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Les « parennials », ou quand l’hyper connexion modifie la manière d’éduquer

MATKA UZALEŻNIONA OD TELEFONU
Shutterstock
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"Parennials". Le terme éclot un peu partout en ce moment dans la presse magazine et le jargon marketing. Contraction de parents et de millenials, il désigne cette génération hyper connectée, née dans les années 1980 et 1990, qui découvre la joie d’être parents. Bercés par le tout-connecté et nourris aux Gafa, ils ont une toute autre approche de la parentalité.

L’expression « parennials » est apparue pour la première fois en novembre 2017 dans un article du New York Times intitulé « The Parennials are here », s’attachant à décrypter les nouvelles habitudes des jeunes parents. Au diable les conseils des mères et les remèdes de grand-mères, les applications et les forums de discussion sont bien plus rapides, efficaces et exhaustifs. Comme le constate Rebecca Parlakian, directrice du programme Zero to Three, une organisation qui étudie les nouveaux parents depuis 1977 : « Google is the new grandparent, the new neighbor, the new nanny », que l’on peut traduire par : « Google est la nouvelle grand-mère, la nouvelle voisine, la nouvelle nounou. » C’est exagéré? Pas tellement.

La nouvelle grand-mère

Si depuis des siècles, les mères étaient les premières à transmettre amoureusement à leur fille le secret de fabrication d’un biberon ou quelques rudiments indispensables en matière de changement de couches, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les jeunes primipares n’ont que quelques clics à faire sur leur smartphone pour visionner un tuto ou s’enquérir des dernières recommandations de l’OMS. La seule autorité qui vaille est celle relayée par Internet ou les réseaux sociaux. Rapide, gratuite, efficace. Les nouveaux parents ont un accès illimité à une information à laquelle même Laurence Pernoud ne saurait faire concurrence !

Revers de la médaille, les parennials doivent faire face à un flux d’informations, bien souvent anxiogènes, parfois fausses, qui viennent augmenter leur taux de stress déjà historiquement élevé. Et c’est sans compter les comparaisons qu’ils sont amenés à faire par rapport à la « norme », via l’appli The Wonder Weeks par exemple, qui alerte lorsque quand son enfant est censé franchir un seuil d’apprentissage cognitif significatif. La référence en matière d’éducation n’est donc plus la grand-mère mais bien Google et compagnie, au grand désespoir des « vraies » aïeules, reléguées en dernière position, et à qui on prête fort peu de crédit, au vu des temps immémoriaux où elles ont vécu. Avant le 2.0, point de salut !

La nouvelle voisine

Avant, on racontait ses petits soucis maternels ou éducatifs à ses copines, ses voisines, ou à ses congénères croisées au hasard des sorties au square. Désormais, plus besoin de décrocher son téléphone ou de se geler sur un banc, la Toile regorge de groupes, de forums et de chats spécialisés, où l’on peut déverser tous ses petits problèmes personnels. Et si vraiment on est en recherche d’un peu d’humanité, on vise efficace : les applications WeMoms ou encore YooMum! permettent de géolocaliser les mamans du quartier susceptibles de correspondre à son profil.

Si on ne peut sous-estimer le côté pratique de ce nouveau genre de communication, il convient aussi de prêter attention aux relations d’amitié qui se tissent grâce à ce type de conversation justement. Il est sans doute dommage de ne pas profiter d’un souci d’allaitement ou d’un dilemme cornélien à propos d’une marque de couche, pour entretenir des amitiés qui se fortifient au gré de ces questionnements hautement métaphysiques. Google est de toute évidence le nouvel ami d’un certain nombre de parennials, mais attention à ce qu’il ne devienne pas le seul ami !

La nouvelle nounou

Loin est le temps où l’on passait une dizaine de coups de fil, à des amis d’amis, une semaine à l’avance, pour trouver une baby-sitter ! Un message posté, le jour J, sur une appli dédiée, et le tour est joué, vous n’avez plus qu’à choisir parmi quelques profils celui qui vous paraît le « mieux ». Le parennial vise l’efficacité et la perfection. Alors lorsqu’il lit sur le CV d’une potentielle baby-sitter que la candidate est diplômée petite enfance et est l’aînée de dix frères et sœurs, le voilà rassuré.

Au-delà de l’efficacité et de la rapidité recherchées à travers l’hyper connexion, il y a bien un certain idéal de perfection qui sous-tend cette nouvelle manière d’être parent. On veut le meilleur avis, la meilleure information, la meilleure baby-sitter… De par ses savants algorithmes, incontestés et incontestables, Internet se place comme le référent indispensable en matière d’éducation. À travers lui, les parennials visent une éducation parfaite, et par conséquent l’enfant parfait. Ne reste à l’ancienne génération que le loisir de prévenir que IRL (In Real Life — dans la vraie vie), l’enfant parfait, tout comme le parent parfait, n’existent pas.

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