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L’étonnante histoire de Jeanne de France, « la Cendrillon des Valois »

© Domaine public - Wikimedia commons
Jeanne de France, par Jehan Perréal Jean de Paris.
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Comment la fille, la sœur et l’épouse de trois rois de France a-t-elle pu se faire traiter comme « la Cendrillon des Valois », selon l’expression de l’historien Antoine de Lévis-Mirepoix ? Modèle d’humilité et d’abnégation, elle souffrit en silence les pires humiliations, sans jamais se départir de sa bienveillance, de son courage et de sa douceur. Grande amoureuse de la Vierge Marie, elle fonda l'Ordre de l’Annonciade dont les membres s'efforcent d'imiter, encore aujourd’hui, les vertus de la Vierge Marie.

Seconde fille de Louis XI et de Charlotte de Savoie, Jeanne déçoit son père dès sa naissance en 1464 car le roi aurait préféré un héritier mâle pour assurer sa succession. À 26 jours, elle est fiancée à son cousin Louis d’Orléans, le futur Louis XII, alors âgé de 2 ans. Jeanne grandit à Amboise, auprès de sa mère et de sa sœur. Mais ses difformités sont de plus en plus visibles et ne correspondent pas du tout à l’idéal de beauté de la Renaissance : elle est chétive, souffre d’un pied-bot à l’origine de son surnom « Jeanne la Boiteuse », et d’une scoliose qui la fait se tenir voûtée, avec une épaule plus haute que l’autre. Son père, qui ne l’aime pas, décide de l’éloigner de la cour et la confie, alors qu’elle n’a que 5 ans, à François et Anne de Linières qui n’ont pas d’enfant. Ces derniers l’aiment comme leur propre fille et lui donnent une éducation complète, notamment religieuse. Jeanne passe de longues heures à prier et voue une affection particulière à la Vierge Marie. À peine âgée de 6 ans, elle entend Marie lui confier au plus profond de son cœur : « Avant ta mort, tu fonderas un ordre religieux en mon honneur ».

Mais son père, le roi, veut la marier et contraint les très jeunes « fiancés » au mariage. À 12 ans, en septembre 1476, elle épouse donc Louis d’Orléans, qui ne daigne même pas la regarder le jour de leurs noces. Dès lors, il cherchera à faire annuler ce mariage, ce à quoi il parviendra au bout de 22 ans. Avec courage, abnégation et humilité, Jeanne ne prend pas ombrage de ces multiples vexations. Elle se réfugie dans la prière et s’éloigne de la cour.

Reine de France pendant 7 mois

En 1483, à la mort de Louis XI, c’est le frère de Jeanne, Charles VIII, qui succède au roi à l’âge de 14 ans, sous la régence de leur sœur aînée, Anne de Beaujeu. Charles a toujours manifesté une grande affection pour Jeanne et la fait revenir à la cour. À ce moment-là, Louis d’Orléans, le mari de Jeanne, conçoit le plan d’une alliance avec la Bretagne contre le roi de France. Il est battu, et fait prisonnier par Anne de Beaujeu. Malgré ces frasques et son indifférence, Jeanne demande à Charles VIII de le faire libérer.

Le 7 avril 1498, Charles VIII meurt prématurément — il n’a que 27 ans — après avoir violemment heurté avec son front un linteau de pierre du château d’Amboise. Louis d’Orléans, le mari de Jeanne, est alors sacré roi de France le 27 mai 1498. Devenu Louis XII, il s’assagit mais cherche toujours à faire annuler son mariage, ce à quoi il parvient avec l’aide du pape Alexandre VI le 17 décembre 1498.

Dès le 8 janvier 1499, Louis XII épouse à Nantes la reine Anne de Bretagne, veuve de Charles VIII, en application d’une clause du contrat de mariage entre Charles VIII et Anne de Bretagne, selon laquelle la reine Anne devait se remarier avec le successeur de Charles VIII si ce dernier n’avait pas de descendance mâle. Jeanne reçoit en compensation le titre de duchesse de Berry, et s’installe à Bourges. Loin de toute rancœur, elle confie à son ex-époux : « Désormais, ma vie se passera à prier pour vous et pour la France ».

Fondatrice de l’ordre de l’Annonciade : la paix comme principale vertu

Elle administre saintement son duché, prenant soin des pauvres, soignant les malades et veillant sur l’éducation des enfants. À 36 ans, elle réalise le vœu que la Vierge lui avait formulé lorsqu’elle était enfant et fonde, avec l’aide de son confesseur franciscain, le bienheureux Gabriel-Maria, l’Ordre de la Vierge Marie — ou l’Annonciade. La devise du couvent, conforme à ce souci de construire un climat de paix qui l’a habitée toute sa vie, est : « Aimez-vous les unes les autres ». Les sept monastères qui perdurent aujourd’hui s’efforcent ainsi de suivre le Christ en vivant l’Évangile comme l’a vécu la Vierge Marie.

Elle « recommandait, dit le père Gabriel-Maria, d’être patients dans l’adversité et pacifiques envers le prochain, de n’être ni des mécontents, ni des détracteurs ». Selon Jeanne, nos paroles doivent construire un climat de paix, et non de division. Dans un sermon sur les vertus de la Vierge Marie, Gabriel-Maria écrit : « Se garder d’entendre mal parler ou de critiquer quoi que ce soit car ce serait contre la vertu de vérité. Bien souvent ces paroles de critique ne sont pas vraies. Il nous faut fuir de telles paroles… Que nos paroles soient nécessaires pour le prochain ! Si la parole est de nul profit, nous perdons notre temps… » Ainsi : « Que toutes paroles ne soient qu’amour et charité. Avoir toujours paix en son cœur : ce qui est le vrai repos de l’âme. »

Jeanne meurt de manière extraordinaire le 4 février 1505, à l’âge de 41 ans : une lumière émanant de son corps illumine tout son lit. Des guérisons, des grâces et des conversions pleuvent en abondance. Béatifiée en 1742, elle est canonisée en 1950 par Pie XII.

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