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Ce texte inédit de Jean Paul II qui éclaire sa première encyclique

EAST NEWS
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Une dizaine de textes inédits et passionnantes de Karol Wojtyla seront prochainement publiés en France. L’un d’entre-eux est une méditation sur le message de l’Église au monde païen. Il éclaire la pensée du futur Pape sur l’annonce du Christ rédempteur de l’humanité.

Le 4 mars 1979, il y a quarante ans, un peu plus de quatre mois après son élection au siège de Pierre, paraissait Redemptor Hominis (« Le rédempteur de l’homme »), la première des quatorze encycliques de Jean Paul II (la dernière sera, en 2003, L’Eucharistie, source de l’Église). Il va de soi qu’en quatre mois, bien occupés par ailleurs, le nouveau Pape n’aura pas eu le temps d’élaborer la riche pensée qu’il expose dans cette encyclique, à la fois solennelle car centrée sur Jésus-Christ, « centre du cosmos et de l’histoire » (selon les premiers mots) et très personnelle dans son ton.

Une méditation sur le discours de Paul à l’Aréopage

Une préparation de ce document avait été, pour l’auteur, la retraite que celui-ci a prêchée à Paul VI et à la curie au printemps 1976, parue sous le titre Le Signe de contradiction, où le prédicateur s’efforçait de reprendre l’ensemble du mystère chrétien, depuis la création initiale du monde jusqu’à son accomplissement final. Mais la réflexion religieuse, qui s’exprime aussi dans ses poèmes, remontait plus haut pour Wojtyla, en marge de ses activités d’enseignement, qui le portaient à travailler dans le domaine de l’éthique, de l’anthropologie et de la philosophie morale.

C’est l’intérêt d’un inédit récemment paru en polonais que de mettre cet aspect en évidence, en reconduisant aux premières années de maturité de Wojtyla, vers 1965 — on ignore la date exacte de ce texte. Le Discours sur l’Aréopage, édité à Cracovie en octobre 2018, regroupe une série de treize brèves « catéchèses », comme les appelle l’auteur, ou plutôt méditations qui englobent tout le contenu de la foi, et où se retrouvent à peu près tous les articles du Credo, sans que ce cycle, qui n’a rien de didactique, s’en présente comme un commentaire. Ces courts textes prennent appui sur le discours prononcé par Paul sur l’Aréopage d’Athènes, selon les Actes des Apôtres (Ac 17, 16-34), que Karol Wojtyla avait lu sur place lors d’un voyage à Athènes et Jérusalem en 1963, entre deux sessions du concile Vatican II, auquel il participait en tant qu’évêque auxiliaire, et bientôt archevêque de Cracovie.

Quand l’Église parle au monde

À Athènes, il a été frappé par la similitude de situation entre Paul, s’adressant au monde gréco-romain qui, contrairement au monde juif, ne bénéficiait pas de l’éclairage des textes bibliques, et l’Église catholique engagée dans l’entreprise conciliaire d’ouverture au monde auquel elle propose largement le discours de la foi. Paul parle aux Grecs en leur montrant l’action de Dieu dans le cosmos et dans l’histoire, c’est aussi ce que fait l’Église conciliaire qui, comme Paul, appelle les hommes à revenir vers Dieu, à découvrir les richesses de sa grâce.

L’une des caractéristiques de ce cycle, qui cherche à atteindre le cœur de la proposition chrétienne, est de se transporter intérieurement sur les lieux de la première annonce du Christ. Après Athènes et la prédication de Paul, la méditation se déplace à Jérusalem, qui sert de cadre au discours de Pierre le jour de la Pentecôte, pour une première proclamation du salut en Jésus-Christ. Auparavant, Jérusalem a vu, au cénacle, l’invention de l’eucharistie, puis le don de l’Esprit communiqué aux apôtres par le Ressuscité (Jn 20, 22). Antérieurement encore, Jésus y annonçait à Nicodème la nouvelle naissance dans l’Esprit au baptême, car « Dieu a aimé le monde au point de lui donner son fils unique » (Jn 3, 16).

Le passage de témoin entre Jésus et les apôtres

En se concentrant sur les lieux, Wojtyla cherche à entrer en esprit dans le « passage de témoin » entre Jésus, le Fils de Dieu et sauveur, et ses apôtres et disciples. Le moment-clé est sans conteste celui où, le soir de Pâques, Jésus qui sur la croix « s’est fait péché pour nous faire devenir justice de Dieu » (2 Co 5, 21), revient victorieux de la mort et répand sur ses disciples son souffle régénérateur, comme l’avait fait le créateur avec les premiers hommes. Les disciples deviennent alors, non seulement témoins, tels Pierre, Paul et tous les évangélisateurs au fils des siècles, mais participants de ce renouvellement intérieur, en particulier par la présence active de Jésus lui-même dans l’offrande eucharistique, qui prolonge ces événements originaires et a une portée, non seulement humaine, mais cosmique.

Selon une réflexion paulinienne qui habite la pensée de Wojtyla, la création elle-même — l’univers et les réalités physico-biologiques — aspire à la « révélation des fils de Dieu », c’est-à-dire à une harmonie et une plénitude de vie qui la « libère de la corruption » (Rm 8, 21-22), de la désintégration et du néant. Dans cette perspective, le message que l’Église entend adresser au monde est un message de vie et de miséricorde. Comme l’homme et les sociétés restent marquées par des déviations et des ruptures internes, conséquences de l’éloignement de Dieu et du refus du bien, l’appel au monde qui relaie aujourd’hui celui de Paul et des apôtres est d’abord un appel à se réconcilier avec Dieu et à entrer dans l’orbite de la rédemption.

Comment Dieu parle à l’homme

C’est ici que nous retrouvons Le Rédempteur de l’homme, dont les points d’appui bibliques rejoignent fréquemment ceux qui soutenaient la méditation des « catéchèses sur l’Aréopage ». En Jésus-Christ, Dieu parle de multiples façons à l’homme, et au moins doublement : il exprime la puissance de l’amour divin, qui a conduit le Fils de Dieu à s’offrir pour les pécheurs, et il manifeste la beauté de l’humanité dont Jésus habité par l’Esprit est le prototype. L’encyclique de mars 1979 centrée sur le Fils rédempteur est ainsi étroitement liée à celle de 1980, Dives in misericordia (« Dieu Père riche en miséricorde ») ainsi qu’à celle de 1986 sur l’Esprit, Dominum et Vivificantem (« Seigneur et donateur de vie »), qui parachève cette présentation du Dieu Trinité au monde moderne et s’inscrit, avec le Discours sur l’Aréopage (à paraître), dans le riche patrimoine de foi et de pensée laissé par Jean Paul II.

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