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L’unisexe est-il en passe de s’inviter dans la mode enfantine ?

CHILDREN PANTS
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La Grande-Bretagne se fait pionnière dans la mode enfantine en lançant des collections unisexes : exit paillettes, dentelles, et coupes féminines, bonjour couleurs neutres, motifs animaliers et formes sacs-à-patates ! Un même vêtement se doit désormais d’être porté par une fille ou par un garçon. Réflexions sur ce phénomène anglo-saxon.

Jusqu’à présent réservée à l’univers adulte, la mode unisexe, appelée aussi no gender ou genderneutral, fait désormais son apparition dans les boutiques de vêtements pour enfants. Depuis quelques mois, de populaires marques britanniques comme John Lewis, Belstaff ou encore River Island habillent leurs mannequins de sweat-shirts à motifs animaliers ou géométriques, et de pantalons de couleur neutre, destinés aussi bien aux filles qu’aux garçons. Si la mode unisexe enfant ne semble pas encore séduire les couturiers français, on peut néanmoins s’interroger sur cette tendance.

Outil marketing ou simplification de la production ?

D’où provient cette volonté d’uniformiser l’offre textile ? Simple coup de pub pour faire parler de la marque ? Ou gain financier grâce à des lignes de production réduites à une seule collection ? En France, l’enseigne Carrément Beau a lancé une ligne unisexe, constituée notamment de marinières. Mais cette gamme, identifiable en magasin par un logo particulier, reste marginale. Il s’agit avant tout d’un « axe de communication », selon la responsable de la marque. Elodie Prato-Vidic, formée à L’École supérieure des arts et techniques de la mode (Esmod), estime quant à elle que « la mode unisexe enfant a pour but de simplifier la mode. Elle facilite la tâche des stylistes et des modélistes, qui n’ont qu’une seule catégorie de vêtements à créer au lieu de deux ».

Cependant, cette tendance à l’uniformisation irait à l’encontre de la construction de l’identité sexuée de l’enfant. La sociologue Martine Court souligne dans son livre Sociologie des enfants (La Découverte) que les jeunes années sont l’époque au cours de laquelle « la différenciation des vêtements masculins et féminins joue un rôle important dans la construction des identités sexuées. » En gommant les éléments qui distinguent un vêtement fille d’un vêtement garçon, tels que la coupe, la couleur, les strass ou les dentelles, on fragiliserait la construction de l’identité sexuée d’une petite fille ou d’un jeune garçon.

Vers une mode « sac »

Contrainte inhérente au vêtement unisexe : il doit aller aux filles et aux garçons ! Pourtant, fait remarquer Béatrice Pelleau, initiatrice en France des sessions Cœur de Femme, la forme des corps diffère très tôt. « Les coupes garçons n’ont rien à voir avec les coupes filles ! On se heurte ici à une réalité biologique, morphologique ! Résultat, on va arriver à une mode « sac » ou « survêtement », où le corps, masqué par des vêtements trop larges, trop amples, est nié. C’est une forme de désincarnation. Et une dévalorisation du féminin », déplore-t-elle.

Pourtant, mettre en valeur le corps de la femme est un souci vieux comme le monde. « On voit dans les musées tout le travail et le soin apportés aux costumes féminins au fil des siècles. C’est bien que cela doit correspondre à quelque chose de profond ! Nier tout cela, cette recherche de féminité, d’élégance, c’est triste ! »

Une application de la théorie du genre ?

La chaîne néerlandaise Hema va encore plus loin que la confection d’une gamme unisexe. L’enseigne, qui possède des magasins dans toutes les grandes villes françaises, rassemble désormais tous les vêtements destinés aux enfants sous une seule et même étiquette. Il n’est plus fait mention de « fille » ou de « garçon » mais d’« enfant ». « Depuis un an, nous généralisons progressivement cette organisation à tous nos emplacements, explique le directeur commercial, Trevor Perren. Nous n’assignons plus autoritairement un motif princesse à une fille et un pull gris à un garçon. Ce qui ne veut pas dire que les pièces sont neutres, c’est simplement que les clients ont une liberté de choix. » Ne faut-il pas y voir une application de la théorie du genre, selon laquelle le sexe et le genre ne sont pas nécessairement liés ? Théorie qui invite à « choisir » son genre, à défaut de choisir son sexe, et qui induit donc la possibilité, pour une fille, de s’habiller en garçon, et pour un garçon, de s’habiller en fille. Lorsque la mode se mêle de débats sociétaux, il y a de quoi s’emmêler les pinceaux!

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