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Pourquoi dit-on « faire des messes basses » ?

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Axelle Partaix - Publié le 08/03/19

Notre culture et notre langue française sont fortement influencées par nos racines chrétiennes. Découvrez ces expressions que nous utilisons souvent sans soupçonner qu’elles puisent leur origine dans la tradition religieuse. Aujourd’hui : « faire des messes basses ».

Le Larousse définit l’expression « dire » ou « faire des messes basses » comme « faire des apartés, des confidences à quelqu’un à voix basse en présence d’autres personnes ». Une attitude plutôt désagréable pour ceux qui se trouvent à côté ! Mais quel rapport ont ces « messes basses » avec la messe telle que nous la connaissons aujourd’hui ?

Dans la tradition catholique, la « messe basse », aussi appelée messe lue ou missa lecta en latin, est une messe au cours de laquelle tous les textes sont lus, même les chants, par opposition à la « grand messe » ou la « messe chantée ». Si elle existe depuis très longtemps, ses règles sont définies au XVIe siècle lorsque le Concile de Trente codifie la liturgie catholique, donnant lieu au rite tridentin, utilisé jusqu’à la réforme opérée par Paul VI à la fin des années 60, à l’issue du Concile Vatican II.


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Une expression qui apparaît au XIXe

C’est au XIXe siècle qu’apparaît l’expression « faire » ou « dire des messes basses ». Elle aurait pour origine le fait que le prêtre récitait les prières en latin à voix très basse, comme s’il marmonnait son texte, le rendant inaudible à l’assemblée (finalement comme des personnes qui échangent des messes basses !). L’effet en était renforcé par la position traditionnelle du célébrant à l’époque, dos aux fidèles, tourné vers l’autel et la croix.

Cette expression évoque immanquablement l’irrésistible conte d’Alphonse Daudet, Les trois messes basses, porté à l’écran par Marcel Pagnol dans les années 1950, puis plus récemment (2008) par Jacques Santamaria pour France Télévision. Le soir de Noël, dom Balaguère, chapelain de la noble famille de Trinquelage, doit célébrer trois messes basses à la suite avant de pouvoir fêter la Nativité autour d’un somptueux festin. Mais le diable a pris l’apparence de son clerc Garrigou pour le soumettre à la tentation et lui faire commettre le péché de gourmandise. Obnubilé par « deux dindes magnifiques bourrées de truffes […], ces merveilleux poissons dont parlait Garrigou » et autres appétissantes merveilles qui l’attendent à table, dom Balaguère, qui n’a pas mangé depuis 24 heures, accélère le rythme de la seconde messe avant de carrément escamoter la troisième, au grand effarement de ses paroissiens qui ont bien du mal à le suivre. Ces derniers, qui finalement « pensent eux aussi à réveillonner, ne sont pas fâchés que la messe aille ce train de poste » et cinq minutes après la fin de la dernière messe, tout le monde se retrouve à table pour festoyer. La fête ne dure cependant pas longtemps pour le chapelain qui, « tant il but et mangea », est foudroyé par une attaque sans avoir eu le temps de la confession.




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Arrivé aux portes du Ciel, il est puni, ainsi que toute l’assemblée, à 100 ans de purgatoire au cours desquelles ils devront célébrer à nouveau les 3 messes basses chaque année, soit en tout 300 messes basses ! Dans l’adaptation de Marcel Pagnol, lors de la centième et dernière année, dom Balaguère propose à l’assemblée de célébrer pour leur délivrance non pas trois messes basses mais « une grand messe chantée du fond de l’âme ».

(Re)lire Les trois messes basses d’Alphonse Daudet.

(Re)voir l’adaptation de Marcel Pagnol :

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