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Le progrès moral, une nouvelle religion

IN VITRO

Sebastian Kaulitzki - Shutterstock

Rémi Sentis - Publié le 11/01/19

La manipulation des embryons humains et le bricolage de la filiation sont pour les hommes de médias des phénomènes inéluctables et, dans le même temps, ces derniers exigent d’en accélérer le développement en vue d’un "bénéfice pour l’humanité". Ne se cache-t-il pas une dimension quasiment religieuse derrière cette thèse ?

Une position symptomatique de ce courant de pensée est celle de l’éditorialiste Luc Ferry exigeant d’autoriser les manipulations destinées à « l’amélioration ou l’augmentation » du patrimoine génétique des futurs bébés (et donc bien sûr une séparation entre procréation et sexualité). Pour lui, lesdites « augmentations commenceront dès qu’elles seront possibles sans danger, [ … car] il n’y a rien de pire dans nos vies, spécialement pour un athée, que la mort d’un être aimé ; pour la retarder certains finiront par accepter de modifier le génome ». Donc tous les pays n’ayant pas les mêmes « préoccupations morales », la lucidité vaut mieux que « les anathèmes » ; et si cette augmentation était « interdite ici et autorisée là », alors cela risquerait fort « faute de consensus mondial, d’avoir pour unique effet de favoriser le tourisme médical » (cf. Le Figaro du 20 décembre). Ce raisonnement simpliste est celui qui a été inculqué aux journalistes dès leur première formation et qu’ils nous resservent en permanence. Vu que l’on peut accéder à n’importe quelle innovation biotechnologique en franchissant quelques frontières, il ne sert à rien de s’opposer au Progrès et il faut s’en accommoder : les considérations morales ne sont que des « postures incantatoires inutiles ».


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En fait, les sectateurs de la religion du Progrès accusent les chrétiens de proférer des anathèmes, mais ils balayent toute discussion éthique. Toute velléité d’entamer de telles discussions sont réduites à néant, car on assène que la mondialisation exige de nous accommoder ici de ce qui se fait ailleurs (la posture de la majorité actuelle des députés concernant la PMA pour toutes en est une illustration claire).


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Une autre position caractéristique de cette nouvelle religion du Progrès est celle d’Henri Atlan qui se félicitait de la séparation entre procréation et sexualité « rendue possible par une intrusion médicale de plus en plus poussée dans les domaines autrefois réservés à la vie privée ». Grâce à l’utérus artificiel par exemple, les femmes pourront être libérées des contraintes de la grossesse : « la différence des sexes et leur asymétrie immémoriale dans la fonction de procréation disparaîtra, dès lors que les hommes et les femmes seront égaux devant les contraintes qu’impose la reproduction de l’espèce » (L’utérus artificiel, 2005).


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Le même Atlan n’hésite pas à affirmer que le développement des techniques procréatives améliorera la vie si « le progrès moral peut subir des accélérations comparables à celles des progrès techniques ». Progrès moral, qu’est-ce à dire ? Pour celui qui est un promoteur actif de l’homoparentalité, cela semble signifier une « libération des souffrances et aliénations naturelles et sociales, permettant un épanouissement des enfants et des adultes, dans une utopie fraternelle » (interview dans le Figaro, mars 2006). Un nouveau paradis terrestre en somme !




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Pour les clercs de la nouvelle religion, il faut donc renvoyer au rayon des accessoires inutiles la dimension anthropologique de la distinction des sexes (« Dieu créa l’homme, homme et femme »). Et loin de la conception chrétienne de la liberté, pour eux, être libre c’est se débarrasser de nos aliénations corporelles (et de celles liées à nos « stéréotypes hétérosexués »).


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Au lieu d’une utopie radieuse issue de la « transcendance opératoire » dont la technique nous ferait bénéficier dès ici-bas, il convient d’accepter les conditionnements liés à la finitude de notre corps et de rappeler que l’union corporelle entre l’homme et de la femme a été voulue par Dieu pour nous faire entrevoir la transcendance de l’Amour de Dieu.

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