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Les tentations du Christ au désert : plus actuelles que jamais !

Public Domain
La tentation au désert, Briton Rivière, 1898
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Le premier dimanche de Carême, la liturgie nous propose de méditer l’Évangile des trois tentations du Christ au désert. Ces trois suggestions du démon sont-elles adressées uniquement à Jésus, en prélude à sa vie publique, ou bien synthétisent-elles également trois dangers qui nous guettent, nous, hommes du XXIe siècle ?

Si le Christ a été tenté, nous le serons à notre tour. « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître », dit-il la veille de sa Passion. Les mirages que Satan lui fait miroiter au désert, l’ange des ténèbres nous les ressert encore aujourd’hui, même si c’est sous des apparences et des philosophies différentes, plus affinées, accommodées à nos goûts « d’hommes cultivés ». Ces trois tentations décrivent un crescendo dans le danger des illusions démoniaques.

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Le règne de l’avoir

Premier danger : se laisser dominer par le règne de l’avoir. « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres se changent en pains ». Il s’agit d’accaparer, de vivre selon un matérialisme basique. On reconnaît là le postulat du libéralisme, pour lequel nous sommes des monades mues uniquement par le calcul rationnel au sujet des meilleurs choix à effectuer pour parvenir à l’extase matérielle.

Insidieusement, par petites touches, le diable nous persuade de bâtir un univers régi par la loi implacable du marché, ce marché pour lequel tous les désirs, toutes les demandes, sont légitimes, indépendamment du Bien et du Vrai. Le citoyen est ravalé de la sorte au rang de simple agent économique, dont les pulsions consommatrices s’avèrent irrépressibles et doivent être à toute force satisfaites. Tableau grossier peut-être de la condition humaine, mais tous les hommes politiques ne se focalisent-ils pas à longueur de journée sur notre « pouvoir d’achat », ses fluctuations et ses variables ? Le diable n’a plus qu’à se faire le plus discret possible : même dans ses rêves les plus fous, il n’espérait pas des disciples aussi dociles !

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L’illusion du paraître

La seconde tentation nous fait passer de l’avoir au paraître. Maintenant, le but consiste à épater la galerie, de sorte à régner sur les esprits. Le diable emmène Jésus en haut du Temple et lui dit : « Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas ! » Beau miracle en perspective ! Nous aussi, ne sommes-nous pas tentés d’en mettre plein la vue à nos semblables, sur les réseaux sociaux par exemple, pour flatter notre petit moi et conforter notre position avantageuse dans l’esprit des autres ?

Règne des apparences : stars du petit écran portées au pinacle, peopolisation de la vie politique, narcissisme généralisé, soins du corps obsessionnels. Tout occupés à nous mirer dans nos miroirs et dans les yeux des autres, en quête d’une improbable reconnaissance, nous passons à côté des richesses du Christ. Le démon n’en attendait pas moins de notre part, lui, l’expert en spectacle en tous genres et en mises en scène des égos !

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La démesure de l’orgueil

Enfin, avec la troisième tentation, la suggestion démoniaque atteint son paroxysme. Il ne s’agit plus maintenant d’avoir ou de paraître, mais d’être, tout simplement ! D’être à la tête de tous les royaumes ! D’être le meilleur ! Tentation monstrueuse de l’orgueil. Avec cette nuance toutefois : devenir le meilleur, mais à condition de rester esclave du… démon ! En effet, le diable ajoute : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu me rends hommage. » Il y a des limites, tout de même ! Satan ne va pas faire don de son excellence au premier venu, et renoncer à la première place !

Saint Ignace de Loyola, dans sa méditation des « deux étendards » des Exercices spirituels, reprendra cette gradation : « Le premier degré de la tentation, ce sont les richesses ; le second, les honneurs ; le troisième l’orgueil » (n° 142). Crescendo des tentations : du matérialisme obtus à la démesure de l’orgueil, en passant par la vanité du m’as-tu-vu. On nous rétorquera que si les deux premières tentations sont plus actuelles que jamais, la troisième est plus rare. Est-ce si sûr ? Le transhumanisme ne poursuit-il pas le dessein fou de nous voir dominer le royaume de la vieillesse et de la mort ? De « dépasser » l’homme en direction du post-humain et du « cyborg », mixte de cybernétique et de biotechnologie, avec l’implant de puces électroniques sous nos épidermes ? L’orgueil a mille visages.

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Le diable se fait oublier pour mieux manipuler

Ainsi, en nous proposant de méditer le récit des tentations de Jésus au désert, l’Évangile ne se propose pas seulement d’expliciter ce à quoi la rédemption, opérée jadis par le Christ, a dit « Non »,  il nous renseigne également sur les idoles qui travaillent nos cœurs. Car ces trois suggestions démoniaques, en faisant le siège des esprits sous des dehors chatoyants, sont malheureusement plus actuelles que jamais. De plus, leur nocivité est accrue par la conviction, partagée par nos contemporains, que le diable est un mythe inventé de toutes pièces…

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