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« Le sacrement de la tendresse » : Jean Vanier, prophète de la beauté humaine

Capture d'écran / JupiterFilms
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Un documentaire sur Jean Vanier, le fondateur de L’Arche disparu ce 7 mai à l’âge de 90 ans, sorti en salles le 9 janvier, permet de redécouvrir l’œuvre de ce grand homme.

Le Projet Imagine, fondé par Frédérique Bedos, entend infuser de l’humain dans l’information. Habituée à donner la parole à des héros de l’ombre (notamment à travers les portraits « Humble heroes »), c’est ici sous la forme d’un documentaire intimiste que la journaliste rend hommage à Jean Vanier, qui a été plusieurs fois récompensé pour la valeur de son travail, notamment par le prix Templeton en 2015. Une astéroïde porte même son nom ! Il faut dire que l’homme de 90 ans a réussi à faire briller des lieux bien obscurcis par le mauvais traitements des personnes  handicapées mentales et des plus pauvres, comme Calcutta et Bethléem. On découvre ici l’histoire de la fondation de l’Arche à travers des images et des vidéos d’archives, ainsi que des interviews et des images actuelles qui témoignent de la joie des protégés de L’Arche et de son personnel. Tout a commencé à Trosly-Breuil, un village du nord de la France…

L’engagement radical : le sceau de Jean Vanier

Très tôt engagé dans la marine anglaise, car le Canada ne lui offrait pas cette possibilité, le jeune Jean, alors âgé de 13 ans, donne le ton radical qui guidera sa vie. Le goût de  l’engagement est un trait fort de son caractère. Il choisira pourtant une tout autre voie que l’armée pour déployer ses rêves. Il se forme, rencontre du monde. Une fois son doctorat en philosophie en poche (avec une thèse sur l’Éthique d’Aristote), il découvre l’institution du Val Fleuri, qui accueille une trentaine d’hommes avec un handicap mental. Il rencontre là-bas des hommes « assoiffés de relation et d’amitié », « les plus opprimés du monde, considérés comme « le rebut de l’humanité ». Il sent alors monter en lui le désir de leur proposer quelque chose. En 1964, il accueille chez lui Raphaël Simi et Philippe Seux, deux hommes touchés par le handicap. L’aventure de L’Arche commence.

Lire aussi : Jean Vanier : « Le monde est à l’envers, l’Évangile c’est le monde à l’endroit »

Jean Vanier se sent attiré par leur cri de vérité. Homme d’intuition, d’action et de prière, il est saisi par ces vies dont il ne connaissait rien. Lui qui était un gars sérieux, avec un métier sérieux, entouré de gens sérieux, a découvert qu’il « avait besoin d’être un enfant ». Tout simplement. Mais quelle révolution dans sa vie et celle de milliers de personnes handicapées!

« Ce qui unit les gens, les rires et les larmes »

À cette époque, la mode est à la communauté et au refus d’autorité. Une aubaine pour les personnes handicapées, toujours soumises aux décisions et à la volonté de ceux qui s’occupent d’elles. À L’Arche, la règle est de les laisser être actrices de leur vie, grâce à un vrai souci d’attention des équipes encadrantes. Car le travail de Jean Vanier a aussi permis de lever un voile. Il « nous a fait découvrir qu’une personne handicapée n’est pas seulement celui qui reçoit, mais aussi celui qui donne », témoigne le père Rafik, prêtre palestinien. « Ce qui les intéresse est la relation, tout dans la communication passe par le jeu. On rit ensemble. Ce qui unit les gens est les rires et les larmes », explique le fondateur de l’Arche.

Lire aussi : Jean Vanier ou la joie de l’émerveillement

Il dénonce la « tyrannie de la normalité, de la compétitivité » et rappelle que le « faible n’a pas besoin d’argent mais de reconnaissance, d’avoir la liberté qui est de ne pas être contrôlé par la peur et la compulsion de gagner ». Il nous aide à comprendre que la vie est un long chemin « grâce auquel on peut transformer sa colère en tendresse », colère née de l’humiliation ou de bien d’autres blessures. S’ouvrir à l’autre, entrer en relation, c’est découvrir son identité. Et cette expérience, beaucoup la font à L’Arche.

La tendresse, le sacrement du XXIe siècle ?

Après plus de cinquante ans auprès de personnes handicapées, le pouvoir, le succès et la compétitivité sont les grands ennemis de Jean Vanier. À 90 ans, il semble heureux et épanoui. « Les personnes avec lesquelles je vis sont géniales. Elles n’ont pas de dons intellectuels, leur don vient du cœur », raconte-t-il devant l’assemblée lors de la remise du prix Templeton. « Il est aussi d’avoir le droit d’être fou. Nous, on n’a pas le droit d’être fou. On doit se conformer aux attentes de la société. Eux sont eux-mêmes et nous enseignent une leçon de liberté ».

Le documentaire assez personnel aurait mérité une esthétique exemplaire et une construction plus aboutie, à l’image de la vie de cet homme. La présence récurrente, pas toujours justifiée, de l’ancienne animatrice d’émissions télévisées doit certainement à sa volonté de recevoir du regard et des mains du grand homme ce fameux sacrement de la tendresse. Et de nous inviter à le faire. L’essence de son aspiration et de son combat nous parvient heureusement, rappelant l’urgence de mettre fin à la mise au ban de nombreuses personnes touchées par le handicap mental ou physique. On traverse ici les frontières car L’Arche est allée là où l’on avait besoin d’elle, en différents endroits du monde. Être handicapé, incompris, dépendant, se paye souvent par une attitude d’incompréhension en face, qui conduit parfois à l’oppression, alors qu’humanité devrait rimer avec charité, bienveillance, humilité et tendresse. « La dignité de l’être humain, c’est sa capacité à suivre sa conscience personnelle qui est le sanctuaire sacré où Dieu parle à chacun. Ce n’est pas un discernement, mais l’attraction vers la justice et la vérité », rappelle ce grand homme.

Reste que le message de Jean Vanier demeure révolutionnaire et prophétique, et que le titre du film, « Le sacrement de la tendresse », porte bien son message. « Est-ce que tu m’aimes ? Veux-tu être mon frère, devenir mon ami ? Est-ce que tu veux vivre avec moi ? ». Qui n’a pas besoin d’entendre cela ou de le dire? Les personnes accueillies à L’Arche, véritables professeurs pour ce monde en soif d’amour et d’attention,  nous posent ces questions simples, essentielles et bibliques.

Jean Vanier, Le sacrement de la tendresse, un film de Frédérique Bedos, 1h33, le 9 janvier au cinéma

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