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Philippe Le Guillou, un catholique de la pierre et du vent

© T.W. van Urk - Shutterstock
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Avec "La pierre et le vent", l’écrivain breton Philippe Le Guillou livre ses souvenirs d'enfance et l’intimité de sa vie spirituelle. Il plonge le lecteur dans un catholicisme ancestral et enraciné, fruit de la transmission de la religion de ses ancêtres.

La pierre et le vent est un livre plein de nostalgie qui ravira, sans aucun doute, les amoureux de la Bretagne et les inconditionnels de Philippe Le Guillou. Son écriture est empreinte d’une grande sensibilité et d’un style délicat, qui marquent l’œuvre de cet écrivain prolifique. Dans ce court ouvrage, Le Guillou, candidat à l’Académie française, se plonge dans ses jeunes années et dans ce qui forgea l’homme qu’il est devenu. Comme on recherche ses souvenirs dans une vieille boîte à chaussures cachée au grenier, l’auteur se souvient de ce qui a nourri son âme au cours d’une enfance qui ressemblait plus aux vertes années de Chateaubriand dans le sombre château de Combourg qu’à la vie connectée d’un jeune d’aujourd’hui. Des siècles semblent ainsi séparer ces deux générations, preuve d’une accélération prodigieuse du temps probablement unique dans l’histoire de l’humanité.

Le Guillou est un enfant du baby boom, né juste avant la grande déchristianisation des années 1960 qui transforma radicalement la société française. Quelques années avant l’évaporation des traditions chrétiennes qui fait du catholicisme d’aujourd’hui une religion minoritaire parmi d’autres. Profitant de cet affaiblissement, certains esprits voudraient nous faire croire qu’elle ne fut pas le socle sur lequel s’est construit notre pays et cherchent à effacer des siècles d’un catholicisme qui façonna la France. L’écrivain, lui, n’oublie pas ce qu’il doit à la foi qu’on lui a transmise : « C’est là que je suis né à la foi et à l’espérance. C’est là que j’ai mesuré la nécessité d’une force qui me dépassait, inconnue, élémentaire, fondamentalement mystérieuse ».

La découverte d’un catholicisme charnel

C’est un catholicisme disparu que l’écrivain évoque à travers ses souvenirs. Celui de cette vieille terre chrétienne de Bretagne. Ce catholicisme qui inscrivait ses profondes marques partout, aussi bien dans le paysage que dans les esprits. De cette lecture se dégage l’embrun des côtes du Finistère, avec ses calvaires médiévaux et ses chapelles romanes. Un temps où les jeunes enfants apprenaient à s’ennuyer, loin de la suractivité moderne qui ne laisse plus de place au silence et à la solitude. Le Guillou découvre alors un catholicisme à la pratique austère, pudique et traditionnelle. Celui qui précède la révolution du Concile Vatican II. Un catholicisme charnel qui plonge ses racines dans les profondeurs de cette terre où reposent les ancêtres de l’écrivain et à laquelle il montre ici un attachement émouvant.

Loin de la papauté médiatique initiée par Jean Paul II, il évoque aussi ces figures lointaines et mystérieuses qu’étaient à cette époque les souverains pontifes, que l’on apercevait brièvement dans les magazines d’actualité comme Paris Match. Une distance qui ajoutait encore au mystère de la religion qui n’avait pas basculé encore dans l’ère de la communication. Avec la description de ce catholicisme ancestral presque atavique, l’écrivain ne se contente pas de dresser le constat accablant de la fin d’un monde, il refuse cet esprit pessimiste même s’il n’est pas tendre avec son époque : « Nos contemporains sont esseulés et désarmés, ils ne croient plus en rien, ils ne veulent plus élever le regard au-dessus des strictes contingences et des réalités immanentes qui les occupent. »

Une foi sincère

Ce livre n’est toutefois pas l’œuvre d’un regard fermé sur le passé. L’auteur ouvre des perspectives sur l’avenir et sur les communautés catholiques actuelles. Des communautés au dynamisme urbain qu’il évoque par la convivialité rafraîchissante de son église parisienne, Saint-Eustache, îlot spirituel perdu au milieu de l’exubérance matérielle du quartier des Halles. Une église chargée d’histoire au sein de laquelle il retrouve la chaleur de cette foi partagée lors de son enfance. Une pratique religieuse, que Le Guillou vit cette fois, non pas dans l’intimité d’une petite communauté villageoise, mais avec la ferveur d’une communauté cosmopolite qui incarne une part de l’avenir de l’Église de France. La lecture de ce livre, probablement un des plus personnels de Philippe Le Guillou, s’impose donc pour tous les amoureux de son œuvre riche ; les autres y trouveront moins d’intérêt mais ne pourront pas rester insensibles à cette prose qui évoque avec tant de délicatesse et de sincérité cette foi qui a su rester fidèle à celle des ancêtres de l’écrivain.

© Tallandier

La pierre et le vent, par Philippe Le Guillou, Tallandier, mars 2019, 17,90 euros.

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