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La réaction du cardinal Barbarin en apprenant sa condamnation

© ALETEIA
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L’annonce de la condamnation du cardinal Philippe Barbarin, jeudi, par le tribunal correctionnel, a provoqué une onde de choc à Lyon. Dans son entourage, personne ne s’y attendait. Pas plus que l’annonce de la présentation de sa démission qui a suivi. Aleteia a rencontré ceux qui l’ont accompagné pendant cette journée décisive.

Jeudi, à 9h30, c’est d’abord la stupeur qui s’est répandue à tous les étages de la maison diocésaine de Lyon quand l’annonce de la condamnation du cardinal est tombée. « Certes, c’est un procès, donc on ne connaît jamais l’issue, raconte une salariée du diocèse, mais le parquet n’avait requis aucune condamnation, et il parait qu’il est rarissime que les juges ne suivent pas le parquet », reprend cette même source abasourdie. Une fois la stupeur passée, il a fallu s’activer et organiser la communication de crise, avec l’annonce sur Twitter que le cardinal ferait une déclaration à 13h. « Nous ne savions pas encore ce qu’il allait dire, mais je pressentais que, quel que soit le jugement, le cardinal irait à Rome rapidement ».

Un homme de prière

Finalement, le plus calme au milieu de la crise, c’est le cardinal lui-même. Ceux qui l’entourent le savent bien, Mgr Barbarin est avant tout un homme de prière. « Il s’est remis dans les mains de Dieu, et il fait face à la situation. Sans la prière et son attachement au Christ, il ne pourrait pas tenir », estime Étienne Piquet-Gauthier, qui était avec lui en plein conseil d’administration de la Fondation Saint-Irénée quand le verdict est tombé. « Le cardinal s’est levé pour prendre l’appel de son avocat, puis il est revenu s’asseoir pour la suite de l’ordre du jour ». Après la déclaration de 13h, le cardinal a d’ailleurs poursuivi sa journée studieuse pour préparer l’enseignement qu’il faisait le soir même à la maison Saint-Irénée sur le thème « fortifier l’homme intérieur ». Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire de Lyon, confiera ce vendredi sur RCF que le cardinal avait pris la décision de présenter sa démission bien avant de connaître le verdict. « Le rendez-vous avec le Pape a été pris il y a 15 jours. Il fait un geste de pasteur, en conscience, dans un but d’apaisement et de changement pour le diocèse ».

« Avant cette conférence, le cardinal a dit la messe et nous étions tous dans la prière avec des textes du jour on ne peut plus d’actualité », raconte un des participants. Mais que pense-t-il de cette condamnation ? « Sa personne importe peu… c’est un serviteur ! », réagit Étienne Piquet-Gauthier. Une autre source proche du prélat ajoute, « il a été nommé responsable de l’Église de Lyon, il en assume donc toutes les responsabilités, aussi difficiles soient-elles. S’il souffre, c’est pour les victimes de ces actes ignobles et pour les fautes commises par un membre du clergé lyonnais ».

Mgr Gobillard a précisé ce soir à la radio combien le cardinal a été bouleversé par les témoignages pendant le procès. « Les victimes ont trop souffert, le diocèse a trop souffert, il faut un changement », lui aurait-t-il écrit il y a quelques semaines.

Dynamisme et grande foi

Dans la maison diocésaine, les langues se délient et regrettent toute cette boue déversée sur un homme qui aura pourtant marqué son diocèse par son dynamisme et sa grande foi. La distribution de 500.000 exemplaires du Nouveau Testament à son arrivée, son indéfectible soutien aux chrétiens d’Orient, la mise en place d’un dialogue interreligieux sincère, autant d’événements marquants que les membres du diocèse citent spontanément. Une autre salariée tente de se consoler « au fond, ce n’est pas lui qui est visé, mais l’institution même de l’Église, et en tant que chef, il prend la faute sur lui ». Mgr Gobilliard a ajouté ce 8 mars lors de son passage à la radio « qu’à la lecture du jugement, je constate qu’il est condamné pour les dysfonctionnements, les silences et les erreurs de ses prédécesseurs ».

« Partout on le décrit comme déprimé, abattu, mais il n’en est rien », reprend un autre membre de son équipe. Question de génération et de caractère, il n’est pas homme à montrer ses émotions. « Une des rares fois où je l’ai vu ému, confie Étienne Piquet-Gauthier, c’est lorsque nous sommes retournés à Mossoul en Irak, suite à sa promesse, pour déposer une statue de la Vierge de Fourvière dans les ruines d’une église. Avec un autre collaborateur, il nous a pris dans ses bras en disant qu’il pouvait à présent mourir ». Et Étienne Piquet-Gauthier de conclure « après la journée éprouvante d’hier, quand je parle de lui, je dis Stabat pater, montée vers Pâques oblige ! »

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