nombreux à penser ainsi, si nous sommes des centaines, des milliers de parents à vouloir préserver l’enfance de nos enfants, pourquoi ne pas se concerter en début d’année scolaire et décider ensemble que cette année nos enfants n’auront pas de smartphone », propose Valérie Halfon. C’est ce que font depuis deux ans les Américains. « Wait until 8th » (« pas avant la huitième classe », qui équivaut à la quatrième en France) est une initiative lancée par une mère de famille, Brooke Shannon, convaincue qu’un enfant s’épanouit plus en jouant à l’extérieur, en passant du temps avec sa famille et ses amis et en lisant, qu’en s’abrutissant derrière un smartphone. Les parents s’engagent, en signant une « promesse » numérique, à ne pas donner de smartphone à leur enfant avant 14 ans. L’engagement prend effet lorsque dix autres familles de l’école se sont également inscrites. Ainsi, l’argument « tout le monde en a un » ne tient plus la route, et les parents se serrent les coudes.


GENERACJA I

Lire aussi :
Les ados et leur smartphone, un couple à surveiller

@Albin Michel

Tout le monde en a un, sauf moi ! Libérer nos enfants de la surconsommation,Valérie Halfon, Albin Michel, 2019, 16,90 euros.

Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Tags:
écransÉducationEnfantssmartphone
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Domitille Farret d'Astiès
Elles ont appris à les aimer : ces ...
statue de femme les yeux bandés
Mgr Benoist de Sinety
Dans nos aveuglements, le diable montre son v...
Mathilde de Robien
Franz et Franziska Jägerstätter, un couple un...
NIEMOWLĘ
Mathilde de Robien
Ces prénoms féminins qui portent en eux le sc...
Timothée Dhellemmes
En Europe, les lieux de culte se reconfinent ...
belle mère et belle fille
Jeanne Larghero
S’embrouiller avec sa belle-mère en trois leç...
KOMUNIA ŚWIĘTA
Mathilde de Robien
A.R.D.O.R., un bel acrostiche pour savoir com...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement