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« Leur souffle » : beauté, silence et Bénédictines au pays de Cézanne

© SAJE Distribution
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Fruit d’une collaboration entre deux réalisateurs, fraîchement sortis de l’école de cinéma Louis-Lumière, "Leur souffle" est un documentaire qui explore l’univers hors du temps, et pourtant bien ancré, de la vie de l’abbaye bénédictine de Jouques.

Leur souffle est une expérience inédite, une invitation quasi provocatrice à la paix et au silence. À l’initiative de ce documentaire, la réalisatrice Cécile Besnault a embarqué son confrère Ivan Marchika avec elle. Elle a la foi, lui non. Mais Cécile a absolument quelque chose à dire, à montrer et à voir. Elle veut en faire un film. Ils sont donc partis explorer le mystère d’un lieu aussi insolite qu’un monastère de religieuses cloîtrées, dans la vallée de la Durance, là où tout n’est que beauté, travail et prière…

Le documentaire est long, le temps d’entrer dans le rythme des religieuses et de vivre une mini-retraite avec elles. On y pénètre à pas feutrés pour, peu à peu, s’habituer au changement de tempo et d’impératifs. Le silence et la lenteur, l’espace et le cloître, la pesanteur et la grâce, tout cela s’élargit et prend possession de l’écran dans la plus grande simplicité. Pour les choix de réalisation, les longueurs de plans sont partie prenante du message essentiel. La temporalité ainsi suspendue permet de faire une pause, de regarder, d’attendre et de nourrir, peut-être, un vide tapis au fond de soi.

Dans ce film, mis à part le focus sur les vœux perpétuels de sœur Bénédicte au début, il n’y a pas de personnage principal. C’est difficile. Les religieuses sont un même corps, à la fois sujet et prétexte à autre chose. Elles semblent n’être là que pour inviter le spectateur à être lui-même le personnage principal, à s’y risquer, tant bien que mal. « Dieu est le Dieu du présent, tel il te trouve, tel il te prend et t’accueille, non pour ce que tu as été mais ce que tu es maintenant », semble alors nous souffler Maître Eckart.

Derrière l’aridité, le souffle

Il y a la vie du monastère et ses activités, des offices aux moments de prière solitaire, en passant par le travail de la terre et des peintures d’icônes, comme si chaque petit détail avait sa place et sa résonance dans la valeur de leur journée. Mais il y a surtout cet espace offert du silence et de la paix. À travers les visages et les temps rythmés par la lecture des heures, des psaumes ou encore d’une interview du pape François au moment du repas, la parole prend un tout autre sens. Ce n’est pas la voix des hommes qui est importante.

© SAJE Distribution

La photographie est très belle, captant paysages et mouvements du soleil, avec lesquels les religieuses sont quasiment appelées à vivre en harmonie. La vie cloîtrée peut paraître bien rude entre les moments d’oraison et l’application toute dévouée à chaque geste et à chaque instant, sans fuite. « Je ne puis comprendre la terre sans le ciel, l’amour sans la prière et le temps sans l’éternité », pensée de Lamartine, résume bien cet appel à la vie monastique.

Le souffle, que la réalisatrice compare au début au son des coquillages de la mer, se perçoit tout comme lui si l’on consent à y croire et donc à le percevoir. Il est présent durant tout le film à travers des versets bibliques, en guise de chapitres, qui permettent de comprendre aussi la réalité de l’âme humaine et comment le temps agit dans sa relation au Créateur, au moment où elle Le cherche, des purs élans à la détresse.

© SAJE Distribution

Si le titre évoque le souffle des religieuses de Jouques, c’est sans doute celui de Cécile dont il s’agit surtout, qui se retient durant la durée du film pour ne pas montrer ce que son cœur subit. Des battements différents qui, au fil des images et des minutes, dévoilent le mystère d’une vocation et d’un appel radical en train de naître. Ce n’est jamais compliqué quand Dieu frappe à la porte d’un cœur, ce sont tous ses battements à venir qui en font un miracle, une fidélité choisie et une relation vivante. Elle est entrée dans les ordres depuis, religieuse à son tour, au Carmel de Lourdes.

C’est apaisé qu’on en ressort, intrigué surtout et un peu décontenancé d’avoir pris part à une mise en scène de la présence divine à travers le visage et les mains de simples religieuses.

Leur souffle, de Cécile Besnault et Ivan Marchika, 2h, en salles le 20 mars

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