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Prier la Trinité, mission impossible ?

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La Trinité est un des plus grands mystères du christianisme. De grands saints ont pu y voir la source de toute vie de prière, contemplant l’Amour du Père et du Fils dans la puissance de l’Esprit saint. C’est pourtant un mystère obscur pour beaucoup de chrétiens. Aleteia vous explique comment il est possible d’ancrer réellement notre vie dans ce splendide mystère.

La Trinité, un concept abstrait ? Le terme ne se trouve pas dans la Bible. C’est un mot qui a été utilisé après la rédaction du Nouveau Testament pour décrire les relations entre Jésus Christ, Dieu le Père et le Saint-Esprit. Cela peut expliquer qu’il représente pour de nombreux chrétiens une dimension plus obscure de la foi. C’est pourtant l’un des mystères fondamentaux du christianisme et un de ses grands points de divergence avec un monothéisme tel que l’islam.

Quand nous prions, il paraît a priori plus facile de s’adresser « au Père, au Fils ou à l’Esprit saint parce que nous en avons des représentations : le Père est le créateur tout-puissant, nous voyons le Fils en l’homme, Jésus, l’Esprit est le don que le Fils nous offre en quittant cette vie », explique Gaëlle de Frais, auteur d’un livre passionnant sur le sujet, Au commencement la Trinité.

Cependant, confie-t-elle à Aleteia, « ces représentations sont toujours restrictives ; elles limitent Dieu selon nos concepts humains. En effet, nous prions l’Esprit, en oubliant qu’il est l’Esprit du Père et du Fils, qu’il est la relation d’amour qui unit le Père et le Fils ; nous prions le Fils, nous le représentant en son Incarnation, oubliant qu’Il est Dieu de toute éternité, Dieu de Dieu, Dieu descendu parmi nous pour nous conduire au Père ; et nous prions Notre Père en oubliant que c’est le Fils, avec lequel Il n’est qu’Un, qui nous ouvre à cette intimité et que nous ne sommes Fils du Père que par notre baptême au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

Lire aussi : Pape François : « Le Notre Père, une prière brève mais audacieuse »

Dieu est amour, Dieu est Trinité, deux formules qui disent la même chose !

Pour comprendre la beauté du mystère trinitaire, il est nécessaire de voir le lien fondamental entre « Dieu est Amour », cette parole qui ne se trouve que dans la Bible chrétienne, et le dogme trinitaire, lui aussi propre au christianisme. En effet, c’est parce que Dieu est Amour que l’Amour du Père engendre le Fils, « Dieu né de Dieu, Lumière née de la Lumière » et que cet amour infini qui lie le Père et le Fils est précisément l’Esprit saint. Notre Dieu trinitaire est donc intrinsèquement un Dieu en relation, un Dieu ouvert sur l’autre en son être même.

La première chose à faire pour percevoir ce mystère est, selon Gaëlle de Frais, d’« entrer en contemplation : contempler Dieu qui n’est pleinement amour que parce qu’il est trois, contempler les relations d’amour de ces trois Personnes tant unies qu’elles n’en font qu’une, contempler chaque Personne dans son rapport aux deux autres, puis ne pas oublier que notre prière atteint toujours Dieu-Trinité, même si nous choisissons de nous adresser plus spécifiquement à l’une des Personnes. Dieu est indivisible ! »

Lire aussi : Au travail, prendre le temps de la contemplation

Prier avec la Trinité : et si je commençais dès ce soir ?

Prier la Trinité, ce n’est pas mission impossible, et c’est même une des grandes missions des chrétiens. Contempler ce grand mystère, illuminant nos vies de l’amour resplendissant du Père pour le Fils, c’est une nécessité pour vivre pleinement les grâces de notre baptême. C’est aussi se rapprocher du Ciel, de la Gloire de Dieu et de la vision béatifique qui nous y attend. Puisqu’il s’agit là encore, selon Gaëlle de Frais, « de rejoindre, non pas le Père, le Fils ou l’Esprit, mais Dieu en son Amour Trinitaire. »

Pour contempler ce mystère et en nourrir notre prière, rien de tel que la prière d’une grande sainte éblouie par ce qu’elle avait pu en recevoir, Élisabeth de la Trinité :

« Ô mon Dieu, Trinité que j’adore »

Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.

Ô mon Christ aimé crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer… jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me « revêtir de vous même », d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.

Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable, afin d’apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière; ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

Ô Feu consumant, Esprit d’amour, « survenez en moi » afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, « couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».

Ô mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m’ensevelisse en vous, en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs. »

Amen

© Cerf Patrimoines

Au commencement, la Trinité, de Gaëlle de Frias, Les Éditions du cerf, octobre 2018, 416 p., 24 euros

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