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Après 1918, le front des catholiques derrière le général de Castelnau

ÉDOUARD DE CASTELNAU
Le général Édouard de Castelnau.
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Après la victoire de 1918 et l’apaisement de l’Union sacrée, la politique anticléricale revient au début des années 1920 avec le Cartel des Gauches. Les catholiques français doivent à nouveau faire front. Ils s’organisent autour de la Fédération nationale catholique et de son chef, le général Édouard de Castelnau.

En mai 1924, la liste du Cartel des Gauches, alliance entre les radicaux et les socialistes de la SFIO, gagne les élections législatives. Édouard Herriot devient président du Conseil et le 17 juin 1924 annonce plusieurs mesures : « Nous sommes décidés… à appliquer la loi sur les congrégations. Nous sommes décidés à ne pas maintenir une ambassade près du Vatican. Le gouvernement préparera les mesures qui permettront, en respectant les situations acquises, en ménageant les intérêts matériels et moraux de la population, d’introduire en Alsace et en Lorraine l’ensemble de la législation républicaine. »

Édouard Herriot entend donc revenir sur la politique menée par le Bloc national qui avait rétabli de facto une ambassade près du Vatican et avait fermé les yeux sur la présence des congréganistes revenus en France au moment de la Grande Guerre. Pour l’Alsace-Moselle, il s’agit de leur appliquer la loi de séparation des Églises et de l’État votée en 1905.

Ce programme qui n’est finalement que le retour à la situation d’avant-guerre provoque une intense mobilisation dans le monde catholique qui entraîne in fine le recul du gouvernement sur ces trois points. C’est une inflexion très nette et le premier succès des catholiques depuis longtemps. Que s’est-il donc passé ? Sans doute l’esprit d’union sacrée a permis de rapprocher plusieurs pans de la société française qui s’ignoraient. Beaucoup de soldats ont découvert la figure du prêtre sous les traits de l’aumônier, l’anticléricalisme est en déclin, mais il y a aussi derrière ce succès, une énergie inflexible et l’union de la plus grande partie des catholiques sous la bannière de la Fédération nationale catholique.

Le général de Castelnau, du capucin botté au maréchalat manqué

Né le 24 décembre 1851, Édouard, Noël, Marie, Joseph de Curières de Castelnau appartient à une vieille noblesse du Rouergue dispersée et désargentée depuis la révolution de 1789. Son enfance et sa jeunesse sont imprégnées par la foi et une pratique religieuse rigoureuse. Édouard de Castelnau, devenu adulte, reproduisit à peu de choses près ce modèle familial.

L’alliance entre une carrière militaire et une appartenance marquée au catholicisme n’est plus évidente au moment où Édouard de Castelnau choisit la carrière des armes. Le capucin botté n’en mènera pas moins une brillante carrière, malgré quelques chausse-trapes, jusqu’à la guerre de 14-18 où il s’illustre au Grand-Couronné de Nancy puis devient chef d’état-major de Joffre avant de finir la guerre, à l’écart du déroulement des grandes opérations à la tête du groupe des armées de l’Est. Élu député de l’Aveyron, il siège à la Chambre des députés dans le groupe de l’Entente républicaine démocratique de 1919 à 1924.

En 1924, le général de Castelnau est une personne extrêmement connue des Français jouissant d’une double légende : il est le vainqueur du Grand-Couronné (1914), le père martyr qui a perdu trois de ses fils à la guerre et un grand catholique évincé du maréchalat pour raisons politiques. Mais cette image très favorable ne fait pas l’unanimité. Dans les milieux de gauche, il est un noble, volontiers appelé marquis, catholique clérical et belliciste. Le général de Castelnau va mettre sa notoriété au service d’une idée, unir les catholiques au-delà des clivages partisans et leur donner une organisation qui leur permette de peser dans la société et sur les choix politiques.

1924-1925, l’heure de la mobilisation des catholiques

La protestation part d’abord de l’Alsace-Moselle et entraîne rapidement celle de l’ensemble des catholiques français. Outre l’organisation chaque dimanche de très gros meetings où viennent toujours des élus de l’Alsace-Moselle, la FNC mène campagne sur trois points : respecter la parole de la France, respecter les vœux de la population et les désirs d’un certain régionalisme. La mobilisation des catholiques est payante. Le gouvernement recule sur ses trois projets mais cette mobilisation est aussi l’occasion de la création d’une vaste organisation qui, au-delà des remous de 1924-1925, structure durablement le catholicisme français de l’entre-deux-guerres.

La Fédération nationale catholique, mouvement d’Action catholique et ligue de défense des libertés religieuses

De 1924 à 1944, le général de Castelnau consacre l’essentiel de ses forces à la création et direction de la Fédération nationale catholique. La structure fédère les unions paroissiales regroupées en unions diocésaines mais aussi des associations déjà existantes comme l’ACJF ou de nouvelles qui se sont créées au moment de la mobilisation comme la Ligue des droits du religieux ancien combattant (DRAC) ou celle des prêtres anciens combattants (PAC). Elle édite un mensuel destiné aux cadres du mouvement, Credo, et un hebdomadaire : France catholique. Par ailleurs le général de Castelnau, sur des questions plus générales ou plus politiques, signe de nombreux articles dans l‘Écho de Paris, notamment sur la question des relations entre la France et l’Allemagne.

La Fédération nationale catholique est à la fois le mouvement d’action catholique générale pour les hommes et une ligue de défense des libertés religieuses qui poursuit ses combats bien au-delà de la chute du Cartel des gauches. Elle met au point une sorte de lobbying auprès des députés en leur soumettant tout d’abord au moment des campagnes électorales un questionnaire permettant d’éclairer leurs positions sur l’école libre ou d’autres revendications catholiques puis en diffusant leur vote pour vérifier leur conformité avec les engagements pris.

La vitalité de la Fédération nationale catholique qui a réuni dans les années 1920 près de deux millions d’hommes s’essouffle dans les années 1930. Le général de Castelnau retiré à partir de 1940 près de Toulouse dans sa résidence de Montastruc, garde une lucidité étonnante sur les événements, un regard très critique sur Pétain, vitupère contre la politique de collaboration et s’éteint au mois de mars 1944 sans avoir vu la victoire des Alliés qu’il pensait inéluctable et qu’il appelait de ses vœux.

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