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Foch, la victoire de l’unité

FOCH TOUCHET
Domaine Public
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L’homme qui recueillit la capitulation allemande, le 11 novembre 1918, était un officier chrétien. Artisan de la victoire militaire, il ne fut pas écouté par les négociateurs de la paix politique… pour le malheur de l’Europe, vingt ans plus tard.

Se souvenir d’une guerre consiste avant tout à honorer ceux qui l’ont faite. Tout Français, à l’approche du 11 novembre 2018, devrait ranimer en lui la mémoire du principal artisan de la victoire, le maréchal Foch. Les catholiques, eux, se souviennent qu’il fut un officier chrétien en des temps difficiles, quand la pratique religieuse était suspecte. Durant la guerre, il assistait à la messe tous les matins.

Une jeunesse française

Se pencher sur la figure de Ferdinand Foch, c’est en quelque sorte analyser l’esprit qui nous conduisit à préparer cette guerre et à la mener. Étudier cette vie, c’est aussi mieux comprendre l’esprit d’officiers, de sous-officiers et de soldats qui, maintenant, nous semble bien lointain. Ainsi, rappelons-le nous : Ferdinand Foch est né sous le Second Empire, en 1851, fils de fonctionnaire des impôts et petit-fils d’officier des guerres du Premier Empire. Le souvenir napoléonien peupla l’enfance de Ferdinand, tandis que le service de l’État était le quotidien de sa famille. L’histoire, d’ailleurs, et plus particulièrement l’histoire française et militaire, n’était-elle pas la matière reine de ce jeune homme dont les qualités en mathématiques faisaient penser dès le collège à un avenir de polytechnicien ? C’est à Metz, alors qu’il préparait justement le concours, que vint le surprendre la guerre de 1870. Engagé volontaire dans un régiment d’infanterie, dès les premières défaites, il n’eut pas le temps de se battre. Revenu dans sa ville d’études, la paix signée, quelle ne fut pas sa douleur ! Un régiment de Poméraniens occupait le collège où lui et ses condisciples préparaient Polytechnique. Metz, ils le savaient, serait bientôt allemande. Tout l’être de Ferdinand Foch, on l’aura compris, tressaillait d’indignation et du désir de libérer un jour les terres perdues.

Reçu à l’X, il arrivait dans Paris y poursuivre ses études. Hélas ! il passait d’une désolation à l’autre ! Après la Lorraine occupée par les Prussiens, c’était Paris aux ruines encore fumantes du siège et de la Commune. Partout, la guerre et l’émeute avaient laissé leurs stigmates. Forgé par les exemples historiques, Foch méditait, non pas sur les causes de la défaite, mais sur les moyens du redressement.

Une carrière brillante d’officier

La carrière entamée à partir de 1873, comme officier d’artillerie, fut celle, linéaire, d’un très brillant officier. Nommé dans plusieurs garnisons du Sud, de l’Ouest et de l’Est, il imprima partout sa marque d’artilleur méticuleux, apprécié de ses hommes. Vite remarqué par ses chefs, il exerça plusieurs fonctions d’état-major, puis d’enseignant à l’École de guerre, avant d’en prendre la direction au plus fort des persécutions anticléricales, en 1907. L’affaire des fiches avait éclaté, suivie par la loi de séparation et la crise des inventaires. L’armée était divisée, et Foch, connu pour être un catholique pratiquant, frère de jésuite, risquait bien de voir sa carrière s’arrêter. Bénéficiant de la protection de ses supérieurs qui le considéraient comme un des plus brillants tacticiens de sa génération, il rencontra Georges Clemenceau, alors président du Conseil. Les deux hommes, que tout désignait à devenir ennemis, s’estimèrent mutuellement. Une affection naquit qui devait durer jusqu’au soir de leurs existences, troublée seulement par la déception de Clemenceau de ne pas être approuvé, et même critiqué, par Foch au moment du traité de Versailles, en 1919.

Devenu directeur de l’École, Foch y développa son goût pour les études historiques, mais aussi toute sa réflexion sur la stratégie. Il regrettait, en effet, que les jeunes officiers méditassent la tactique autour du bataillon, du régiment, de la division ou du corps d’armée, mais méconnussent la réflexion stratégique d’ensemble à l’échelle générale des armées.

Tout comme Joffre, à la veille de la Première Guerre mondiale, tentait de combler les lacunes militaires organisationnelles, Foch, à son poste de directeur, essayait d’en combler les manques conceptuels. Nommé par la suite général commandant le XXe corps d’armée, il se trouvait, à Nancy, face à l’ennemi. C’est là que le rencontra la guerre en août 1914. Les années de combat furent bien sûr des années d’épreuve. Mais le général Foch, militaire dans tout son être, absent aux querelles politiques et tout entier consacré à la France, se trouvait ici plongé dans la bataille qu’il avait attendue depuis plus de quarante ans.

