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Le père Frans van der Lugt, modèle de « don de soi et de sainteté »

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Alors que l’Église fait mémoire du cinquième anniversaire de sa mort, certains voient dans le père Frans van der Lugt, assassiné le 7 avril 2014 à Homs (Syrie), un modèle de sainteté inspirant. Il était le dernier religieux présent dans ce quartier menacé en pleine guerre civile.

Dimanche 7 avril, l’Église se souvenait du père Frans van der Lugt, assassiné à Homs (Syrie) le 7 avril 2014. Né en 1938, ce jésuite néerlandais, qui était également psychanalyste, a été assassiné de deux balles dans la tête à l’intérieur du jardin de sa communauté. Âgé de 75 ans, il vivait en Syrie depuis 1966 et était proche du Moyen-Orient. Alors que la guerre décimait le pays, faisant fuir les chrétiens, le religieux avait tenu à rester dans son couvent de Boustan-Diwan, situé dans la vieille ville de Homs, où s’étaient retranchés différents groupes rebelles.

« Je dois partager sa peine et ses difficultés »

Des 60.000 chrétiens qui habitaient le quartier avant que les conflits n’éclatent, il n’en restait plus que 200 de diverses églises. Le père Frans était le dernier membre du clergé chrétien à rester dans cette zone dangereuse. Réconfortant, compatissant, encourageant, à l’écoute, « Abouna Francis« , ainsi qu’on l’appelait dans le pays, était reconnu comme un apôtre de la réconciliation, recherchant la paix et accompagnant ceux qui lui étaient confiés aussi bien au niveau spirituel que psychologique. N’hésitant pas à aller à la rencontre des musulmans, il a beaucoup contribué au dialogue interreligieux en Syrie.

« Le peuple syrien m’a tant donné, tant de gentillesse, tant d’inspiration, et tout ce que je possède. Maintenant qu’il souffre, je dois partager sa peine et ses difficultés », avait-il confié dans un entretien peu avant sa mort. Considéré comme un martyr non seulement chrétien mais syrien, il avait « toujours fait le bien pour tous, dans la gratuité et l’amour, et pour cette raison il était aimé et estimé par les chrétiens et les musulmans », selon les mots prononcés par le pape François aussitôt après sa mort.

Une petite délégation comprenant le père Arturo Sosa, supérieur général des jésuites, s’est rendue ces jours-ci à Homs en mémoire du cinquième anniversaire du martyre de « Abouna Francis« . Le père Arturo Sosa a alors partagé son désir que la cause du père Frans soit considérée : « Je serais heureux, si Dieu le veut, d’œuvrer pour que la cause du père Frans van ver Lugt soit ouverte afin qu’il puisse servir de modèle de don de soi et de sainteté pour ce pays, la Syrie, et pour toute l’Église ». Le 7 avril, une messe d’action de grâce a été célébrée en l’église Saint-Joseph des Pères Jésuites de Beyrouth (Liban).