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Asia Bibi acquittée, le Pakistan en suspens

ASIA BIBI
ARIF ALI I AFP
Des extrémistes pakistanais protestent à Islamabad le mercredi 31 octobre, quelques heures après l'annonce de l'acquittement d'Asia Bibi.
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Beaucoup de Pakistanais n'ont pas pu se rendre sur leurs lieux de travail ce mercredi 31 octobre, en raison des manifestations opposées à la relaxe prononcée le jour-même par la Cour suprême du Pakistan.

Asia Bibi a passé huit ans en prison pour avoir « blasphémé le prophète », elle a été relaxée mercredi 31 octobre, par un jugement en appel de la Cour suprême du Pakistan. « Attendez-vous à des conséquences terribles si vous graciez Asia Bibi » avait déclaré Moulana Khadim Hussain, l’un des imams vedette du Tehreek-e-Labbaik Pakistan (TLP). Ce groupe d’extrémistes musulmans soufis a fait de la loi anti-blasphème, en vigueur au Pakistan, une cause sacrée. Il a été fondé en soutien du garde du corps qui avait assassiné Salman Taseer, le gouverneur de la province du Punjab, pour avoir soutenu Asia Bibi. À la suite de la décision de mercredi matin, l’imam Moulana Khadim Hussain a publié des tweets dans lesquels il appelait explicitement à assassiner l’icône des abus de la loi anti-blasphème, avant de les retirer.

Les extrémistes de son parti se sont mis à bloquer les routes, faisant des feux de pneus et appelant bruyamment à la mise à mort des juges de la Cour suprême. Le père Emmanuel Yousaf, directeur national de la Conférence des évêques du Pakistan, donne un aperçu de la situation dans le pays : « Les écoles et les collèges vont fermer plus tôt. Beaucoup de routes sont bloquées, et la population est empêchée de se rendre au travail ou de rentrer à la maison. » Il témoigne de la peur des chrétiens, qui craignent la vengeance des extrémistes musulmans devant le camouflet qu’ils viennent de subir.

Blocus sur les routes

Le parti TLP, créé en 2015, avait réalisé une performance médiocre pour son premier scrutin, les élections législatives de 2018, lors desquelles il a réuni 2,2 millions de voix, soit 4,2% de l’électorat. Mais il peut compter sur une base de militants motivés et prêts à tous. En avril 2017, ils avaient bloqué pendant un mois la principale autoroute menant à la capitale du pays. Ils protestaient à l’époque contre une supposée modification du discours d’investiture à la présidence. Les termes « Je jure » que Mahomet est le dernier prophète de l’histoire auraient été sur le point d’être remplacés par « Je crois », ce qu’ils ne pouvaient tolérer. Après un mois de manifestations et de barrages, ils avaient alors obtenu la démission du ministre de la Justice.

Ils pourraient donc être tentés de réemployer ces méthodes, espérant avoir une nouvelle fois gain de cause. Cette fois, le premier ministre Imran Khan a publiquement soutenu la décision de la Cour suprême, annonçant dans un discours énergique que : « Tout blocage prolongé des voies de circulations entrainera une réaction ».

Difficile extradition d’Asia Bibi

Il semblerait qu’Asia Bibi soit encore au Pakistan, alors que ses soutiens espéraient qu’elle avait été extradée discrètement vers un autre pays, avant l’annonce de sa relaxe. Le père dominicain James Channan, directeur du Peace Center, à Lahore, au Pakistan craint qu’il ne lui arrive malheur : « Il lui est tout à fait impossible de rester au Pakistan. Les fanatiques qui en ont après elle sont prêts à tuer, et même à être tués pour mettre fin à ses jours. » Et s’ils ne peuvent pas mettre la main sur cette femme, ils pourraient retourner leur rage contre les chrétiens :  « Nous craignons que nos églises, nos écoles, nos institutions et nos maisons soient attaquées », témoigne le père Channan.

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