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Nickel, le compte bancaire pour tous

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Compte Nickel

Agnès Pinard Legry - publié le 22/10/18

Quatre ans après sa création, le compte Nickel revendique avoir passé la barre du million de clients. Sa particularité ? Être un compte en banque sans banque, accessible à tous… y compris aux plus précaires.

Avez-vous déjà passé plusieurs semaines sans utiliser votre carte bancaire et sans consulter votre compte en banque ? Si votre réponse est certainement négative, sachez que c’est pourtant le quotidien de nombreux Français. En 2016, l’Observatoire de l’inclusion bancaire estimait à un demi-million le nombre de personnes ne possédant aucun compte bancaire et, plus largement, à trois millions celles se trouvant en situation de « fragilité bancaire ». C’est d’abord pour ces « sans-banque » que Ryad Boulanouar, ingénieur spécialiste de la monétique, fils d’immigré et ancien interdit bancaire, et qu’Hugues le Bret, banquier et ancien cadre dirigeant, ont lancé en 2014 le compte-Nickel. Et les résultats sont là : quatre ans après son lancement, Nickel revendique avoir dépassé la barre du million de clients.

20 euros par an

Le principe est simple. Moyennant 20 euros par an, le client du compte-Nickel, racheté par BNP Paribas l’année dernière, a accès à une carte bancaire (Mastercard) et un relevé d’identité bancaire (RIB) rattaché à un compte courant qui ne peut pas être à découvert. En d’autres termes, il s’agit d’un compte — vraiment — ouvert à tous, et notamment aux interdits bancaires. « Aujourd’hui, plus vous êtes pauvre, plus la banque va vous couter cher : parce que vous n’avez pas d’épargne, pas de projet d’achat etc vous allez payer plein pot dès le début », résume Jérôme Calot, responsable marketing et développement chez Nickel. « À l’inverse, quand vous êtes riche, les banques vont vous faire des ponts d’or pour que vous veniez chez elles car elles savent qu’elles vont ensuite pouvoir vous vendre d’autres produits sur lesquelles elles vont se retrouver financièrement ».




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« La vie peut devenir très compliquée si vous n’avez pas de RIB », détaille Jérôme Calot. « Sans RIB vous ne pouvez pas obtenir de mission d’intérim, bénéficier du RSA ou encore recevoir des allocations familiales ». Et le droit au compte ? « L’accessibilité au compte bancaire est un droit qui a été établi en 1984 après à la généralisation des prestations sociales par chèque ou par virement », explique le responsable marketing. Aujourd’hui, en cas de refus d’ouverture de compte par un établissement de crédit, la personne concernée peut s’adresser à la Banque de France qui désigne un établissement de crédit qui a obligation d’ouvrir le compte. La personne concernée est alors censée avoir accès gratuitement aux services bancaires de base. « Mais dans les faits, rares sont ceux qui font jouer ce « droit au compte », un dispositif assez lourd et relativement intrusif », nuance Jérôme Calot.

Un réseau de 3.900 buralistes

« Nickel est un modèle économique rentable — 36 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017, ndlr — qui est basé sur la transparence des tarifs et le principe de tarification à l’acte », résume le responsable. En parallèle, l’une des forces de Nickel est de disposer d’un réseau de 3.900 buralistes. « Ils ont été partie intégrante de l’offre dès le démarrage. Notre succès tient d’ailleurs à cela. Nous ne sommes ni une banque traditionnelle, ni une néo-banque : nos clients ne sont pas technophiles, n’ont pas de smartphone et, parfois, ils ne savent pas lire ou ne parlent pas français. Ils ont besoin d’être accompagnés », explique Jérôme Calot.


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« Cela peut prêter à sourire mais chez Nickel nous avons quatre valeurs dont nous parlons au quotidien : la simplicité, l’utilité, l’universalité et la bienveillance. Cette dernière est ancrée dans l’ADN de Nickel. On s’intéresse à des clients qui n’intéressent personne, ou en tout cas qui n’intéressent personne dans les modèles économiques des acteurs classiques du marché bancaire », indique encore Jérôme Calot. Dans les faits, 52% des clients du compte Nickel vivent en-dessous du seuil de pauvreté, 25% des clients sont demandeurs d’emplois et 15% ont des revenus irréguliers (intérim, CDD…). Ils sont également 28% à être hébergés par des proches, des associations ou des hébergements d’urgence. « On est heureux d’avoir un rôle social et sociétal qui lutte concrètement pour l’inclusion bancaire ».

Tags:
Bien communSociété
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