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Paul VI, le pape du Credo et de la vie

POPE PAUL VI
AFP
Le Pape Paul VI salue la foule du haut des marches de son avion le 4 janvier 1964, à Rome.
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Dans la tempête qui suivit le concile Vatican II, dans une société de plus en plus sécularisée, le saint pape Paul VI gouverna l’Église avec souplesse, en tenant bon la barre sur la doctrine et la protection de la vie.

Le pape Paul VI, qui fut pape de 1963 à 1978, sera canonisé ce 14 octobre. Il gouverna l’Église dans la période difficile de l’après-concile Vatican II. La première grande décision de son pontificat fut de poursuivre le concile Vatican II que son prédécesseur, Jean XXIII, avait convoqué et qui avait connu une première session en 1962. Il y eut encore trois sessions sous Paul VI et le concile durera jusqu’en décembre 1965. Le Pape, tout en laissant une grande liberté au concile, est intervenu à plusieurs reprises de manière décisive : en imposant une Note qui précisait et limitait la collégialité (la participation des évêques au gouvernement de l’Église universelle) et en enlevant des débats conciliaires certains sujets sensibles (la contraception, le célibat des prêtres, l’organisation du synode des évêques) qu’il se réservait de traiter.

Des réorientations décisives

C’est aussi en plein concile, mais de sa propre décision, qu’il a donné de façon solennelle un nouveau titre à la Vierge Marie, en proclamant « Marie, Mère de l’Église ». Les seize constitutions, décrets et déclarations votés par le concile Vatican II ont réorienté de manière décisive l’Église et lui ont ouvert de nouvelles perspectives. La forme la plus visible de cette réorientation fut la réforme liturgique qui fut mise en œuvre après le concile et dont Paul VI a suivi l’élaboration de très près.

On doit relever aussi que Paul VI a été le premier pape de l’histoire de l’Église à aller à la rencontre des fidèles sur tous les continents. Ce seront successivement les voyages en Terre Sainte et en Inde en 1964, à New York au siège des Nations-unies en 1965, au Portugal en 1967, en Colombie en 1968, à Genève et en Ouganda en 1969, en Asie en 1970.

Le Credo du Peuple de Dieu

Paul VI a également été confronté à une crise majeure dans l’Église : dans une société de plus en plus sécularisée et où l’indifférence religieuse progressait, les remises en cause doctrinales se sont multipliées de la part de certains théologiens et de certains évêques. On a assisté aussi à une baisse considérable du nombre des vocations dans beaucoup de pays et à des défections impressionnantes dans le clergé. Selon les données statistiques établies par la Congrégation du clergé, plus de 40.000 prêtres (diocésains et religieux) ont quitté le sacerdoce pendant le pontificat de Paul VI.

Ce qu’on a appelé le Catéchisme hollandais, publié en 1966 avec l’approbation des évêques des Pays-Bas, a symbolisé cette remise en cause doctrinale de l’après-concile. Il a été traduit en différentes langues. Il contenait des affirmations contraires à la foi et péchait, en de nombreux points, par silence ou omission. Devant le scandale et les protestations, Paul VI a institué une commission cardinalice qui a dressé une longue liste des corrections et des précisions à apporter.

De façon plus générale, Paul VI a voulu réaffirmer de façon solennelle la foi catholique dans un Credo du peuple de Dieu qu’il a proclamé en juin 1968. Cette Profession de foi solennelle fut une réaffirmation de la foi de l’Église face aux contestations et aux doutes en même temps qu’un engagement personnel du Pape à être le pasteur qui transmet et garde l’enseignement hérité des origines. Ce Credo de Paul VI marquait aussi les limites qu’il entendait mettre au dialogue avec le monde, avec les cultures profanes et avec les autres confessions chrétiennes. Le début de ce texte magnifique montre bien comment le Pape a voulu donner une forme nouvelle à un texte traditionnel :

« Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur des choses visibles comme ce monde où s’écoule notre vie passagère, des choses invisibles comme les purs esprits qu’on nomme aussi les anges, et Créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle. »

L’audace d’Humanae vitae

Cette même année 1968, en juillet, Paul VI a osé heurter ce qu’on appellerait aujourd’hui le « politiquement correct » en publiant l’encyclique Humanae vitae. La question de la régulation des naissances et de la contraception — les catholiques peuvent-ils utiliser la pilule, un moyen chimique, pour limiter le nombre des enfants dans leur foyer ? — a été évoquée au concile. Avait commencé à se faire entendre parmi les cardinaux et les évêques une tendance qui allait dans le sens d’une modification de l’enseignement de l’Église sur ce point. Paul VI a préféré retirer cette question des débats conciliaires et s’est réservé de donner lui-même une réponse définitive.

Au témoignage du philosophe Jean Guitton, qui fut son ami, son esprit libéral était tenté d’accepter cette contraception réclamée par certains comme une libération de la femme. En France, la loi Neuwirth légalisant la contraception avait été votée en 1967. Paul VI a longuement hésité, a multiplié les commissions et les consultations pendant plusieurs années, puis finalement il a eu le courage d’aller à l’encontre de l’opinion dominante.

Encouragement pastoral

Le refus de la contraception se fonde sur la loi naturelle et sur la doctrine catholique du mariage. « Cette doctrine, dit l’encyclique, est fondée sur le lien indissoluble, que Dieu a voulu et que l’homme ne peut rompre de son initiative, entre les deux significations de l’acte conjugal : union et procréation ». C’est une même défense de la vie et de la création voulue par Dieu qui fait exclure l’avortement, la stérilisation et la contraception. Cette réaffirmation doctrinale était accompagnée d’une incitation aux prêtres à offrir un accompagnement pastoral et spirituel des fidèles : par une bonne préparation au mariage et par une écoute attentive aux difficultés rencontrées par la suite dans leur vie de couple.

L’encyclique fut contestée, dans les pays occidentaux, par des centaines de théologiens et de professeurs de séminaires, et critiquées ou relativisées par certains épiscopats. En revanche en Amérique du sud et en d’Afrique elle fut très bien accueillie parce que la pilule contraceptive leur semblait une ingérence occidentale dans la vie des pays les plus pauvres.

Le Pape de la protection de la vie

Il est remarquable que le miracle nécessaire à la béatification de Paul VI puis celui pour sa canonisation soient tous les deux en lien avec la défense de la vie. Le premier a eu lieu en 1996. Une jeune américaine était enceinte. Les médecins avaient diagnostiqué une malformation du fœtus qu’elle portait et avaient conseillé un avortement. Elle a refusé et a invoqué l’intercession de Paul VI. L’enfant est né sans malformation.

Le second a eu lieu en 2014. Il s’agit d’une jeune Italienne enceinte de cinq mois qui connut une rupture du placenta. Cela mettait en péril sa vie autant que celle du fœtus. Les médecins conseillèrent un avortement thérapeutique. La future mère refusa et alla à Brescia prier devant une relique de Paul VI, « le pape qui guérit les enfants non encore nés ». L’enfant naquit le 25 décembre suivant, en bonne santé.

 

Yves Chiron est l’auteur de Paul VI, le pape écartelé, (rééd. Via Romana, 2018) et d’un livret d’entretien d’entretien avec François-Georges Dreyfus et Jean Guitton, « Entretien sur Paul VI », Éditions Nivoit (16 rue du Berry 36250 Niherne), 2011, 34 pages.

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