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La Parole de Dieu, c’est comme un chèque…

BANK CHECK
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Lorsque j’étais étudiant en théologie à la demande du cardinal Decourtray, et responsable de l'aumônerie du lycée de la Favorite à Lyon, il m’est arrivé une bien curieuse histoire.

Un soir, alors que je préparais la prédication du lendemain, pour la messe des jeunes au lycée, je demandais à l’Esprit saint de m’inspirer. Il me vint alors l’idée que la Parole de Dieu, c’est comme un chèque : un homme peut avoir en poche un chèque de plusieurs millions, s’il ne le dépose pas à la banque il n’en est pas plus riche pour autant. Cela ne lui sert à rien. Il en est de même des promesses du Christ : si nous ne les déposons pas à la banque de notre cœur, elles ne nous enrichissent pas. Une certaine effervescence accompagnait cette idée.

Quelques minutes après me vint une motion intérieure : demain, dans l’assemblée, se trouvera une personne avec un problème financier et elle a un besoin urgent de telle somme. Afin d’illustrer mon propos, je dois lui faire un chèque du montant prescrit et demander à cette personne de venir le chercher.

Enthousiasmé, j’en parle à ma femme qui me donne son assentiment : « Si tu crois vraiment que Dieu t’a dit… alors fait ce qu’il t’a dit ! ». Je m’endors dans un état de béatitude, comme grisé par le vin doux de l’Esprit. Le lendemain matin je me réveille avec une gueule de bois carabinée. L’enthousiasme s’est évaporé et je n’imagine plus que le regard hostile des professeurs, l’effroi des parents et la présence courroucée de la directrice de l’établissement… Je ne suis plus chaud du tout… et j’appréhende l’heure de la messe.

Malgré tout, je fais ce qui m’a été inspiré, priant le Ciel de faire en sorte que la directrice soit retenue à l’heure de la messe.

Quand faut y aller, faut y aller  !

Je commence ma prédication en disant que Dieu nous a fait de divines promesses mais nous vivons comme des mendiants assis sur un trésor. Pour capter l’attention, je raconte l’histoire vraie de cette mendiante qui a été retrouvée morte à côté de sa valise dont elle ne se séparait jamais et sur laquelle elle s’asseyait pour mendier. Quand cette valise a été ouverte, elle contenait une petite fortune.

Et bien, nous sommes pareils ! Jésus nous a partagé ses richesses et nous vivons dans le dénuement spirituel. Nous ne connaissons pas les promesses qu’il nous a faites et quand nous les connaissons, nous n’y croyons pas vraiment. J’invite donc l’auditoire à croire que la Parole de Jésus est vraie aujourd’hui. Elle n’a rien perdue de son efficacité avec le temps.

Dieu, à notre baptême, nous a fait un chèque en blanc. Il nous reste deux actes à accomplir : y inscrire un montant et aller le déposer à la banque. Certains n’osent pas mettre une grosse somme de peur d’en demander trop. Or, on reçoit de Dieu en proportion de ce que l’on attend de Lui. Si on attend peu, on reçoit peu. La deuxième chose à faire est de le déposer sur notre compte.

Où se trouve la banque de Dieu ? Dans notre cœur. Là où réside sa présence, le lieu de la rencontre possible. Nous vivons donc misérablement, avec en poche un chèque pouvant faire de nous des hommes riches. Riches de la vie, riches de Sa vie.

La porte au fond de la chapelle s’ouvre, la directrice rentre… Je continue néanmoins sur ma lancée et arrive le moment que je craignais le plus : je lance mon appel. « Il y a dans la chapelle une personne qui a un besoin financier urgent. Pour preuve que la parole de Dieu est un chèque, j’ai la solution à son problème. Voici le chèque dont elle a besoin. » Je le sors et le montre bien haut. « Que cette personne se lève et vienne le chercher. » Je prie tous les anges de maintenir en place les quelques terminales prêts à bondir pour s’emparer du chèque, rien que pour me défier…

Personne ne se lève… C’est le bide ! Je m’en sors par une pirouette de prédicateur, mais au fond je ne suis pas fier de moi. Je vois le prêtre qui fait la moue. La messe se termine. À la sortie, je rase les murs, pour éviter parents, profs et rieurs en tous genres. Je croyais avoir évité le pire, quand la directrice me barre la route et me demande de passer la voir… pour me sermonner à coup sûr.

Un incroyable dénouement

L’après-midi, quelqu’un frappe à la porte de l’aumônerie, une élève de Terminale demande si elle peut me parler. À peine entrée, elle me dit :

— C’est moi.

— C’est toi, quoi ?

— C’est moi, monsieur, qui ai besoin de cet argent pour payer le loyer, car ma mère est en prison.

Intérieurement, je me dis : Pas folle la guêpe, elle cherche à récupérer de l’argent…

Puis elle enchaîne :

— Monsieur, à la messe ce matin, si je ne me suis pas levée, c’est parce que je n’ai pas osé… J’avais honte. Vous comprenez, je ne suis pas baptisée.

Intérieurement, je suis très ému et je fais un effort pour retenir mes larmes. Le chèque était bien pour elle. Ce que m’avait montré le Seigneur était donc juste. De plus le montant correspondait exactement au montant du loyer à payer, et ça, ni elle ni moi, ne pouvions le savoir.

Les motions qui viennent du Seigneur ne sont formidables, qu’avant, quand on les reçoit, et après, quand elles se sont réalisées. Pendant, c’est presque toujours pénible et douloureux, car on ne sait jamais avec certitude, si la pensée qui nous vient est de Dieu ou si elle est le fruit de notre imagination. Quoique, avec le temps, une très subtile nuance nous aide à un peu mieux discerner, ce qui nous rassure… un peu.

Comble de joie, quelques mois plus tard cette élève se fit baptiser avec son petit ami, Adventiste, par un de mes amis prêtre, avec qui j’avais étudié la théologie : Bernard Devert, fondateur d’Habitat et Humanisme. Qui aurait pu imaginer qu’un chèque puisse ouvrir à la vie éternelle ?

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