Le temps de l’épreuve

Acteur majeur de la victoire de la Marne, à la tête du IXe corps d’armée, il commanda ensuite le groupe d’armées du Nord, combattant sur l’Yser, dans l’Artois et sur la Somme. En 1917, le pays vacillant sous les coups de la dissolution de l’Union sacrée, le pouvoir gouvernemental offrit des têtes pour calmer l’opinion politique. Les généraux ayant commandé en chef depuis 1914 furent les premiers offerts sur l’autel de l’apaisement. Joffre, qui avait mené tous les combats, dut remettre son commandement. Dans son sillage, Foch tombait aussi. Mais le nouveau général en chef des armées françaises, Nivelle, le vainqueur décisif de Verdun, conserva Foch près de lui, malgré la disgrâce, lui confiant des missions de conception stratégique.

Ce temps de réserve ne fut pas tout à fait inutile. Nivelle remercié et remplacé par le général Pétain, Foch fut sorti de l’ombre éphémère et nommé au commandement de l’état-major général des armées. De ce nouveau poste il allait côtoyer au plus près le pouvoir politique et tenter d’influer en faveur de l’acte, pour lui essentiel, en faveur de la victoire, l’unification du commandement des armées alliées. En mars 1918, les Allemands lançant leur grande offensive qui devait menacer de nouveau Paris, les gouvernements alliés pris de cours accédèrent enfin aux demandes de Foch. Un état-major général interallié était créé. Naturellement, Foch en reçut le commandement. De ce poste il initia les actions décisives qui rendirent possible la grande contre-offensive de l’été 1918, libérant le territoire français et plaçant les alliés aux portes de l’Allemagne.

Artisan de la victoire, c’est entre ses mains que les Allemands remirent l’acte d’armistice, le 11 novembre 1918.

Serviteur loyal de l’État

Foch considérait, cependant, que sa mission ne s’arrêtait pas ici. Les négociations de paix ayant commencé, celui qui venait d’être fait maréchal de France pesa en faveur d’une paix retirant à l’Allemagne toute capacité offensive dans l’avenir. Les provinces allemandes de la rive gauche du Rhin devaient recevoir leur indépendance, ainsi que trois villes sur le fleuve. L’Allemagne, réduite, devait aussi perdre son armée de conscription. Foch ne fut que très partiellement écouté, on s’en doute, et la suite est connue de tous. Mais fidèle à sa ligne de conduite, il conserva ses récriminations pour lui et fit primer la loyauté envers l’armée et l’État, quoi qu’il lui en ait coûté d’ailleurs.

Exerçant encore de hauts commandements au conseil supérieur de la guerre, il se retira progressivement de la vie publique active, continuant cependant de représenter la France dans des voyages diplomatiques, et de la servir par ses livres. Il mourut en mars 1929, bénéficiant, un des derniers parmi les grands chefs militaires de la nation, de funérailles nationales et de l’inhumation aux Invalides, auprès du tombeau de Napoléon, environné des drapeaux pris à l’ennemi, voisinant avec les plus grandes gloires de la France.

En tous points, l’existence de Foch est à méditer. Elle est celle d’une intelligence supérieure, rigoureuse, mathématique pourrait-on dire, irriguée par une profonde humanité et mue par le désir de servir.

Que lire sur Foch ? Weygand

De nombreuses biographies, et fort complètes, existent, sur Foch. Nous en retenons une, aujourd’hui non rééditée, mais que l’on trouve toujours d’occasion chez des libraires bibliophiles, celle publiée chez Flammarion, en 1948, par le général Maxime Weygand. Pourquoi celle de Weygand et pas celle de tel ou tel historien de renom ? Quatre raisons nous poussent à ce choix :

La première, le général Weygand fut le chef d’état-major de Foch durant toute la Première Guerre mondiale et, de ce fait, ayant côtoyé le grand homme au plus près pendant quatre ans, ayant participé au plus près à toutes ses prises de décision, il livre à son lecteur des renseignements extrêmement précieux et une compréhension d’autant plus exacte des événements qu’il a contribué à les réaliser.

Seconde raison, le général Weygand étant militaire lui-même, et ayant exercé les fonctions de chef d’état-major des armées, entre autres postes à la fois stratégiques et politiques, sa perception des actions de Foch, tout au long de sa carrière, n’en est que plus précise, plus fine et plus intime.

Troisième raison, le général Weygand ayant vécu directement les événements est mu par un certain détachement qui est la marque des grands esprits qui savent de quoi ils parlent et ne s’embarrassent pas de vaines passions, d’inutiles accusations, qui sont souvent la marque de ceux qui, n’ayant pas pris part aux événements et manquant de connaissances des hommes et des faits, s’érigent avec d’autant plus de facilité en censeurs. De fait, la biographie de Foch par Weygand est sans parti-pris, si ce n’est une légitime admiration pour son sujet. Il n’y a pas une seule marque de haine, de regret ou d’amertume sous la plume de l’auteur, alors que ses engagements politiques et religieux auraient pu le laisser craindre. Mais Weygand était d’une grande intelligence. Ce dernier point a son importance. Maxime Weygand, membre de l’Académie française, écrit avec une aisance délicieuse et… qu’il est agréable de lire la vie d’un grand homme contée par un de ses semblables !

Non seulement Foch est un personnage à redécouvrir pour se remémorer la Première Guerre mondiale à l’issue des célébrations du centenaire, mais c’est aussi une figure à méditer en exemple pour nos vies.

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