Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Jeudi 26 novembre |
Saint Innocent d'Irkoutsk
home iconBelles Histoires
line break icon

Louis Lenoir, « le moissonneur des âmes »

Domaine Public

Agnès Pinard Legry - Publié le 09/11/18

Au service de la France et des âmes de ses soldats, les aumôniers militaires offrent à ces derniers « une présence de gratuité, un soutien hors hiérarchie, au-delà de toute finalité opérationnelle ». À l’occasion du centenaire de la Première Guerre mondiale, Aleteia a choisi de vous montrer quelques-uns de leurs visages. Découvrez aujourd’hui le père Louis Lenoir.

« Aumônier militaire durant la Grande Guerre dont la vie croisa les chemins de l’héroïsme et de la sainteté », résume le diocèse aux Armées. Parce qu’il a exercé son ministère où la foi était combattue (lois anticongrégationistes…), le père Louis Lenoir a témoigné d’une foi combattante. Jusqu’à son dernier souffle, le 9 mai 1917, où il tombe au champ d’honneur fauché par la mitraille en allant secourir un camarade, il n’a eu de cesse de rappeler à ses ouailles « la grandeur de la foi et les invite à défier, par leur comportement, les horreurs de la guerre, à être grand quand tout semble écroulé, il les appelle à vivre ‘en haut’ », a écrit le père Benoit Jullien de Pommerol, recteur du Val de Grâce.


CHARLES RUCH

Lire aussi :
Mgr Charles Ruch, l’évêque de tous les combats

Né le 14 février 1879 à Vendôme (Loir-et-Cher), Louis Lenoir a suivi de brillantes études au collège des jésuites de Tours. Mais à 18 ans il choisit de quitter l’année préparatoire à Polytechnique pour entrer au noviciat des jésuites à Laval. Sa formation se poursuit au Liban, en Belgique, en Angleterre, puis, à 32 ans, il est ordonné prêtre le 24 août 1911. Lorsque la guerre éclate, il est professeur à Marneffe, en Belgique, exilé par les lois anticongrégationistes de la République. Répondant à l’appel aux armes, il rentre en France pour s’engager comme aumônier militaire « afin de mettre Jésus-Christ dans la vie et l’âme de ceux qui allaient se battre ».

Au plus près des combattants sur tous les champs de bataille

Souhaitant être au plus près des combattants, il est affecté auprès de la 2e division d’infanterie coloniale. Durant plus de trente mois, il ne cessera d’accompagner sa division sur tous les champs de bataille : en Champagne, dans la Somme et à Salonique. Inlassablement, il n’hésite pas à monter en première ligne ni à multiplier les kilomètres pour venir en aide aux blessés et orienter les âmes de chacun vers « le Bon Dieu », comme il aimait l’appeler. Son message était d’autant mieux accepté par tous qu’il se montrait à la hauteur de ce qu’il exigeait. Un soldat aurait dit du père Louis Lenoir, pour le décrire à sa famille : « Notre aumônier a le diable au corps pour faire aimer le bon dieu ! ».




Lire aussi :
Daniel Brottier, l’aumônier « verni » de la Grande Guerre

En novembre 1916, le Père Lenoir rejoint le front d’Orient, puis en 1917, les coloniaux montent en ligne à l’est de Monastir et s’installent face aux positions bulgares, dominées par le Piton Jaune (1.055 mètres d’altitude). Le 9 mai 1917, alors qu’il s’en va porter secours à des blessés tombés près des lignes ennemis, l’abbé Lenoir prend le risque de se mettre à découvert et se fait faucher par la mitraille bulgare. Sur sa dépouille, deux lettres sont retrouvées. Dans la première, adressée à ses parents, il écrit : « si cette lettre vous parvient, c’est que notre Divin Maître vous aura fait un très grand honneur : après avoir donné à votre fils les grâces de la vocation religieuse et du sacerdoce, Il lui aura donné de mourir en servant à la fois Dieu et la France ». La deuxième lettre est adressée aux hommes de son régiment. « De tout mon cœur de Français, je leur demande de continuer à faire vaillamment leur devoir, à maintenir les traditions d’héroïsme du régiment, à lutter et à souffrir tant qu’il faudra, sans faiblir, pour la délivrance du pays, avec une foi inconfusible dans les destinées de la France », écrit-il.


FRENCH SOLDIERS

Lire aussi :
Une prière pour les soldats morts pour la France

Mort pour au service de la France et de l’Eglise, l’abbé Lenoir a laissé derrière lui un Livre de prières du soldat catholique. « Vous êtes fiers d’être soldats, soldats de la France, soldats de tel régiment dont le drapeau évoque tant de gloire ; soyez plus fiers encore d’être catholiques, c’est-à-dire soldats de Jésus-Christ et de l’Eglise sous le drapeau de la Croix qui rallie tous les élus », y vaffirme-t-il. « Soyez fiers d’aller à l’Église, de prier Dieu, de vous approcher de Lui dans la communion ».

Pour en savoir plus :

Les Aumôniers militaires, par Grégoire Mabille, Yvon Bertorello (textes) et Alban Guillemois (illustrations), éditions Mame, octobre 2018.

Mame
Tags:
grande guerremilitairesoldat
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Timothée Dhellemmes
"Ridicule", "pathétique", "humiliante"... la ...
Timothée Dhellemmes
Les messes publiques reprendront samedi... ma...
Timothée Dhellemmes
Les évêques fustigent une décision "irréalist...
La rédaction d'Aleteia
Voici la prière des JMJ de Lisbonne 2023
Mathilde de Robien
« S’il te plaît Marie » : une grande suppliqu...
christ en majesté
Fr. Jean-Thomas de Beauregard, op
Le Christ-Roi, ou comment servir un roi qui s...
WEB2-EVACUATION-CAMP-MIGRANT-AFP-080_HL_NCOISSAC_1277288.jpg
Mgr Benoist de Sinety
Si toutes les vies se valent…
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement