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« Deux fils » : une comédie tendre et virile

© Nord Ouest films
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Le premier long métrage du comédien Félix Moati, en salles ce 13 février, trouve un bel équilibre, entre drame et comédie. Subtil en sentiments et sobre en dialogues, il s’appuie sur un casting masculin de talent.

Avec Deux fils », Félix Moati nous montre la masculinité sous plusieurs coutures grâce à un trio familial drôle, perdu et attachant. Mathieu Capella, dans le rôle du plus jeune, excelle à nous tenir en haleine et à rendre vivante cette saga familiale. Révélation du film, il donne envie de le suivre. À ses côtés, Benoît Poelvoorde et Vincent Lacoste s’en tirent très bien aussi avec des rôles intimistes, justes et réalistes. L’histoire : Joseph et ses deux fils, Joachim et Ivan, formaient une famille soudée. Mais Ivan, le plus jeune, collégien décalé et passionné de latin, est en pleine crise mystique. Il voit ses deux modèles s’effondrer, devenir des ratés. Joachim a laissé sa thèse de psychiatrie de côté quand son père quitte son cabinet de médecin pour devenir écrivain. Avec pudeur, ils veillent les uns sur les autres, tout en cherchant à trouver l’amour… ou plutôt à lui donner à nouveau sa place.

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L’amour et l’admiration au cœur des crises

« L’amour et l’admiration sont les forces les plus puissantes du monde », écrivait Stefan Zweig dans Emile Verhaeren, sa vie, son œuvre, lui qui aimait tant admirer ses amis. Ce pourrait être une phrase sortie de la bouche d’Ivan, déjà très mature pour son âge, qui cherche un idéal par opposition à son père et son frère qui ne croient plus en rien. La scène la plus comique est sans doute la course poursuite de Joachim derrière Ivan, qui lui hurle : « Allez vous faire foutre bande de loosers ! », après avoir découvert les écrits pathétiques de son père, en public. Il a besoin de les admirer mais ils n’ont rien pour ça. C’est cette quête de force et de courage qui l’amène dans un confessionnal pour se faire pardonner d’avoir envie d’être amoureux et de trouver une réponse à son désir qui lui fait vouloir toutes les femmes. Se voyant répondre par le prêtre de « trouver la vérité en son cœur », il lui demande s’il n’y a pas d’exercices à faire pour ça, comme si personne n’était capable de donner une réponse à ses questions. Ivan n’est pas du genre à se contenter des images de l’amour qui circulent maintenant sur les smartphones des collégiens, il veut l’avoir en vérité. Face à son père, son frère, et son époque peut-être, c’est lui qui se charge de se comporter en homme. Impétueux, violent et même poète, il boit et fume en conséquence, avec un naturel déconcertant, laissant de côté ses rêves d’agrégation de latin.

Tout au long du film, c’est ce manque d’amour et d’admiration, dans les deux sens, qui travaille les personnages et les pousse à agir. Le père, orphelin, vient de perdre son frère aîné et avec lui quelqu’un de plus élevé à qui montrer sa valeur. Sa chute progressive ne fait alors qu’inquiéter ses fils, les éloigner et leur enlever leurs repères. Joachim ressasse sa dernière histoire d’amour, dont la fin a brisé son ambition. Ivan navigue entre le Christ, figure vers laquelle il peut transposer son désir d’idéal, et une fille à qui il ne cesse de faire des déclarations d’amour, jusqu’au bout. Ce qui les sauve, c’est leur responsabilité respective, les confidences qu’ils volent en écoutant aux portes et surtout la conscience de faire partie d’un trio.

Deux fils, ou le trésor d’un père

La deuxième partie du film s’essouffle un peu, à errer autant que ses personnages dans des scènes moins fortes, moins nécessaires. Mais les images du Paris nocturne et des nuits dans l’appartement familial; de ces trois hommes qui doutent et peinent à l’avouer aux autres, ont une saveur particulière grâce à des sentiments universels exprimés avec pudeur, bienveillance, simplicité et même avec hauteur. L’acteur belge joue d’ailleurs une très belle scène de déclaration d’amour pour ses fils, « son trésor », dans le secret de la nuit, alors qu’il se confie à une femme dans sa chambre.

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Ils apprivoisent chacun leur solitude à leur manière, sans trop de pression vis-à-vis des échecs, comme une conscience d’eux-mêmes qui s’affine à force d’accepter de temps en temps de boire la tasse en passant sous une vague. Entre le désir d’être aimé, compris, encouragé, admiré et utile, ce sont toutes les petites contradictions de la vie et des liens familiaux que le réalisateur décrit avec une délicatesse qui nous fait tantôt rire tantôt nous reconnaître. « Deux fils » est un premier film touchant, un vent frais qui évite les clichés, où l’on découvre la place du modèle et de l’aîné dans une vie d’homme, mais aussi celle de l’amour d’une femme, jusqu’à aimer les questions elles-mêmes quand elles ne trouvent pas toujours de réponse.

« Deux fils », de Félix Moati, avec Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste et Mathieu Capella, sortie le 13 février 2019.

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