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Les chapelles de consolation, ces lieux dédiés aux enfants qui n’ont pas vu le jour

© Sanctuaire de la Sainte-Baume

Grotte de sainte Marie-Madeleine, au sanctuaire de la Sainte-Baume.

Mathilde de Robien - Publié le 12/03/19

Il est des lieux de souffrance difficilement consolables. Ne pas avoir pu accompagner un enfant jusqu’à la vie en est un. Les fausses-couches, les interruptions médicales de grossesse, les avortements, entraînent une forme de deuil particulière et peu reconnue. Afin d’offrir aux parents des endroits spécifiques pour confier cette souffrance au Seigneur et à la Vierge Marie, de plus en plus de paroisses et de sanctuaires installent au cœur de leur église une chapelle ou un chemin dits « de consolation ».

Le 2 février dernier, jour de la présentation de Jésus au Temple, était inaugurée en l’église saint Jean-Baptiste d’Arras (Pas-de-Calais) une chapelle pour les enfants non nés. Aménagé dans un collatéral de l’église, il s’agit d’un espace dans lequel est installé un autel dédié à la Vierge, surmonté d’une image de la Vierge de Guadalupe. C’est une laïque, Sylvie Oprysko, qui est à l’origine de l’initiative. Ayant perdu un bébé il y a une vingtaine d’années, ce n’est qu’en 2015 qu’elle a ressenti un véritable apaisement lors de la consécration d’un lieu pour enfants morts avant leur naissance, au cours d’une messe, au Canada, raconte-t-elle à Aleteia. De retour à Arras, elle parvient à convaincre son curé, le Père Nicolas Van Lathem, et l’équipe d’animation pastorale des bienfaits d’un tel lieu.

Confier son enfant au Seigneur, un chemin de consolation

L’idée d’un lieu de prière pour tous les enfants morts avant leur naissance avait été émise par saint Jean Paul II dans les années 1980, lorsqu’il s’était rendu dans un jizo, un mémorial pour les enfants non-nés au Japon. Mais il faut attendre 2015, en France, où un premier lieu est inauguré au sanctuaire de la sainte-Baume, dans la grotte où, selon la tradition, sainte Marie Madeleine aurait passé les trente dernières années de sa vie. Là, sur le chemin du calvaire à la grotte, est installé un pèlerinage émaillé de paroles et de méditations. « Apaise, mère, ta douleur, apaise ta douleur et va. » Sur le rocher de la grotte, les parents qui le désirent peuvent faire apposer une plaque portant une date et le prénom de leur enfant.


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Au sanctuaire de Montligeon, qui prie et fait prier pour les défunts, il était naturel de donner une place spéciale à ces enfants et à leurs parents. Ainsi, en 2017, le Sanctuaire s’est doté d’un chemin de consolation pour aider ces mères et ces pères ayant perdu leur enfant avant la naissance, à mettre des mots sur leur souffrance, à reconnaître leur deuil pour pouvoir, enfin, avancer. Le chemin de consolation se termine dans l’une des chapelles de la basilique où une statue de Notre-Dame portant avec tendresse l’Enfant-Jésus accueille les parents. Là, ils sont invités à donner un nom à leur enfant, ultime étape pour confirmer son si bref passage sur terre. Ce nom, inscrit dans le registre des tout-petits défunts, vient rejoindre celui de tous les défunts inscrits depuis plus de cent ans à la Fraternité de prière de Montligeon.

À Paris, un autel de la consolation leur est consacré à l’église Notre-Dame-de-la-Croix, dans le vingtième arrondissement, inauguré le 2 février 2018. Plus de deux cents bébés ont déjà été « présentés » au Seigneur. De nombreux parents viennent régulièrement y déposer les prénoms de leur enfant et y chercher la consolation du Christ. La Basilique Notre-Dame-des-Victoires (Paris) possède également un lieu dédié, et le soir de chaque fête mariale, la messe est suivie du chapelet à l’intention des enfants qui n’ont pas vu le jour et de leurs parents. À saint Jean-Baptiste d’Arras, une prière spécifique est proposée, et une urne est destinée à recevoir le prénom des enfants. Ainsi, dans la chapelle opposée, dédiée elle à l’adoration perpétuelle, on n’a de cesse de prier pour eux. Au Sanctuaire de Lourdes, un Chemin de la Consolation a été inauguré en novembre 2016. Des panneaux méditatifs guident le pèlerin dans sa démarche de consolation intérieure. Au terme de ce parcours, les parents sont invités à donner un prénom à leur enfant non-né et à l’inscrire sur le « Livre de Vie », comme autant d’intentions de prière qui seront portées par les religieuses et les pèlerins.




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