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Au Paraguay, un nouveau chemin de Compostelle ?

© maxmaximovmm - Shutterstock
Ruines de Taverangue au Paraguay.
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Le Paraguay, célèbre pour son carnaval, est l’un des plus beaux joyaux de l’Amérique du Sud. Mais outre ses parades costumées, la "perle du Sud" recèle d’autres trésors souvent ignorés des touristes. Le pays a donc décidé de lancer une toute nouvelle offre touristique articulée autour des vestiges laissés par les missionnaires jésuites du XVIIe et XVIIIe siècles… Bientôt un nouveau chemin spirituel à la manière de Compostelle ?

Des vestiges jésuites au Paraguay ? Pour comprendre leur présence dans un pays si loin de l’Europe, il faut remonter à la fin du XVIe siècle. À cette époque, les pères jésuites découvrent, à travers des récits de voyages, les tribus des Guaranis. Apôtres dans l’âme, ils rêvent d’apporter la foi à ces peuples amérindiens. Issus de plusieurs capitales européennes, les missionnaires de la Compagnie de Jésus voyagent jusqu’à Buenos Aires avant de rejoindre la ville d’Asuncion, capitale du Paraguay. Pendant plus d’un siècle et demi, ils vont mettre en place un État théocratique — où Dieu est souverain — sans équivalent dans l’Histoire. « L’État jésuite » recouvrait le Paraguay mais également le nord de l’Argentine, l’Uruguay et le sud-ouest du Brésil.

RUINES; PARAGUAY; MISSIONNAIRES
© Diegorayaces - Shutterstock
Ruines de San Ignacio Mini en Argentine.

À travers ce système, les jésuites voulaient à la fois favoriser l’évangélisation mais aussi protéger les Amérindiens de la rapacité des colons et des marchands d’esclaves. Regroupés dans de grands villages fortifiés — les réductions — les Amérindiens vivaient dans une société à part qui fonctionnait selon un mode communautaire et démocratique. Presque 100.000 indiens guaranis ont habité dans ces missions jésuites. Soutenue à ses débuts par la Couronne espagnole et les papes, tels Urbain VIII et Benoît XIV, la mission au Paraguay se prolongea jusqu’en 1767 avant que les jésuites ne soient expulsés par le roi Charles III car il soupçonnait les jésuites de vouloir gérer un État à l’intérieur de l’État.

Des vestiges à exploiter

De cette riche et incroyable aventure missionnaire demeurent plusieurs vestiges, 30 villages guaranis, éparpillés sur le territoire, allant du Brésil, à l’Argentine en passant par la Bolivie et l’Uruguay. Pour relancer son tourisme, le pays a donc décidé de valoriser ce patrimoine trop méconnu de l’histoire amérindienne. « Nous voulons créer une route, un chemin des jésuites pour unir les trente villages, avec des pèlerinages, des marches, des évènements touristiques en s’inspirant des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle ou d’Ignacio de Loyola », en Espagne, a annoncé le porte-parole du secrétariat paraguayen au Tourisme, Benjamín Chamorro.

BOLIVIA; BOLIVIA
© Noradoa - Shutterstock
La Chiquitania en Bolivie.

Parmi les plus beaux vestiges — sept au total classés à l’Unesco — on peut citer le village de San Ignacio Guasú au Paraguay où se dressent de grands murs ocres au milieu de la végétation luxuriante. En Argentine, San Ignacio Mini ou encore en Bolivie, La Chiquitania, font également partis des sites les mieux préservés. Grâce à leur proximité avec les célèbres chutes d’Iguazú, également inscrites au Patrimoine mondial de l’humanité, les villages missionnaires bénéficient d’une protection accrue depuis plusieurs décennies. Après l’abandon des missions par les jésuites, « le patrimoine a été dévasté, pillé, regrette le père Silverio Britos, résidant dans la capitale. Il a fallu l’arrivée de l’Unesco pour que ce joyau soit reconnu ». Fort de ce passé, les autorités paraguayennes espèrent que ce nouveau chemin culturel et spirituel, proposé aux touristes et aux locaux, pourra remettre en lumière cette épisode historique trop méconnu, « fusion authentique de l’indien guarani avec la culture européenne », a souligné Benjamin Chamorro.

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