Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Le retour de saint Joseph dans le cœur des fidèles

FATHERS VEZELAY
Corinne SIMON I CIRIC
Des pères de famille se recueillant devant l'icône de St Joseph, lors du pèlerinage des pères de famille à Vézelay, en 2011.
Partager

Est-ce un hasard si depuis quelques années la dévotion envers saint Joseph semble s’accroître ? En pleine crise de la masculinité, bon nombre de pèlerinages, groupes de prière et neuvaines implorent sa protection. Ils sont nombreux à se placer sous le patronage de cet homme à la fois tendre et fort, choisi parmi tant d’autres pour être le protecteur de Jésus et de la Vierge Marie.

Ces dernières années, il est partout. À Vezelay, Pellevoisin, L’Île-Bouchard, Montligeon, le Mont-Saint-Michel… Sur ces lieux de pèlerinage, la dévotion des hommes (et des femmes) envers l’époux de Marie et le père de Jésus ne cesse de croître. En témoignent les nombreuses prières, neuvaines, consécrations et pèlerinages qui invoquent sa protection. À Cotignac (Var), lieu d’une de ses apparitions au XVIIsiècle, ils étaient simplement deux amis, en 1976, à marcher, discuter et prier sur le Mont Bessillon. Ils sont des milliers aujourd’hui. À Paris, la première marche de saint Joseph a rassemblé une centaine de pères, de grands-pères et d’hommes célibataires en 2011. Ils sont près de 2.500 désormais, chaque année vers le 19 mars, à marcher ensemble.

Importés d’Angleterre, des groupes de « prière des pères » fleurissent désormais un peu partout en France. Rien que cette année, il s’en est formé à Lyon, Boulogne-sur-mer, Tarbes et Paris. Et enfin, difficile d’ignorer l’envolée de la cote du prénom Joseph depuis quelques années. Si à peine 300 petits Joseph naissaient chaque année en France entre 1980 et 2000, ils sont presque trois fois plus nombreux depuis 2017 à voir le jour.

« Ce n’est pas un hasard si saint Joseph nous est donné aujourd’hui »

Mais alors, comment expliquer ce regain d’intérêt et de dévotion ? Le culte à saint Joseph remonte pourtant aux premiers temps du christianisme. Mais saint Joseph a parfois souffert d’une réputation d’un personnage un peu falot, ou tout du moins discret. Jugé, à tort, ni tout à fait mari, ni tout à fait père, il est en outre qualifié de grand silencieux dans la mesure où pas une seule phrase ne lui est attribuée par les évangélistes. Pourtant, il n’est pas un saint comme les autres. Dieu l’a choisi parmi tant d’autres pour veiller sur ses deux plus grands trésors : Jésus et Marie. Dieu savait qu’il était l’homme le plus capable au monde d’être la parfaite image du Père sur terre. De par sa mission à l’égard de la Sainte Famille, il est déclaré patron de l’Église universelle et des pères de famille le 8 décembre 1870 par le pape Pie IX.

SAINT JOSEPH
Guido Reni | Wikipedia PD

Pour l’abbé Philippe de Maistre, curé de la paroisse Saint-André de l’Europe, à Paris, « ce n’est pas un hasard si saint Joseph nous est donné aujourd’hui. À travers la crise de la masculinité que traverse notre société, il est là pour nous rappeler le rôle du père, de l’époux et de l’homme. Tout se passe comme si Dieu avait gardé en réserve le mystère de Joseph, et à travers lui, le mystère de la paternité ».

Un patronage encouragé depuis 130 ans

Ce n’est qu’au XIXe siècle que la figure de saint Joseph est remise à sa juste place. Le pape Léon XIII, dans son encyclique Quanquam pluries (1889) consacrée à la dévotion à saint Joseph, exhorte pour la première fois tous les catholiques à se placer sous son patronage. Il convenait alors d’invoquer saint Joseph « à cause de la difficulté des temps » : « Nous jugeons très utile que le peuple chrétien s’habitue à invoquer avec une grande piété et une grande confiance, en même temps que la Vierge, Mère de Dieu, son très chaste Époux, le bienheureux Joseph », souligne l’encyclique.

