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Comprendre le concile d’unification de l’Église orthodoxe d’Ukraine

SAINT MICHAEL'S MONASTERY
Francois Galland / Godong
Le monastère Saint-Michel-au-Dôme-d'Or (Ukraine).
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Les représentants des confessions orthodoxes d’Ukraine doivent se réunir ce samedi 15 décembre pour un « concile de réunification », à Kiev, devant aboutir à la création d’une Église indépendante séparée de l’Église russe.

Avec près de 70% de croyants, l’orthodoxie est la principale confession en Ukraine. Actuellement, cette communauté se partage entre trois Églises : le Patriarcat de Kiev, créé en 1992 et qui revendique près de 40% de fidèles, le Patriarcat de Moscou (20% des fidèles) et l’Église dite autocéphale (moins de 1% des croyants). Ce samedi 15 décembre, un « concile de réunification » rassemblant les représentants des confessions orthodoxes d’Ukraine doit aboutir à la création d’une Église orthodoxe autocéphale d’Ukraine, c’est-à-dire indépendante de l’Église orthodoxe russe.

Ce concile n’est autre que la mise en œuvre de la décision historique du patriarcat de Constantinople d’autoriser l’Ukraine de disposer de sa propre Église. Cette annonce, qui date d’octobre, avait provoqué la colère du patriarcat de Moscou. Éléments d’explication avec Yves Hamant, professeur émérite de l’université de Nanterre en civilisation russe.

Aleteia : Quel est l’enjeu de ce concile de réunification ?
Yves Hamant : Le premier et principal enjeu est l’institution d’une église orthodoxe qui réunirait l’ensemble des orthodoxes d’Ukraine et qui serait reconnu par toutes les autres églises orthodoxes. Dans quelle mesure sera-t-il atteint ? Cela semble très difficile et compromis dans la mesure où seule une partie des orthodoxes d’Ukraine participera à cette assemblée. La décision historique en octobre du Patriarcat de Constantinople d’autoriser l’Ukraine à avoir sa propre Église a été vivement dénoncée par l’Église russe. Cette dernière ayant par la suite rompu ses liens avec Constantinople, on ne sait pas quels orthodoxes participeront à cette assemblée. Un autre enjeu à souligner est le suivant : l’octroi de l’autocéphalie aux orthodoxes ukrainiens revient à remettre en question le statut du patriarcat de Moscou au sein de l’orthodoxie. Si une église orthodoxe autocéphale se constitue en Ukraine, l’Église orthodoxe russe va perdre une partie de sa substance et de son prestige. Elle le vit comme si c’était un morceau d’elle-même qui lui était arrachée.

Peut-il y avoir un impact sur le conflit qui oppose la Russie à l’Ukraine ?
C’est un enjeu inter-ecclésial et qui concerne respectivement le statut des orthodoxes d’Ukraine et celui du Patriarcat de Moscou dans le monde orthodoxe. On peut lier ce concile au conflit ukrainien mais à mon sens cela serait plus de l’ordre de la géopolitique ecclésiale. L’intervention armée de la Russie en Ukraine a attisé et accéléré la séparation entre russes et ukrainiens, y compris sur le plan ecclésial. La seule politique de la Russie en Ukraine est celle d’une intervention militaire directe ou indirecte. En revanche, pour le patriarche Cyril, ce qui est en jeu est le périmètre de son influence : est-ce qu’une partie de l’Ukraine va définitivement échapper à sa juridiction. Ce serait une erreur de réduire ce conflit à une opposition entre Poutine et Porochenko.

Le concile de samedi devra également élire le primat de la nouvelle Église. Quel(s) défi(s) devra-t-il relever ?
Le principal défi qu’il va devoir relever : obtenir que cette Église soit reconnue par toutes les Églises orthodoxes du monde et que les orthodoxes d’Ukraine s’y rallient. Le nom de Filaret, le patriarche de Kiev, a été un temps avancé. Mais par sa personnalité et son passé, il est un obstacle à cette réunification. L’enjeu pour cette nouvelle Église serait de trouver une figure qui soit la moins clivante possible.

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