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L’unique phrase de Jude dans les Évangiles vaut vraiment qu’on s’y arrête

Saint Jude Thaddeus
By Renata Sedmakova | Shutterstock
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Saint Jude — qu’il ne faut pas confondre avec Judas Iscariot, comme le précisent les évangélistes — n’est pas le plus illustre des apôtres. Disciple discret, il est l’auteur d’une courte lettre qui clôt la série d’épîtres du Nouveau Testament. Mais il est davantage connu pour la seule parole qu’il prononce dans les Évangiles : une question frappante adressée au Christ dans l’évangile selon saint Jean, dont la réponse nous aide à comprendre le mystère de la présence de Dieu dans le monde.

Avant la fête de la Pâque, alors que Judas est parti accomplir sa trahison, Jésus annonce à ses disciples l’imminence de son départ : « C’est pour peu de temps encore que je suis avec vous » (Jn 13, 1). Les hommes sont interloqués : où va-t-Il ? Comment suivre ses commandements s’Il quitte ce monde ? Leur maître les rassure : « D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant ». C’est alors que Jude demande : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? »

Une question d’actualité

Alors que les questions des autres apôtres ne concernent qu’eux, Jude s’inquiète pour le monde qui, contrairement aux disciples, ne verra pas le Christ ressuscité. C’est même le reproche que le Ponce Pilate fictif d’Eric-Emmanuel Schmitt dans l’Évangile selon Pilate adresse à Jésus et à la religion chrétienne dans laquelle il ne voit aucun avenir : « Sa grande faiblesse fut de partir trop vite : il n’a pas pris le temps de convaincre assez de gens, ni surtout les gens importants. Que ne s’est-il rendu à Athènes ou à Rome ? Pourquoi même a-t-il quitté la Terre ? S’il est bien Fils de Dieu, comme il le prétend, pourquoi ne pas demeurer parmi nous à jamais ? Et par là nous convaincre. Et nous faire vivre dans le vrai. S’il séjournait perpétuellement ici, personne ne douterait plus de son message. »

Si nous savons que Son royaume n’est pas de ce monde, on aurait pu néanmoins imaginer que Jésus Christ soit resté davantage, afin de confondre ceux qui l’ont pas cru et l’ont condamné, et soit apparu au plus grand nombre, pour que la foi se propage plus rapidement. Benoît XVI a montré dans son audience générale du 11 octobre 2006 que l’interrogation de Jude n’avait rien perdu de sa pertinence : « C’est une question de grande actualité, que nous posons nous aussi au Seigneur : pourquoi le Ressuscité ne s’est-il pas manifesté dans toute sa gloire à ses adversaires pour montrer que le vainqueur est Dieu ? Pourquoi s’est-il manifesté seulement à ses disciples ? »

Une réponse d’une richesse infinie

À cette interrogation, Jésus répond : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. » Une réponse « mystérieuse et profonde », comme le dit l’ancien Pape, qui poursuit ainsi son exégèse : « Cela signifie que le Ressuscité doit être vu et perçu également avec le cœur, de manière à ce que Dieu puisse demeurer en nous. Le Seigneur n’apparaît pas comme une chose. Il veut entrer dans notre vie et sa manifestation est donc une manifestation qui implique et présuppose un cœur ouvert. Ce n’est qu’ainsi que nous voyons le Ressuscité. » Non, le royaume du Christ n’est pas de ce monde, mais en nous, à condition que nous recevions Sa parole. « On ne voit bien qu’avec le cœur », écrivait aussi Saint-Exupéry.

Ainsi, à un moment où les disciples prennent une place encore plus importante aux côtés de Jésus, destinés à voir le Christ ressuscité et à recevoir l’Esprit saint, Jude s’inquiète pour le reste du monde, qui devra croire sans avoir vu et faire reposer sa foi sur leurs témoignages. Benoît XVI note également que la lettre attribuée à Jude est adressée non à une Église locale déterminée, comme la majorité des épîtres, mais « aux appelés, bien-aimés de Dieu le Père et réservés pour Jésus Christ ». Ce vaste destinataire laisse entendre la réponse du Christ, et, à travers elle, la nature de la religion catholique, du grec katholikós signifiant : « universel ».

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