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Patrice de la Tour du Pin, un homme en quête de Dieu

PATRICE DE LA TOUR DU PIN
Patrice de la Tour du Pin en 1975.
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Patrice de La Tour du Pin (1911-1975) a été l’homme d’une quête, celle du Dieu de joie, le Christ pascal. « Un moment de tendresse qu’il a eu avec moi, / et j’ai été creusé pour la vie » (Psaume 5). Sa Somme de poésie, publiée en trois Jeux, a été remaniée à la fin de sa vie : Le jeu de l’homme en lui-même, Le jeu de l’homme devant les autres, Le jeu de l’homme devant Dieu. Ces jeux sont traversés par plusieurs genres littéraires : poésie, théâtre, bestiaire, prose, nouvelle, chanson, hymne, et le psaume qu’il affectionnait.

La première édition de Psaumes est parue chez Gallimard en 1938. Quatre-vingts ans plus tard, les éditions Salvator publient de nouveau les psaumes du poète, qu’il avait réunis en 1974 sous le titre Psaumes de tous mes temps. Ce dernier livre, édité de son vivant et repris par les Éditions du Cerf en 1990, paraît comme son testament spirituel.

Ces Psaumes sont, selon les mots mêmes du poète, « la moelle de mon corps de poésie ». Il regroupe 90 psaumes remaniés, publiés une première fois au sein de sa monumentale Somme de poésie. Nous avons là un bel exemple de « réécriture » de la Somme, où le « vieux quêteur » confie dans l’avant-propos son espérance de voir que « son apport poétique serve un peu à une renaissance religieuse à venir » (p. 28).

Cette réédition des Psaumes de tous mes temps est précédée d’une note éclairante de François-Xavier Durye. Il situe les  Psaumes au sein d’une œuvre qui « laisse deviner la structure trinitaire de la vie et de la création poétique » (p. 8). Il nous partage son enthousiasme pour ce poète foisonnant de vie qu’il a découvert avec d’autres passionnés, apprenant ses poèmes par cœur, accueillant le trésor de sa prière, « comme si le poète répondait à ce que nous avions toujours cherché, à une partie cachée de notre âme » (p. 11).

J’ai aussi été animé d’une grande ferveur en découvrant ce « jardinier des mots » dans les années 1970. Il a mené discrètement pendant quarante ans la quête de joie dans ses terres du Loiret, vivant reclus en poésie dans une sorte de contemplation errante, intégrant avec bonheur la création poétique, l’amour humain et la foi chrétienne. Traducteur des textes liturgiques et créateur d’hymnes pour la liturgie de l’Église, je lui ai consacré dans les années 1980 ma thèse de doctorat sur sa théopoésie et publié quatre ouvrages sur son œuvre qui m’apparaît toujours comme l’un des plus beaux chants d’espérance du XXe siècle.

Un chemin de vie et de prière

Isabelle Renaud-Chamska écrit avec justesse dans sa Postface que le recueil Psaumes de tous mes temps est « le concentré d’une vie de prière et de poésie offert comme un chemin à toute âme en quête de Dieu et d’un frère en humanité » (p. 157). Stéphanie Boisvert a approfondi l’étude de ce recueil en publiant en 2006 Le Chantre de l’Invisible (Bénévent). Elle montre qu’il existe une unité intrinsèque dans ce recueil et que la littérature peut mettre en valeur la dimension spirituelle d’une œuvre.

« Tout homme est une histoire sacrée », avait écrit le poète à l’entrée de son École de Tess, lieu de ressourcement pour les quêteurs de joie. Cette sentence, qui est tout un programme de vie en soi, est reprise de différentes manières dans ses psaumes. C’est là qu’il a tenté de « dire Dieu », traduire l’ineffable, rendre visible l’invisible, suggérer le spirituel en paroles, investir les mots d’une présence qu’il cherchait au plus clair de sa nuit. « Si je t’élève une prière exaspérée / de n’être qu’un cri d’impuissance, / si je ne rends plus grâce, entends ce que je tais » (Psaume 35).

Dans l’avant-propos aux Psaumes de tous mes temps, Patrice définit ses psaumes comme des formes poétiques assez élémentaires. Mais attention, leur apparente simplicité cache une grande profondeur. Si la quête du visage de Dieu y est explicite, l’essentiel se trouve plutôt dans ce Dieu qui cherche l’homme. Il y a là un retournement qui est de l’ordre pascal, un passage de Dieu en soi, surtout à partir des psaumes du Deuxième Jeu : « Pas seulement mes mots, c’est moi que tu attends, / c’est moi, ton mot, que je te rends : / avant de parler, j’étais dit » (Psaume 45).

En remaniant ses Psaumes, le « traducteur de la vie » leur a donné une tournure pascale. Il a lancé vers l’eucharistie ses trois grandes tendances : l’amour de la nature, la passion pour la poésie et l’appétit religieux. « Seigneur, quand nous serons sur le bord de l’abîme, / tiens-nous dans ton eucharistie » (Psaume 83). La refonte de la Somme de poésie sera imprégnée de sa prière qui est une réponse à la parole de Dieu. Le dernier vers du Psaume 90 témoigne de cette prière de feu qui l’animait : « Mon Dieu, tu n’es pas un Dieu triste, / ta nuit brûle de joie ».

Lire la suite sur le blogue de Jacques Gauthier.

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