Aleteia
Jeudi 22 octobre |
Saint Jean-Paul II
Spiritualité

Sœur Emmanuelle, des chiffonniers de Mokatam aux enfants du monde entier

SŒUR EMMANUELLE

© Danielle Docquois

Domitille Farret d'Astiès - Publié le 10/10/18

Sœur Emmanuelle, décédée en octobre 2008, a marqué son époque. Des chiffonniers du Caire aux enfants du monde entier, elle s’est engagée auprès des plus humbles. Aujourd’hui, son œuvre perdure encore, à travers les actions poursuivies par son association Asmae.

Elle a vécu jusqu’à l’âge de 99 ans et a laissé un héritage qui n’a pas de prix. Cette année 2018 est marquée par le dixième anniversaire de sa mort. Née au début du XXe siècle, celle qu’on nommait affectueusement « la sœur préférée des Français » a la réputation d’avoir un caractère bien trempé. Elle passe les premières années de sa vie consacrée dans l’enseignement. En 1971, profondément interpellée par les conditions de vie des zabbalines, plus connus sous le nom de chiffonniers du Caire, elle choisit d’aller vivre auprès d’eux. Une décision qui va orienter ses prochaines années et inspirer son combat. Son leitmotiv, « Yalla ! » (expression arabe signifiant “en avant”), perdure dans les mémoires.

« L’essentiel, c’est l’enfant »

En 1980, la religieuse décide d’étendre son action et crée l’association « Les amis de sœur Emmanuelle », qui prend plus tard le nom d’Asmae-Association sœur Emmanuelle. Cette organisation de solidarité internationale est spécialisée dans le l’éducation et la protection des enfants, de la naissance à l’âge de 18 ans. Car pour la religieuse engagée, « l’essentiel c’est l’enfant, et l’essentiel de l’enfant, c’est l’éduquer et donc l’instruire. Dès que l’école commence, il y a quelque chose qui bouge. C’est un germe de vie nouvelle ». Si bien qu’aujourd’hui, Asmae intervient auprès de 51.000 enfants dans huit pays : Égypte, Mali, Liban, Philippines, Madagascar, Inde, Burkina Faso et France. L’association compte également 983 parrains et conduit 68 projets. Asmae a à cœur de travailler en  partenariat avec les acteurs locaux. Elle s’occupe aussi bien d’accompagner les enfants des rues que les orphelins.

© Association Asmae

« L’école m’a permis d’ouvrir les yeux »

En Égypte, par exemple, l’association vient en aide aux enfants en situation de handicap. Le pays en compte plus de quatre millions, cachés ou rejetés par leurs familles, souvent privés de soins et d’éducation et victimes de violence ou d’abus de toute sorte. Isolés et marginalisés, ils manquent des structures de soins adaptées à leurs besoins. Asmae s’efforce ainsi de sensibiliser la société égyptienne à ces problématiques et de répondre aux besoins de ces enfants.




Lire aussi :
VIDÉO. Le secret de la joie, par les enfants des rues de Manille

Au Mali, l’un des pays les plus vastes d’Afrique de l’ouest, mais aussi un des États les plus pauvres au monde, Asmae se bat contre la déscolarisation et favorise l’éducation. Korotoumou, 13 ans, est en classe de CM2. Auparavant, elle ne savait pas écrire son nom, mais aujourd’hui, elle souhaite devenir enseignante. « Grâce à l’école, je connais beaucoup de choses, témoigne l’adolescente. L’école m’a permis d’ouvrir les yeux. J’ai aussi pu éviter beaucoup de dangers en apprenant de règles d’hygiène de base ». Sa mère, Wassa, travaille aux champs. Pour elle, c’est une grande fierté que sa fille puisse être scolarisée car plus tard, « elle pourra gérer ses problèmes sans dépendre de son mari ».

Aujourd’hui, 10 ans après le décès de sœur Emmanuelle, Asmae poursuit de nouveaux projets pour répondre à des besoins qui ne cessent d’augmenter. L’accompagnement des plus fragiles reste sa priorité. De nouveaux projets voient le jour, auprès des enfants vulnérables de Bamako (Mali) ou des adolescents du camp de réfugiés de Chatila (Liban). Alors, à la suite de sœur Emmanuelle, Yalla !




Lire aussi :
Sœur Monique, l’ange gardien des prisonniers

En partenariat avec

Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Tags:
soeur Emmanuelle
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
Domitille Farret d'Astiès
Elles ont appris à les aimer : ces ...
Domitille Farret d'Astiès
Une famille missionnaire sur le plateau de "L...
WEB2-SAMUEL PATY-AFP-000_8TB6FJ.jpg
Agnès Pinard Legry
Professeur décapité : des intentions de prièr...
Domitille Farret d'Astiès
"La France a un incroyable talent" : une fami...
Edifa
Connaissez-vous vraiment toutes les missions ...
Louise Alméras
Diacre et premier préfet handicapé de France,...
Freira renova votos religiosos de manhã e morre à noite
La rédaction d'Aleteia
Kenya : sœur Caroline renouvelle ses vœux le ...
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement