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Joseph-Marie Dassonville, semeur d’espérance

FATHER DASSONVILLE

Compagnie de Jésus

Père Joseph-Marie Dassonville.

Agnès Pinard Legry - Publié le 12/11/18

Au service de la France et des âmes de ses soldats, les aumôniers militaires offrent à ces derniers « une présence de gratuité, un soutien hors hiérarchie, au-delà de toute finalité opérationnelle ». À l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, Aleteia a choisi de vous montrer quelques-uns de leurs visages. Découvrez aujourd’hui le père Joseph-Marie Dassonville.

« C’est le devoir militaire, et c’est le devoir chrétien : espérer pour être fort, pour être patient ». Ces mots sont ceux du père Joseph-Marie Dassonville, aumônier militaire au 124e Régiment d’Infanterie durant la Première Guerre mondiale. C’est à sa demande, dès mi-septembre 1914, que ce prêtre, né à Tourcoing et professeur en Belgique, rejoint ce régiment.




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Au côté des hommes qui le composent, il participe aux actions de Roye, Andechy et Perthes. En 1916 on le retrouve à Verdun, Douaumont et Vaux. Un an plus tard, en octobre 1917, ce sera l’opération de Mont-Blond puis, en juillet 1918, il prend part à la Grande Offensive. Grièvement blessé à Orfeuil le 5 octobre 1918, ses décorations et citations donnent à comprendre l’aumônier militaire qu’il était.

verdun wwi
Vasse Nicolas Antoine I CC BY 2.0

Verdun, "la mère des batailles".


FATHER PAUL DONCOEUR

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« Aumônier du régiment, superbe de bravoure et de dévouement. Pendant la journée du 22 mai 1916, a prodigué sous le feu le plus violent ses encouragements aux blessés et élevé le moral des combattants par son magnifique exemple et son complet mépris du danger », est-il ainsi relevé le 16 juin 1916. Deux ans plus tard, en septembre 1918, il est à nouveau cité en ces termes : « Aumônier du 124°R.I. qui, depuis le début de la préparation de l’attaque, a porté aux unités en ligne le réconfort de sa présence. Depuis le 15 juillet 1918 n’a pas quitté un seul instant les lignes, malgré les violents bombardements auxquels elles étaient soumises ».

Deux jours après la signature de l’armistice, le 13 novembre 1918, il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur. « Au front depuis le début de la campagne, a toujours fait preuve, dans les plus graves circonstances, des plus hautes qualités de dévouement, de calme et de bravoure. Méprisant le danger, s’est toujours prodigué auprès des blessés sur les champs de bataille », peut-on lire au Journal officiel. « À fait, depuis quatre ans, l’admiration du régiment par son courage et sa charité inépuisables, à Andechy, Perthes, Baconnes, Verdun, au Casque et au Téton, puis à l’offensive du 15 juillet 1918. A été blessé grièvement en Champagne, le 5 oct. 1918, au cours du combat d’Orfeuil. Trois citations. »




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Le père Joseph-Marie Dassonville a continuellement cherché à former les soldats chrétiens en participant, par exemple, à la revue Études mais aussi au bulletin bimensuel rédigé uniquement pour les soldats intitulé Frères d’Armes dans la foi pour la Patrie. Soutien spirituel et moral des soldats, il n’a cessé de semer des graines d’espérance. En témoigne ce texte qu’il a lui-même rédigé à leur intention :

La religion te dit : « Crois », et elle te propose le dogme ; elle dit : « Aime », et te montre le crucifix ; elle ajoute : « Espère », et elle te fait une promesse au nom de Dieu : le ciel, la grâce à de certaines conditions, la prière, les sacrements. Espérer, c’est tout le secret de « Tenir ». Tu ne tiendrais pas, dans la guerre, ni dans la vie, si tu n’espérais pas. C’est impossible. Rappelle-toi ce mot divin : « celui qui tiendra jusqu’au bout sera couronné. » Espère, pour tenir ainsi, pour être couronné. Celui qui espère sait attendre l’heure de la victoire, l’heure d’entrer au ciel. Il est sûr qu’elle sonnera. Il est patient, il a une raison supérieure de « supporter », car c’est ça la patience. Cette si précieuse espérance, elle est partout dans la religion. N’as-tu pas lu sur la croix des tombes aimées : « O Crux avec, Spes. – Salut, Croix, unique espoir. » Ne chantes-tu pas à Marie : «Spes nostra, Salve. – Salut, mon espérance» ; et après Job : « Post tenebras spero lucem. – Après les ténèbres de cette vie, j’espère les joies de l’autre. » Ce doit être le résumé de ton espérance : son fondement, la Croix de Jésus et l’amour de Marie ; son objet, le Ciel. Tu dis ces paroles, les as-tu dans le cœur ? As-tu assez de foi et d’espérance pour faire confiance à Dieu, pour t’en remettre à Lui, pour ne pas douter de la victoire et de ta destinée de bonheur éternel. Tu te lasses, tu te décourages : prends-y garde, c’est l’espérance qui baisse. Tu es triste, abattu : n’est-ce pas que ton espérance sommeille ? Réveille-toi. Dieu est tout près, avec la couronne, avec les palmes, mais tu n’y prends pas garde. Tu ressembles aux disciples d’Emmaüs. Ils avaient espéré le Vendredi Saint et le Samedi. Au soir de Pâques, ils n’espèrent plus ; c’est fini. « Nous espérions ! » disent-ils, lassés. Et c’est à Jésus ressuscité, à Jésus leur compagnon de route, qu’ils font cet aveu. Il est avec eux, et ils désespèrent de le revoir. Il est avec toi, à l’église du cantonnement, sur la poitrine de ton aumônier, dans ton cœur. C’est lui qui apporte la paix, celle du cœur, l’autre aussi. Il veut seulement qu’on la mérite, qu’on la demande. Comment demanderais-tu, comment mériterais-tu si tu doutais, si tu n’espérais pas ? Comment serais-tu fort sans espérance ? Dans la foi et la charité, dans la sécurité et la constance, patiente et prie. C’est ça « espérer »


Charles Péguy

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