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Stéphane Tarnier, le médecin qui a « consacré sa vie aux mères et aux enfants »

STÉPHANE TARNIER
Stéphane Tarnier
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À l’occasion de la 9ème Journée mondiale de la prématurité ce 17 novembre, Aleteia vous fait découvrir le docteur Stéphane Tarnier, médecin obstétricien de la seconde moitié du XIXe siècle, pionnier de la médecine néonatale et inventeur de la couveuse.

Il reste un monument érigé à son honneur, à l’angle de la rue d’Assas et de l’avenue de l’Observatoire, à Paris. On peut y lire qu’il « consacra sa vie aux mères et aux enfants ». Et de fait, c’est lui, Stéphane Tarnier, chirurgien-accoucheur en chef à la Maternité de Port-Royal, professeur de clinique obstétricale, président de l’Académie de Médecine, qui posa les bases de l’obstétrique moderne, que développeront par la suite ses élèves Alphonse Pinard, désigné comme le père de la puériculture, Pierre-Constant Budin, pionnier de la pédiatrie moderne, et Paul Bar, l’inventeur de la pince de Bar, toujours utilisée aujourd’hui lors des accouchements pour assurer le séchage du cordon ombilical. Stéphane Tarnier contribua, grâce à des mesures d’hygiène inédites pour l’époque, à la baisse du taux de mortalité des femmes accouchées, et fut l’inventeur de plusieurs instruments obstétricaux, ainsi que de la première couveuse pour les enfants prématurés.

Précurseur, en France, des mesures d’hygiène en milieu hospitalier

Alors qu’il était encore interne en obstétrique, il fut bouleversé par les nombreuses infections mortelles frappant les jeunes accouchées. En 1857, il soutint sa thèse rapportant ses « Recherches sur l’état puerpéral et sur les maladies des femmes en couches ». À cette époque où la notion de microbe était encore très controversée, il osa proclamer contre la doctrine ambiante le caractère contagieux de la fièvre puerpérale. Il démontra que la mortalité due à la septicémie était treize fois plus élevée à l’hôpital qu’en ville, et se déclara convaincu que la maladie était contagieuse.

Nommé chef de clinique à la maternité de Port-Royal, il améliora nettement les conditions d’hygiène, en isolant les femmes malades, soignées par un personnel distinct de celui soignant les femmes saines, et en introduisant pour la première fois en France des produits antiseptiques à l’hôpital. Ces mesures d’hygiène engendrèrent une chute spectaculaire de la mortalité des jeunes mères. La mortalité par infection puerpérale à la Maternité de Port-Royal est passée de 93/1000 à 23/1000 entre 1870 et 1880, puis à 7/1000 au cours de la décennie suivante, selon l’article du Professeur Peter M. Dunn de l’Université de Bristol.

Le forceps de Tarnier

Stéphane Tarnier se consacra à l’art de la délivrance instrumentale. En 1877, il perfectionna le forceps primitif inventé par Pierre Chamberlan (1560-1631), puis amélioré par André Levret (1703-1780), en ajoutant aux « mains de fer » un système tracteur permettant d’exercer une force plus importante sur les cuillères tout en maintenant la traction dans l’axe du bassin. Il est fait Docteur honoris causa en 1885, à Edimbourg, pour son « french forceps ».

La première couveuse et l’essor du lait infantile

Les jeunes mères ne furent pas les seules à bénéficier des inlassables recherches de Tarnier. Cet ingénieux investigateur s’intéressa également à l’hypothermie des enfants nés prématurément. L’idée lui était venue lors d’une visite au zoo de Paris, lors de laquelle il découvrit un incubateur pour couver les œufs d’oiseaux exotiques. Après plusieurs essais, il mit au point fin 1881 la première couveuse à la Maternité de Port-Royal. « Ses murs épais en bois étaient remplis de sciure de bois pour l’isolation et la moitié inférieure était occupée par un grand réservoir d’eau chaude. Le compartiment supérieur était assez grand pour accueillir quatre bébés dans des paniers peu profonds, avec une inspection à travers un couvercle à double vitrage », rapporte MS Fraser dans son livre Stéphane Tarnier et l’origine des incubateurs pour bébés prématurés (Société écossaise d’histoire de la médecine, 1994).

Stéphane Tarnier veilla aussi à la nutrition des nouveau-nés, et plus particulièrement à celle des enfants prématurés. La fin des années 1880 connut un véritable essor en matière de nutrition infantile, notamment avec les découvertes de Pasteur, et la stérilisation devint alors la règle.

Un homme apprécié

Il meurt à Paris le 23 novembre 1897, à l’âge de 69 ans, d’une hémorragie digestive. Ses élèves lui vouaient une sincère admiration et une affection profonde. Adolphe Pinard dira de lui qu’ »il était bon, courtois, généreux et désintéressé ». À son tour, Pierre Budin déplorera : « Avec lui disparaît une des plus grandes figures médicales de notre temps ». L’écrivain Frédéric Mistral ajoutera : « Le bâtisseur disparaît, le Temple demeure ».

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