Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Démarrez la journée avec la newsletter d'Aleteia
Je m'abonne gratuitement !

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Les pesticides, responsables de certaines malformations fœtales ?

BABY HAND
Partager

On estime à 28 733 le nombre annuel de nouveau-nés et de fœtus porteurs d’anomalies congénitales entre 2013 et 2015. Selon un rapport de Santé publique France, ce nombre ne cesserait d’augmenter depuis les années 80. Si les malformations congénitales peuvent résulter de nombreux facteurs, 10% auraient une cause environnementale.

Après les scandales de la Depakine et du Bisphénol A, l’affaire dites « des bébés sans bras » fait grand bruit. Il y a déjà plusieurs années, un médecin généraliste a donné l’alerte : on recense un taux anormalement élevé d’enfants nés sans bras dans le département de l’Ain. C’est aussi le cas de deux villages situés dans le Morbihan et en Loire Atlantique. Une situation « anormale » selon le Registre des malformations congénitales de Rhône-Alpes (Remera) qui estime que ces malformations ne sont « probablement pas dues au hasard ». Les mamans de ces enfants ont en commun d’avoir été exposées, dans un même périmètre de 17 km, à un tératogène, une substance utilisée en agriculture ou en médecine vétérinaire pour lutter contre les nuisibles. Mais, pour autant, peut-on établir un lien entre malformation et exposition aux pesticides lors de la grossesse ? Les experts l’estiment probable.

Malformations, les parents en quête d’explications

En France, près de 3,5% des enfants naissent, chaque année, avec une malformation congénitale. Celle-ci correspond à toute anomalie morphologique de la disposition d’un tissu, d’un organe ou d’une région du corps, qui résulte d’un processus anormal du développement au cours de la formation de l’embryon ou du fœtus. Lorsqu’elle est diagnostiquée, inévitablement, les parents se repassent aussitôt le film de la grossesse depuis la conception. Qu’est-ce qui a pu affecter le développement de l’enfant in utero ? Car, c’est durant la période qui suit le 14e jour et qui précède la 8e semaine d’aménorrhée, que l’embryon est le plus sensible au tératogène (agent chimique ou mécanique). Si les études qui ont été menées évaluent à 20% le nombre de malformations génétiques ou chromosomiques, certaines causes sont exogènes et pourraient se dissimuler dans l’environnement de la femme enceinte. L’environnement, disait Albert Einstein, « c’est tout ce qui n’est pas moi ». Sont donc exclues de cette notion les expositions individuelles et volontaires telles que la consommation de tabac, d’alcool ou de médicaments. L’environnement comprend tout ce qui relève de nos milieux de vie, naturels, domestiques ou professionnels. À l’heure actuelle, on estime que les causes environnementales seraient responsables de près de 10% des malformations recensées.

L’impact des pesticides sur le développement fœtal

Au cours de ces dernières années, de nombreux facteurs environnementaux (perturbateurs endocriniens, solvants, pollution atmosphérique) ont été étudiés pour leurs effets néfastes sur l’issue de la grossesse. S’il n’est pas encore possible de conclure à un lien certain entre une exposition aux pesticides et l’apparition d’une malformation congénitale, le risque n’en demeure pas moins important. Par nature, les pesticides agissent sur les organismes vivants, jugés nuisibles (herbicides, fongicides, insecticides et acaricides). On les retrouve dans l’air, l’eau, le sol et, par conséquent, dans les denrées alimentaires et les fluides biologiques humains. Progressivement, les scientifiques ont établi des rapprochements entre l’exposition aux pesticides et les malformations du fœtus. Selon une expertise de l’Inserm, publiée en France en 2013 et une récente étude cas-témoins, réalisée en Caroline du Nord on assiste à une augmentation du risque de malformations chez les enfants des femmes vivant près d’une zone agricole utilisant des pesticides. Mais ces risques ne concernent pas seulement les femmes enceintes résidant en zone agricole. Ils semblent concerner plus globalement toute exposition de la femme enceinte à ces substances chimiques. C’est ce lien de causalité que cherchent à démontrer les parents de Théo Grataloup, 11 ans, exposé in utero au glyphosate et né avec de graves malformations de l’œsophage et du larynx. La maman de Théo qui a désherbé une carrière au glyphosate alors qu’elle était enceinte de quelques semaines et l’ignorait, poursuit aujourd’hui les fabricants de ces pesticides, dont le tristement célèbre Monsanto. Elle estime « avoir le devoir moral d’agir » afin d' »éviter que cela n’arrive à d’autres ».

Des précautions pour la femme enceinte

Comment protéger mon enfant lorsque l’exposition aux pesticides est omniprésente dans notre environnement ? D’abord, rappelons que sur les 3,5% des enfants qui naissent porteurs d’une malformation congénitale, seul 10% d’entre eux présentent une anomalie d’origine environnementale. Évidemment il est recommandé de ne pas en utiliser soi-même et de ne pas inhaler ces substances toxiques. De petits gestes au quotidien peuvent prévenir une exposition plus subtile aux pesticides. Pour Clémence Pouclet, éco-conseillère et spécialiste de la vulnérabilité du fœtus et du jeune enfant face aux polluants du quotidien, interrogée par Aleteia, « il est important d’éviter au maximum l’exposition aux pesticides pendant la grossesse. On peut par exemple : privilégier les fruits et légumes non traités, et consommer prioritairement en bio ceux dans lesquels on retrouve le plus de résidus de pesticides (raisin, pommes, mandarines, poivrons, pommes de terre) ; éviter de consommer des crevettes d’origine asiatique et privilégier celles en provenance de Madagascar ; bannir les herbicides ou d’insecticides de synthèse et privilégier les solutions naturelles. Enfin, si la femme enceinte habite près de champs en cultures conventionnels elle doit éviter d’ouvrir les fenêtres en journée lorsque les traitements sont pulvérisés ». On peut donc s’efforcer de réduire les risques de malformation. Mais, lorsque l’inévitable survient, quelle que soit l’origine de l’anomalie, au-delà de sa compréhension, nous pouvons l’accueillir telle qu’elle se présente. La vie, sous une forme peut être imparfaite à nos yeux, n’en est pas moins précieuse.

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]