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Le nombre de naissances par césarienne a doublé en 15 ans

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Une étude publiée par la revue médicale britannique The Lancet révèle une forte augmentation des naissances par césarienne à travers le monde depuis l'an 2000.

De 2000 à 2015, le nombre d’accouchements par césarienne a doublé dans le monde, révèle une étude publiée dans la revue médicale The Lancet à l’occasion du Congrès mondial de la Fédération internationale de gynécologie et obstétrique (FIGO), qui se tient actuellement à Rio de Janeiro (Brésil). Selon cette étude, basée sur les données de 169 pays et couvrant 98,4% de toutes les naissances dans le monde, environ 29,7 millions d’enfants (soit 21,1% des 140,6 millions de naissances) sont nés par césarienne en 2015, contre les 16 millions (12,1% des 131,9 millions de naissances) en 2000. Cette forte augmentation est considérée dans certains pays, comme une véritable « épidémie » par les gynécologues, qui estiment que la proportion de césarienne « absolument nécessaire pour des raisons médicales » est de 10 à 15%.

L’Amérique latine en tête

L’étude, coordonnée par la gynécologue belge Marleen Temmerman, de l’Université de Gand (UGent), en Belgique, montre que les césariennes sont dix fois plus fréquentes en Amérique latine et dans les Caraïbes – où il l’est dans presque la moitié des naissances (44,3%) – qu’en Afrique du centre ou de l’ouest, où la césarienne n’est pratiquée que dans 4,1% des naissances. Au Sud-Soudan, le recours à la césarienne ne couvre que 0,6 % de toutes les naissances. En République dominicaine, il est de 58,1%, le taux le plus élevé jamais enregistré.

Dans quinze pays, le taux des naissances par césarienne dépassent les 40%, dont le Brésil et l’Égypte (55,5% chacun), la Turquie (53,1%), l’Iran (45,6%) et Cuba (40,4%). Bien plus qu’en Amérique du Nord (32%) et en Europe occidentale (26,9%). En 2000, ils étaient de 24,3% aux États-Unis et de 19,6% en Europe, souligne l’étude. Mais si le recours à la césarienne a augmenté dans toutes les régions du monde ces quinze dernières années, cette augmentation a été plus rapide dans les régions d’Europe orientale et d’Asie centrale et en Asie du Sud. En revanche, l’augmentation la plus lente est enregistrée dans les régions d’Afrique. Selon les auteurs du rapport, l’augmentation générale du nombre de césariennes est due à une augmentation des accouchements dans les structures sanitaires suivie d’une augmentation des césariennes dans ces établissements.

Des disparités révélatrices

L’étude relève une proportion des naissances par césarienne « significativement » plus élevée dans les pays à haut niveau de développement socio-économique, où les femmes ont un niveau d’instruction supérieure, avec une densité plus élevée de médecins et une fécondité plus faible. Au Brésil, par exemple, moins d’un cinquième (19,4%) des femmes moins instruites (c’est-à-dire ayant moins de huit ans de scolarité) y ont recours, contre plus de la moitié des femmes ayant une instruction plus élevé.

Autre forme d’inégalité frappante au sein d’un même pays ou d’une même région, en Éthiopie, l’incidence des césariennes n’est que de 2% au niveau national, alors qu’elle grimpe à 21,4% dans la capitale Addis-Abeba. Parmi les différentes provinces de Chine, le taux des naissances par césarienne varie entre les 4% et 62%, alors que dans les divers États indiens, il varie entre les 7% et 49%.

The Lancet révèle également des inégalités entre les structures privées et publiques. Selon des données provenant de 69 des 82 pays à faibles et moyens revenus,  le recours à la césarienne est 1,6 fois plus élevée dans les structures privées (18,3%) que dans les structures publiques (11%). Dans 12 pays, l’utilisation intra-institutionnelle de la césarienne dans les structures privées dépasse même la moitié des naissances.  Mais dans la grande majorité des 69 pays, son recours dans les structures publiques s’élève à environ 81%.

Des gynécologues inquiets

La coordinatrice de l’étude n’a pas caché sa perplexité devant cette augmentation significative des césariennes. « La grossesse et le travail sont des processus normaux, qui se déroulent en toute sécurité dans la plupart des cas », a déclaré la gynécologue, citée par ScienceAlert. Selon elle, cette forte augmentation, pour l’essentiel « sans raison médicale », comporte des risques tant pour la mère que pour l’enfant. « La césarienne est un type d’intervention chirurgicale majeur », rappelle à ce propos Jane Sandall du King’s College London. Les risques associés à cette pratique demandent « une attention particulière » et ne doit être appliquée que lorsque cela est médicalement nécessaire », a-t-elle mis en garde.

Le recours à une césarienne doit s’appliquer lorsque des complications surviennent pendant l’accouchement, comme les saignements ou un stress fœtal, rappelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a joint à l’étude une série de directives sur la question. Comparativement aux femmes qui accouchent naturellement, celles qui subissent une césarienne pour la première fois ont 3,1 fois plus le risque d’avoir besoin d’une transfusion sanguine, 5,7 fois plus le risque d’une hystérectomie non planifiée et, enfin, six fois plus le risque de recevoir des soins intensifs, indique le Guardian  (4 octobre 2017).

Le placenta accreta, ou placenta anormalement adhérent, est une anomalie qui peut causer une hémorragie chez les femmes après l’accouchement. Cette condition est aujourd’hui 600 fois plus élevée que dans les années 1950. Les femmes ayant un placenta accreta représentent 38% des hystérectomies liées à la césarienne, et jusqu’à 7% des femmes affectées en meurent, rappelle le Guardian. Alors que la majorité des femmes préfèrent la césarienne parce qu’elles trouvent qu’il est un moyen plus sûr pour elles et pour leur enfant, les jeunes médecins sont devenus des experts dans cette pratique, mais perdent, en revanche, les compétences qui leur sont nécessaires pour accompagner un accouchement potentiellement difficile par voie naturelle, relève l’étude.

Un mirage pour certaines femmes

Si, dans de nombreuses régions du monde, le recours à la césarienne est excessif, dans d’autres, ce type d’intervention reste un mirage, comme en Afrique subsaharienne et chez les femmes les plus pauvres. Selon l’Étude, « Dans plusieurs pays, la proportion de naissances par césarienne chez les femmes pauvres et vulnérables est proche de 0%, ce qui veut dire que certaines femmes et certains enfants meurent parce qu’ils ne peuvent avoir accès à cette intervention chirurgicale qui sauve la vie pendant l’accouchement ». C’est donc là qu’il faut agir, a conclu Marleen Temmerman, en améliorant les conditions d’accès dans les régions les plus pauvres, afin que « l’accouchement par césarienne en cas de problèmes soit possible pour tous, mais sans en faire un usage excessif ».

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