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La crise écologique au crible des Écritures

POLLUTION
By Artic_photo | Shutterstock
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La crise écologique est fondamentalement une crise du sens. Un colloque œcuménique à l’occasion du centenaire de l’Alliance biblique française s’interroge sur la responsabilité particulière des chrétiens vis-à-vis de la Création, qui dépasse la seule éthique de la conservation.

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L’homme a-t-il toujours été en conflit spirituel et matériel sur la terre ? Déjà le prophète Jérémie déclarait : « Les bêtes et les oiseaux ont disparu à cause de la malice de ses habitants » (Jr 12, 4). Environ 2.600 ans plus tard, en 1962, la grande biologiste américaine Rachel Carson publiait un livre célèbre : Printemps silencieux. Dans cet ouvrage véritablement prophétique, elle s’inquiétait des effets dévastateurs des produits chimiques sur la biodiversité : avec l’empoisonnement et la mort des insectes et des plantes, on n’entendrait plus les chants des oiseaux : à l’avenir, les printemps seraient silencieux.

Il est désormais avéré que la Terre est entrée dans sa sixième extinction de masse. Les disparitions d’espèces ont été multipliées par cent depuis un siècle, soit un rythme sans équivalent depuis l’extinction des dinosaures il y a 66 millions d’années. Et voici que l’emballement du réchauffement climatique est en passe de devenir hors de contrôle, sans oublier la raréfaction des ressources en eau, les multiples pollutions, morbides et mortelles etc.

Une crise de sens

Défi de civilisation, défis économique et technologique, la crise écologique est fondamentalement une crise de sens ; le mot « crise » vient du grec krisis qui signifie : jugement ; les mots ne sont pas neutres ! Crise de sens, jugement sur le devenir de notre humanité, sur nos comportements, nos chimères, nos dérives dans la spirale technique dénoncée par Jacques Ellul, sans oublier les dérives financières.

OIL
Wilfredo Rodríguez-CC

Les Écritures, premier et nouveau Testaments, nous éclairent et nous interpellent, non pas pour y trouver une réponse toute faite (que l’on ne trouverait d’ailleurs pas et anéantirait la liberté et la responsabilité de l’homme), mais pour passer au crible de tout ce qui fait sens dans la Bible, les interrogations, les peurs, les cris et les souffrances de cette création défigurée par l’homme. Passer au crible des Écritures, c’est-à-dire sans concession, avec précision, persévérance, notre responsabilité de gérants de la création, d’enfants du Père, de serviteurs inutiles. Gérants créatifs, peut-être co-créateurs car « vicaires de la Providence », selon Calvin. Selon les mots de Jean Bastaire, « apporter une voix chrétienne aux écologistes et une voix écologiste parmi les chrétiens ».

Conversion intérieure

Le pasteur et théologien Wilfred Monod, fondateur du « christianisme social », prêchait un « Évangile intégral », c’est-à-dire un christianisme à la foi spirituel et social : annonce de l’Évangile, prière et engagement dans la cité. Un Évangile du Royaume, pas seulement de « l’ailleurs », mais aussi du « plus tard » que nous devons préparer. Cet « Évangile intégral » est affirmé dans cette exhortation du pape François à une « écologie intégrale » dans son encyclique Laudato si’ ; une « écologie » qui fait appel à une conversion intérieure profonde. Le sociologue suisse Michel-Maxime Egger, de sensibilité orthodoxe, plaide pour une « écospiritualité » qui met en résonnance la transformation du monde et la transformation de soi : une démarche de conversion intérieure.

Le livre de la Genèse nous dit que, lorsqu’il eut terminé son œuvre créatrice, Dieu vit que tout cela « était très bon ». Le jardin d’Éden, ce n’est pas seulement un jardin vierge, sans pollution ni destruction ; c’est d’abord le don total de Dieu, le théâtre de l’alliance de Dieu avec l’homme, là où commence le temps de Dieu, selon son plan pour la création, terre, humains, cosmos. C’est le théâtre où se déploie « l’amour fou de Dieu pour sa création » (selon le titre du livre de Jean-Paul Gabus). Amour fou qu’il nous revient d’accueillir avec reconnaissance, dans l’espérance de la foi et en toute responsabilité.

Une défiguration également spirituelle

Ainsi, notre responsabilité de chrétiens vis-à-vis de la Création, dépasse infiniment l’éthique de la conservation, de la bonne gestion, de la transmission à nos enfants d’une planète non dégradée, aussi respectable et indispensable que soit cette éthique. Car la défiguration de la création de Dieu est aussi une défiguration spirituelle.

C’est pourquoi, l’interrogation de la Bible et la réflexion théologique doivent sans relâche s’actualiser, afin de fournir des repères et tracer des chemins de vie, face aux défis écologiques, technologiques, économiques, sociétaux et, en fin de compte, spirituels. Il est réjouissant de constater une convergence œcuménique avec l’émergence de nouvelles impulsions, recherches et interpellations théologiques dans les différentes confessions chrétiennes. Interpellations qui, loin d’être de pures spéculations et à rebours du nombrilisme théologique ou ecclésial, exhortent à une action efficace et prudentielle, sans relâche et dans l’espérance d’une création nouvelle, toujours à venir.

A l’occasion du bicentenaire de l’Alliance biblique française, un colloque œcuménique se tiendra à Paris le 17 novembre 2018 sur le thème : « Terre en péril, terre en partage : à Bible ouverte ». Des personnalités de divers horizons, ecclésiaux, théologiques et disciplinaires interviendront à cette occasion. Informations et inscriptions

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