Une dévotion relativement récente donc, qui a fait dire au bienheureux cardinal anglais John Henry Newman, protestant converti au catholicisme en 1845 : « Il y avait des saints plus rapprochés de Notre Seigneur que les apôtres et les martyrs; mais comme si ceux-là avaient été perdus dans le rayonnement de sa gloire, pendant longtemps ils furent l’objet de moins d’attention. Puis, à mesure que succédèrent des temps relativement calmes, se levèrent dans le firmament de l’Église ces astres lumineux, plus importants, plus augustes que tout ce qui les avait précédés, et qui se levaient tard précisément parce qu’ils rayonnaient d’une splendeur particulière. Saint Joseph en est l’exemple le plus frappant. Proclamé saint par l’Évangile, père nourricier de Notre Seigneur, il fut dès le commencement un objet de foi absolue et universelle pour le monde chrétien; et cependant la dévotion envers lui est relativement récente. Quand elle commença, les hommes s’étonnèrent qu’on n’y eût pas songé plus tôt », écrit-il en 1865 à son ami Pusey, resté protestant.

Un modèle en tant qu’homme

Dans l’encyclique Quanquam pluries, Léon XIII insiste sur la prééminence de saint Joseph sur les autres saints, dans la mesure où il a été « de par la volonté divine, le gardien du Fils de Dieu », et par son mariage avec la Vierge Marie, « un participant de sa sublime dignité » : « Certes, la dignité de Mère de Dieu est si haute qu’il ne peut être créé rien au-dessus. Mais comme Joseph a été uni à la bienheureuse Vierge par le lien conjugal, il n’est pas douteux qu’il ait approché, plus que personne, de cette dignité suréminente par laquelle la Mère de Dieu surpasse de si haut toutes les autres créatures. » Voilà pourquoi la doctrine admise par l’Église affirme que, de tous les saints, saint Joseph est le plus élevé au ciel, après Jésus et Marie.

En images : le silence de saint Joseph inspire les artistes

Lorsque saint Joseph apparaît à Cotignac le 7 juin 1660, à un berger assoiffé nommé Gaspard Ricard, ce dernier le décrit comme un homme d’une stature imposante. Joseph lui désigne un lourd rocher en disant : « Je suis Joseph, enlève-le et tu boiras ». Et en effet, sous la pierre coule une source qui même aujourd’hui n’est pas tarie. Pour l’abbé Philippe de Maistre, ce geste est un symbole fort : « C’est comme s’il y avait une source de la vigueur masculine que Joseph invite à retrouver. D’homme à homme, il demande au berger de se lever, de soulever la pierre, c’est-à-dire de faire preuve de force, pour retrouver la source du don de la masculinité ».

Aujourd’hui, selon l’abbé, les hommes sont perdus dans leur identité, et saint Joseph est là pour leur indiquer le chemin de la masculinité, pour faire rayonner la figure de l’homme selon le cœur de Dieu, pour assumer sa force au service de la douceur, au service de l’amour, de la même manière que Joseph a fait preuve de force dans sa mission de protection envers Marie et Jésus.

Un modèle en tant que père et époux

Avec les changements sociétaux et familiaux, la place du père est malmenée de nos jours. Les pères semblent être à la recherche d’une identité, non pas celle, ancestrale et caricaturale, d’une autorité aveugle et primaire, mais celle dans laquelle saint Joseph a excellé, où « la force est au service de l’amour » comme la définit l’abbé Philippe de Maistre. Les nombreuses demandes de protection et d’intercession à travers la figure de Joseph sont le signe d’une réelle aspiration à retrouver la vraie dimension de la paternité et de la masculinité.

