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Avec les patronages, l’Église repart aux périphéries

© Patronage Saint Joseph
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Saint Jean Bosco, fêté le 31 janvier, est considéré comme le patron des éducateurs. Aujourd'hui, les patronages, tiers-lieux d'éducation, semblent connaître un véritable essor en France. Pourquoi un tel succès ?

Les patronages, ces lieux chrétiens qui proposent des activités autour du sport et de l’éducation ont fait leur apparition à Marseille à la fin de la première moitié du XIXe siècle. « Au départ, c’était un phénomène très urbain et très populaire », explique à Aleteia Marc Guidoni, secrétaire général de l’AFOCAL (Association pour la formation des cadres de l’animation et des loisirs). Les patronages étaient en effet destinés aux jeunes qui partaient en ville pour travailler à l’usine et se retrouvaient seuls, leurs familles étant restées à la campagne. L’objectif des patronages était donc de leur proposer un lieu de vie familial avec des propositions autour du sport et de l’éducation. « On y pratiquait des activités de manière chrétienne pour grandir dans la foi. C’est un peu l’image de Don Camillo qui joue au foot avec les enfants », poursuit-il. Le mouvement se structure à la fin du XIXe siècle, puis apparaissent les premiers patronages laïcs.

« Au début, c’était ultra-moderne »

Avec l’avènement du scoutisme, du MEJ (Mouvement eucharistique des jeunes), de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne) ou encore de l’Action catholique, les patronages disparaissent peu à peu à la fin des années 1950. Cela va de pair avec ce que Marc Guidoni appelle le « le lent déclin de la paroisse comme lieu de vie ». « Au début, c’était ultra-moderne, mais avec le développement des activités culturelles, sportives et de loisirs, l’attrait des patronages, qui était l’activité, a disparu. Il n’y avait plus le même besoin. On peut dire qu’ils ont vieilli en même temps que ceux qui les ont fréquentés ». Avec l’arrivée de Jean Paul II à la fin des années 1970 à une époque où la pratique religieuse est en chute libre, les diocèses et les communautés réfléchissent à de nouvelles méthodes d’évangélisation, cherchant à rester présents dans des lieux de vie courante. On est alors témoin d’une certaine forme de re-dynamisation des propositions catholiques (séjours de ski, colonies chrétiennes…).

© Patronage Saint Joseph

Un renouveau « peut-être d’abord sémantique »

« Aujourd’hui, le terme de patronage est revenu à la mode. Le renouveau est peut-être d’abord sémantique : on a vu un retour du vocabulaire avant même celui du phénomène. Il y a un côté rétro, un peu désuet. On renomme “patronages” des tiers-lieux éducatifs animés par l’Église », déclare Marc Guidoni, qui distingue deux urgences. La première, purement ecclésiale, est de faire face à la sécularisation culturelle. Nombre de personnes qui font baptiser leurs enfants ne les inscrivent pas au catéchisme. Or, le patronage est un lieu où l’on rencontre des chrétiens et où l’on découvre des fondamentaux de la foi à travers une forme de vie chrétienne apostolique. La seconde est de « venir au chevet de familles qui sont seules dans l’éducation des enfants » et qui ont besoin d’aide.

Le patronage Saint Joseph a ouvert en septembre 2016 dans la paroisse Saint Joseph du Pont du Las (Var). Il accueille une quarantaine d’enfants. Parmi eux, certains viennent tous les soirs faire leurs devoirs et jouer, d’autres y passent leurs mercredis et d’autres enfin viennent uniquement aux activités proposées pendant les vacances. « La cible c’est les enfants. Le mot “patronage” signifie que les plus grands patronnent les plus petits. Le cœur pédagogique, c’est que les grands prennent des responsabilités », explique Gabriel de Fleurieu, le responsable. Ici, les enfants font du théâtre, jouent au football, nourrissent les poules, expérimentent les joies de la hauteur (un mur d’escalade a été installé pour cela au presbytère). Chacun dispose également d’un carré dans le potager où il peut planter les légumes de son choix. « Il y a beaucoup de familles monoparentales, de mamans seules qui ont besoin de soutien. De nombreux enfants manquent de repères, c’est criant. Les patronages ont vocation à être une famille. Ils doivent être des lieux de réconfort », poursuit-il.

Un lieu d’équilibre

Deux volets s’entremêlent avec évidence : évangélisation et éducation. « Le patronage est un lieu d’équilibre », précise Marc Guidoni. C’est une présence discrète dans le monde avec des chrétiens et des non chrétiens. Il y a autant besoin d’écoles de prière que de curés en combinaisons de ski ». Au patronage Saint Joseph, plus de la moitié des jeunes viennent de familles musulmanes. On en voit d’autres de tradition chrétienne qui ne sont pas opposés à la foi mais ne savent pas comment toquer à la porte de l’Église. « Nous voulons respecter la liberté des gens et en même temps être loyal envers les chrétiens », affirme Gabriel de Fleurieu. « Notre position actuelle, c’est “nous sommes laïcs car ouverts à tous”. Il n’y a pas d’enseignement religieux mais nous ne cachons pas ce que nous sommes. Nous vivons de valeurs chrétiennes : le partage, l’ouverture à la vie intérieure, le pardon, l’attention aux plus petits. Le souhait de la paroisse, c’est d’ouvrir le patronage à tout le monde ». Et il conclue avec conviction : « C’est du travail mais ce n’est pas compliqué à mettre en place. Il faut que ce modèle soit diffusé ! ».

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