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Visitez le « musée du paradis », vous en ressortirez transformés

MUSEUM ART

Oleg GawriloFF I Shutterstock

ALain Noël - Publié le 04/11/18

Un jour que je me trouvais en méditation je fus comme transporté au ciel. Quelle ne fut pas ma surprise d’y découvrir la présence d’un musée. Suivez le guide.

J’ai eu la chance d’arriver au ciel un jour calme de peu d’affluence, un jour ordinaire du temps ordinaire. Saint Pierre était à l’accueil et il me proposa une petite visite guidée du paradis. On ne peut pas refuser une telle offre. Au paradis tout est beau, voire même magnifique. Tout est rempli de vie. La moindre fleur est source d’extase. Le chant de oiseaux est symphonique. Je passe les détails car ça pourrait durer une éternité, mais vous pouvez facilement imaginer.

Mon attention fut attirée par la présence d’un très grand bâtiment qui, bien que recouvert de pierres précieuses, semblait détonner un peu. Je demandais à saint Pierre à quoi servait cet édifice. Sa réponse me surprit :

— C’est « Le » musée. — Un musée au paradis ?

Il me proposa de le visiter, ce que j’acceptai avec empressement. Enfin, autant qu’on puisse être empressé au ciel.


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Les mains de tante Agathe

Entrés dans un hall qui ferait passer la Galerie des glaces du château de Versailles pour une arrière-cuisine de bidonville, nous pénétrons dans une première salle avec de nombreuses vitrines : « la salle des mains « . Je jette un coup d’œil étonné quand, tout à coup, à ma grande surprise, je vois dans une vitrine les mains de tante Agathe. Ce sont bien ses mains, ses longues mains de pianiste. Je les reconnaîtrais entre mille. De plus, elles portent les bagues qui me fascinaient étant enfant.

– Mais ce sont les mains de tante Agathe ! m’écriais-je. Saint Pierre me confirme que ce sont bien les siennes. – Mais, mais m… que font-elles là  ? – Elles les a données au Seigneur. De fait, je me souviens que tante Agathe disait toujours : « J’ai mis mes mains et mon talent au service du Seigneur. » – Mais elle, où est-elle  ? – On aimerait bien le savoir me dit saint Pierre d’un air peiné… nous stockons ici tout ce que les gens ont donné au Seigneur. – Mais ces personnes, où sont-elles  ? – On ne le sait pas…

En ressortant dans le hall, je vis écrit : « Salle des cœurs ». J’entrai et là, rebelote, dans une vitrine le cœur de l’oncle Archibald, ténor de métier. Il aimait chanter : « Je te donne mon cœur, il ne m’appartient plus… ». Je ne posais même pas la question à saint Pierre tant la réponse allait de soi. Je fis encore d’autres découvertes, mais l’histoire serait trop longue.


MUSEUM

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Ceux qui ont donné du temps ou de la confiance à Dieu

En sortant sur le parvis sud, je vis un énorme monument, semblable à un monument aux morts, mais là, c’était un monument aux vivants. Je m’approchai et vis un grand nombre de noms gravés dans le marbre.

– C’est quoi ce monument, demandai-je à saint Pierre ? – Ce sont les noms de tous ceux qui ont donné leur confiance au Seigneur. – Mais eux, où sont-ils  ? – Personne le sait… seule leur confiance est parvenue jusqu’ici.

De retour vers l’entrée, je vis une sculpture magnifique digne des plus grands artistes : « le Sablier d’or » qui laissait échapper des grains d’or par milliers. Les grains s’écoulaient du haut vers le bas dans un étincellement à couper le souffle et, merveille, chaque grain d’or était gravé au nom d’une personne.

– C’est le nom de tous ceux qui ont donné du temps au Seigneur, ce temps aussi précieux que l’or, me dit saint Pierre. – Mais eux, où sont-ils  ? – Si on le savait  ! Ils n’ont donné que leur temps au Seigneur.

Tout donner

Avant de partir, je vis au loin une immense foule joyeuse, la foule joyeuse de ceux qui se sont donnés totalement au Seigneur. Revenu sur terre, je me suis juré de me donner tout entier au Seigneur, et depuis ce jour, je récite la consécration à la Vierge Marie de Louis-Marie Grignion de Montfort. Et, je chante avec Thérèse de Lisieux : « Aimer, c’est tout donner, aimer, c’est tout donner, aimer c’est tout donner et se donner soi-même. »


Therese de lisieux

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