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Questions éthiques autour de l’extrême prématurité

PREGNANT WOMAN

By Valeria Aksakova | Shutterstock

Xavier Mirabel - publié le 03/04/19

Les prouesses réalisées dans la survie de « prématurés extrêmes » soulèvent des questions dans un environnement favorable à l’avortement.

C’est une survie qui impressionne : un bébé né au Japon à 22 semaines de grossesse, 24 semaines après les dernières règles de sa maman, vient de rentrer à la maison en bonne santé, après cinq mois d’hospitalisation. Il ne pesait que 268 grammes à la naissance. La survie de ce bébé né « prématuré extrême » et de poids particulièrement faible suscite l’admiration en particulier pour les équipes de néonatologie japonaises qui sont réputées dans la prise en charge des prématurés.

La relation mère-enfant

Parmi les progrès qui rendent la survie possible dans ces situations particulièrement dramatiques, il y a évidemment la technologie médicale. Mais il y a aussi, nous expliquent les néonatologistes, un soin particulier accordé à la relation mère-enfant. Cette information appelle quelques réflexions. Tout d’abord, la reconnaissance du caractère précieux de la relation mère-enfant à un stade assez précoce de la grossesse. Cette reconnaissance est paradoxale alors que l’on débat aujourd’hui de la GPA, du recours aux mères porteuses. La mère est-elle vraiment interchangeable ?

Deuxièmement, à 24 semaines d’aménorrhée, le fœtus est viable et bénéficie de relations avec ses parents. À 24 semaines, c’est un être humain en relation. À 24 semaines d’aménorrhée, dans de nombreux pays au monde, l’avortement est possible. En Europe, c’est le cas en Espagne, au Pays-Bas ou au Royaume-Uni. Rappelons aussi que l’avortement est possible bien au-delà de ce délai en cas de handicap chez l’enfant.


PREGNANT WOMAN

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Réanimation systématique

Un bébé de très faible poids qui survit sans séquelles, c’est évidemment une grande joie. Malheureusement, la majorité des enfants nés à cet âge-là meurt dans les premières semaines, c’est pourquoi la réanimation pose question, d’autant plus si elle tend à être systématique. En l’an 2000, le CCNE rendait un avis intitulé « Réflexions éthiques autour de la réanimation néonatale ». On y découvrait « une particularité de l’attitude des réanimateurs français qui semblent privilégier l’ouverture large à une réanimation systématique d’attente, en acceptant éventuellement d’arrêter secondairement la vie » — autrement dit l’euthanasie. Mais c’était il y a bientôt vingt ans. Tout a certainement tellement changé depuis…

Tribune publiée en partenariat avec RCF Nord-de-France.

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