Aleteia
Mardi 20 octobre |
Sainte Adeline
Au quotidien

Obsèques : la mort concerne aussi les vivants

COFFIN CANDLE

Corinne Simon I CIRIC

Messe de funérailles. Le rite de la lumière consiste à prendre la flamme du cierge pascal pour allumer les cierges qui entourent le cercueil (Église Saint-Jean-de-Montmartre, Paris).

Eléonore de Vulpillières - Publié le 02/11/18

"Obsèques", "funérailles", "enterrement" sont autant de mots que l'on ne souhaite plus entendre que contraints et forcés par les événements, ou bien le 2 novembre, jour de commémoration des fidèles défunts, au lendemain de la Toussaint. Et pourtant, au quotidien, nombreux sont les professionnels et personnes qui consacrent leur temps à l'accompagnement des familles qui connaissent un deuil.

Aujourd’hui, les gens n’osent plus regarder la mort en face. C’est le constat que fait le père Jean-Michel Albert, responsable de la pastorale des funérailles de Paris. « Avant, les gens vivaient avec, présente à leur esprit, la réalité de la mort. Aujourd’hui, avec les progrès de la médecine et l’illusion transhumaniste, beaucoup sont tentés de se voiler la face. On fait comme si on ne se posait pas la question de sa propre fin. La société est mal à l’aise avec la mort. » Il remarque qu’aborder ce sujet en société instaure un climat anxiogène, comme si on était superstitieux à l’idée, ne serait-ce que d’évoquer la question.


CEMETERY CHILD

Lire aussi :
Parents, emmenez vos enfants au cimetière !

Si on mourait autrefois dans les familles, aujourd’hui, cela se fait plus discrètement, à l’hôpital ; on met les enfants à l’écart des enterrements, comme pour leur cacher la vérité. Mais cette attitude ne ferait que repousser le problème, et accroîtrait le risque de choc, à l’adolescence ou à l’âge adulte. Face à la déchristianisation de la société, comment envisager le rôle de l’Église de nos jours ? « L’Église continue d’annoncer la résurrection. Son message n’a pas varié. C’est le rapport de nos contemporains à la mort qui a changé », précise le père Albert. Au cours des messes d’enterrement, celui-ci observe régulièrement des personnes, parfois éloignées de la foi, touchées voire bouleversées par la liturgie et le message d’espérance véhiculé au cours de la célébration. « La liturgie leur parle d’une manière forte, aussi bien dans la forme qu’elle prend, que dans son contenu. »


GRAVE CHILD

Lire aussi :
Parler de la mort aux enfants : les mots à dire et ceux à éviter

Au-delà de la baisse de la pratique religieuse, on observe des changements sociétaux dans la destination des cendres après la crémation. Certains demandent à ce qu’elles soient dispersées auprès d’un arbre aimé ou dans la mer. Dans le Midi, cette manière de faire est plus répandue que dans le reste de la France, – 35% de crémation, en moyenne nationale, contre plus de la moitié dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur – et ce, pour plusieurs raisons, entre autres la proximité de la mer, et l’éloignement des proches.


PERE LACHAISE

Lire aussi :
La crémation favorable à l’environnement, vraiment ?

En effet, souvent, lorsque sonne l’heure de la retraite, certains déménagent dans le Sud pour couler de beaux jours, loin de leur berceau familial. Des déracinés volontaires, en quelque sorte. Ils renoncent à se faire construire une sépulture dans un lieu où personne ne viendra se recueillir sur leur tombe. C’est ce constat que fait Jérôme Bertrand, directeur pour le Var du Service catholique des funérailles du Var, une entreprise de pompes funèbres. Son rôle est d’accompagner les familles en deuil vers une solution appropriée, ou de conseiller les personnes qui se tournent vers lui pour anticiper leurs obsèques. « Parfois, certains peuvent changer d’avis après en avoir discuté en famille. Une dame qui souhaitait, pour des raisons économiques, opter pour la crémation, a changé d’opinion après en avoir parlé avec sa fille. Cette dernière lui disait qu’elle préférait amplement avoir un lieu où se recueillir plutôt qu’une simple boîte remplie de cendres. La mort d’un proche concerne directement ceux qui restent », rappelle le professionnel.


FLEURS SUR UNE TOMBE

Lire aussi :
Quelles fleurs pour orner une tombe à la Toussaint ?

« Ma mort ne regarde que moi », pourrait-on croire au premier abord, dans une société qui fait de l’individu le centre. Aliette Frangi, fondatrice d’Elicci, une entreprise qui propose la mise en relation de familles en deuil avec des musiciens pour les célébrations d’obsèques, met en garde contre cette dérive. « Mettre toutes ces questions sous le tapis, et bâcler un enterrement, c’est la meilleure garantie de ne jamais faire son deuil. » La jeune femme observe des tendances récentes, venues des États-Unis, chez des familles moins pratiquantes à recourir des services de gospel, voir du jazz. « La cérémonie leur paraît plus vivante, et plus directement tournées vers l’espoir », explique-t-elle, même si ce phénomène reste très urbain.

En province, on préférera des cérémonies plus classiques, accompagnées par un instrument soliste, souvent violon ou violoncelle. Ce qui compte, en un mot, est que le défunt soit accompagné au cours d’une cérémonie qui soit à la fois digne et belle. Essentiel pour faire son deuil.


MOURNING COFFIN

Lire aussi :
Enterrement ou incinération ? Ce que dit l’Église

Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Tags:
deuilenterrementFête des mortsmorttoussaint
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Edifa
Sexualité : comment raviver le désir quand il...
WEB2-SAMUEL PATY-AFP-000_8TB6FJ.jpg
Agnès Pinard Legry
Professeur décapité : des intentions de prièr...
Agnès Pinard Legry
Avec le couvre-feu à 21h, les paroisses contr...
Domitille Farret d'Astiès
Elles ont appris à les aimer : ces ...
WEB2-ERIC DUPOND-MORETTI-AFP-080_HL_NORCHARD_1209116.jpg
Agnès Pinard Legry
La discrète visite d’Éric Dupond-Moretti à la...
MORNING
Cerith Gardiner
Dix paroles inspirantes pour commencer sa jou...
Edifa
Connaissez-vous vraiment toutes les missions ...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement