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Sainte Marguerite-Marie Alacoque, une histoire de cœur

© Wikimedia commons
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Tout commence à Paray-le-Monial, en ce grand siècle de la spiritualité qu’on a appelée l’École française, qui voit défiler les François de Sales, Jeanne de Chantal, Bérulle, Olier, Vincent de Paul, Jean Eudes. Jésus se choisit une jeune religieuse, de l’ordre de la Visitation, pour révéler au monde et dans l’Église l’amour brûlant de son cœur. Jésus la nomme « la disciple bien-aimée de mon sacré Cœur ».

Philiberte Lamyn et Claude Alacoque, juge et notaire dans le Charolais, en Bourgogne, ont trois garçons quand vient au monde, le 22 juillet 1647, Marguerite. L’enfant vivra une petite enfance heureuse. Vers l’âge de quatre ou cinq ans, elle fait un séjour prolongé chez sa marraine. Elle y entend parler de vie consacrée à Dieu et de vœux religieux. Prévenue par la grâce, elle prononce ces paroles qui marqueront sa vie : « Ô mon Dieu, je vous consacre ma pureté et je vous fais vœu de perpétuelle chasteté. » Elle sent que Jésus la veut pour lui seul. Plus tard, Jésus lui dira : « Je t’ai choisie pour mon épouse, nous nous sommes promis la fidélité lorsque tu m’as fait le vœu de chasteté, que je t’ai inspiré avant que le monde eût part en ton cœur. »

La souffrance entre dans sa vie lorsqu’elle perd son père à huit ans. Mise en pension chez les Clarisses de Charolles, Marguerite n’y reste que deux ans, en raison d’une maladie qui la gardera paralysée pendant quatre ans. Pour soulager ses maux, l’enfant promet à Marie de se faire un jour religieuse si elle recouvre la santé. La guérison arrive et sa piété mariale se raffermit. Mais elle passe plusieurs années partagée entre les plaisirs du monde et l’appel à la vie religieuse. Le Seigneur instruit l’adolescente dans son cœur et forme sa messagère qui est d’humeur expansive et aimante, malgré les mauvais traitements de ses tantes.

Répondre à l’amour

Marguerite a maintenant dix-huit ans et elle aime toujours les bijoux, les fêtes et les danses. Ses proches pensent la marier. Mais elle sent que Dieu la presse sur son cœur, alors elle pleure et lui demande pardon de ses frivolités, mais elle recommence dès le lendemain. Après six années de lutte, elle entre finalement à la Visitation Sainte-Marie de Paray-le-Monial. Une voix intérieure confirme son choix : « C’est là que je te veux. » Son premier souci est de demander à sa maîtresse des novices de lui apprendre à faire oraison. La mère lui répond : « Allez vous mettre devant Notre-Seigneur présent dans le tabernacle, et dites-Lui que vous voulez être devant Lui comme une toile d’attente devant un peintre. » La jeune postulante ne comprend pas, mais obéit. Jésus lui explique intérieurement : « Cette toile d’attente, c’est ton âme. Je veux y peindre les traits de ma vie qui s’est écoulée dans l’amour et la privation, dans l’occupation et le silence. »

Marguerite, qui a ajouté à son prénom celui de Marie, fait profession religieuse le 6 novembre 1672, à l’âge de vingt-cinq ans. On lui confie la fonction d’aide-soignante à l’infirmerie. Jésus lui découvre « les merveilles de son amour ». Un jour, il lui dit : « Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier, que ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen, et qu’il se manifeste à eux. »

L’échange d’amour

Marguerite-Marie relate dans son autobiographie cet échange intime avec le cœur de Jésus, symbole de sa miséricorde.

Il me fit reposer fort longtemps sur sa divine poitrine, où il me découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexplicables de son sacré Cœur, qu’il m’avait toujours tenus cachés, jusqu’à alors qu’il me l’ouvrit pour la première fois. Mais d’une manière si effective et sensible qu’il ne me laissa aucun lieu d’en douter, par les effets que cette grâce produisit en moi, qui crains pourtant toujours de me tromper en tout ce que je dis se passer en moi.

Vient alors la grande révélation de juin 1675, un jour où la jeune visitandine adore le Saint Sacrement. Jésus lui dit : Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu’il n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. Et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu’ils ont pour moi dans ce Sacrement d’amour. Mais ce qui m’est encore le plus sensible est que ce sont des cœurs qui me sont consacrés qui en usent ainsi.

Lire la suite sur le blogue de Jacques Gauthier.

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