Le mouvement de la Prière des pères érige ainsi saint Joseph comme modèle : « Seigneur, donne-nous la force et la lumière dont nous avons besoin pour remplir notre rôle et assumer notre place de pères dans la société en suivant l’exemple de Joseph, l’époux de Marie. »

L’encyclique Quanquam pluries fait écho de la charge magnifiquement portée et assumée par saint Joseph tout au long de sa vie, et donne par là des repères concrets à tous les pères du monde : « Joseph était le gardien, l’administrateur et le défenseur légitime et naturel de la maison divine dont il était le chef. Il exerça de fait ces charges et ces fonctions pendant tout le cours de sa vie mortelle. Il s’appliqua à protéger avec un souverain amour et une sollicitude quotidienne son Épouse et le divin Enfant ; il gagna régulièrement par son travail ce qui était nécessaire à l’un et à l’autre pour la nourriture et le vêtement ; il préserva de la mort l’Enfant menacé par la jalousie d’un roi, en lui procurant un refuge ; dans les incommodités des voyages et les amertumes de l’exil, il fut constamment le compagnon, l’aide et le soutien de la Vierge et de Jésus. »

SAINT JOSEPH STATUE
De Mminnano | Shutterstock

L’abbé Philippe de Maistre souligne qu’il n’y a que deux personnes à qui Jésus a dit « Abba » : son Père céleste, et Joseph. « Jésus, le fils de Dieu, a eu besoin d’un homme qui lui apprenne humainement ce qu’est la paternité. C’est Joseph qui a enseigné à Jésus comment il sauverait le monde, qui lui a décodé les Écritures saintes, qui a été le relais de Dieu pour faire entrer Jésus dans sa mission et dans son identité », précise-t-il. Le père André Doze, dans son livre Joseph, ombre du Père, désigne en ce sens Joseph comme le visage humain du Père éternel pour Jésus.

Saint Joseph et le pape François

Le regain de ferveur vis-à-vis de saint Joseph n’est sans doute pas étranger au Pape François, qui lui voue une affection toute particulière. Non seulement il a porté sur ses armoiries pontificales une fleur de nard, symbole du père de Jésus, mais il a également demandé à ce que soit mentionné le nom de « saint Joseph époux de Marie », après celui de la Vierge Marie, dans les liturgies eucharistiques II, III, et IV, par un décret datant du 1er mai 2013 (le nom de saint Joseph était déjà mentionné dans la prière eucharistique I depuis le pape Jean XXIII). En outre, le pape François a consacré l’État de la Cité du Vatican à saint Joseph et à saint Michel Archange le 5 juillet 2013.

Lors de sa messe d’inauguration le 19 mars 2013, jour de la solennité de saint Joseph — clin Dieu providentiel ! — il s’exprime sur la grande tendresse du père de Jésus : « Dans les Évangiles, saint Joseph apparaît comme un homme fort, courageux, travailleur, mais dans son cœur on voit une grande tendresse, qui n’est pas la vertu du faible, mais au contraire, dénote une force d’âme et une capacité d’attention, de compassion, de véritable ouverture à l’autre, d’amour. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, de la tendresse ! »

© Antoine Mekary / Aleteia

« S’il y a un problème, j’écris un petit mot à saint Joseph et je le mets sous sa statuette que j’aie dans ma chambre pour qu’il le rêve… pour qu’il prie pour ce problème » a aussi confié le pape François dans un entretien accordé en février 2017 au quotidien italien à Corriere della Sera : il glisse alors le morceau de papier avec sa prière sous une statuette à l’effigie du saint patron des pères de famille. Cet attachement remonte au jour où, à Buenos Aires, alors qu’il est âgé de 17 ans, il acquiert la certitude qu’il deviendra prêtre. « Comme poussé par un étrange besoin », confiera-t-il plus tard, il pénètre alors dans la basilique Saint-Joseph.

Prières et consécrations

Saint Joseph, en tant que saint patron des artisans, des charpentiers (plus largement des travailleurs), des époux, de la bonne mort, de l’Église et des pères de famille, se voit confier une multitude de causes, au travers de prières et neuvaines plus ou moins connues. Parmi les prières à saint Joseph, il existe le Je vous salue Joseph, cette ancienne prière dite infaillible, des prières pour trouver du travail, un logement, pour demander la grâce d’avoir un enfant, de mourir entre les bras de Marie et Jésus… Il existe ainsi une trentaine de prières à Saint Joseph.

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]