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Cinq astuces pour s'initier facilement au "zéro déchet"

ZERO WASTE

By roubick | Shutterstock

Gabrielle de Loynes - Publié le 06/10/18

On entend souvent : "Zéro déchet, c'est mission impossible". Certes, pour nous qui sommes cernés par la publicité et qui avons grandi dans la société de consommation, c'est un vrai bouleversement. Mais Rome n'a pas été construite en un jour. Parfois les petits riens ont de grandes conséquences. Aleteia vous révèle cinq astuces faciles pour s'initier au "zéro déchet"... Maintenant, nous avons zéro excuse.

Dans une grande enquête intitulée « Plastique, la grande intox », l’émission Cash investigation, diffusée sur France 2, a suivi la trace du plastique et démontré les défaillances des systèmes de recyclage. Les investigations révèlent que plus de 10 tonnes de plastique sont produites dans le monde chaque seconde, tandis que 9% seulement de ce plastique est recyclé. En France, chaque personne jette en moyenne 32 kg de plastique par an et gaspille plus de 20 kg de denrées alimentaires. Des chiffres inquiétants qui, avec un peu de volonté, peuvent être diminués en peu de temps.

  1. Bannir le plastique à usage unique

Avec sa « stratégie plastique », l’Union européenne s’apprête à interdire la commercialisation de certains produits en plastique à usage unique. Une bonne nouvelle quand on sait que 50% des plastiques utilisés pour la consommation sont à usage unique. Adieu pailles, bouteilles, couverts et assiettes en plastique… Un vrai changement pour le français qui consomme en moyenne 49 pailles, 40 gobelets de café, 80 sacs et 96 bouteilles plastiques par an. À usage unique, ces emballages plastiques sont utilisés en moyenne 20 minutes, alors qu’ils mettent plus de 200 ans à se décomposer.

Par quoi peut-on les remplacer ? D’abord il y a le très trendy « tote bag », le sac en tissu 100% coton, 100% réutilisable. Pas cher et efficace, il se glisse dans toutes les besaces et sert pour toutes les courses. Pour les cafés, boissons fraîches, thés… ici encore, rien de plus simple, ils peuvent être remplacés par le thermos ou la bouteille réutilisable. Être vigilant, ce n’est pas la mer à boire. Sac plastique, paille, emballage alimentaire… beaucoup de plastiques sont inutiles et continuent de polluer les océans.

    2. Acheter vintage et second-hand

Il n’y a pas que le plastique qui puisse être limité. En matière de déchet, le textile n’est pas en reste. Des études récentes révèlent que 700.000 tonnes de vêtements neufs sont consommées en France chaque année, tandis que chaque français ne porte pas 70% de sa garde-robe et jette près de 12 kg de vêtements par an. Eau, coton, pétrole sont surexploités pour nous vêtir. Nous sommes bien loin du vêtement décrit par le poète chrétien Khalil Gibran comme une simple « armure contre l’œil de l’impur ». « Et quand l’impur n’est plus, que devient la pudeur sinon un carcan pour le corps et une souillure pour l’esprit ? ». Au-delà de notre rapport au vêtement, revoyons son impact sur notre environnement.

Deux réflexes simples peuvent permettre de réduire la production de vêtements neufs qui finiront en déchets : donner et réutiliser. Eco TLC, l’éco-organisme qui recycle les textiles, collecte chaque année 175.000 tonnes de vêtements. Ces vêtements sont ensuite donnés à des associations, vendus en « seconde-main » dans des friperies et recyclés pour les 65% restant. Plus rapide encore, vous pouvez acheter et vendre vos vêtements d’occasion sur des plateformes en ligne.

   3. Privilégier le « fait maison » et les produits bruts

S’il est vrai que sainte Hildegarde de Bingen n’a pas connu l’industrie de masse standardisée, il est évident qu’une alimentation simple et non-modifiée demeure au cœur de sa diététique. Omniprésent dans nos supermarchés, l’emballage (principalement plastique) est toxique pour la santé et la planète. En plus de nous éloigner de la cuisine et de la table, espaces de partage, l’alimentation industrielle est responsable de 70% des emballages en France.

L’alternative, c’est évidemment le retour au produit frais et à l’épicerie en vrac. Plus il est simple et brut, plus l’aliment est bon pour le corps et respectueux de l’environnement. L’acte de consommation devient alors créateur de lien social avec les commerçants de quartier et facteur d’apprentissage (cuisine, origine du produit, saisons). Le fait maison c’est bon pour l’alimentation, mais aussi pour la maison : savon de Marseille, bicarbonate de soude, savon noir… ces produits sont simples et efficaces.

   4. Trier, composter et recycler

Selon une étude récente de Zero Waste France, environ 50% des emballages ne sont pas recyclables à l’heure actuelle. Seulement un cinquième des 3,3 millions de tonnes de déchets plastiques consommés en France est envoyé en centre de recyclage. Une des explications de ce faible taux de recyclage ? « Il n’est pas encore ancré dans les mentalités » estime Jean-Charles Caudron qui travaille à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Après avoir limité notre consommation d’emballages en amont, il est possible d’agir sur nos déchets, en aval. Contrairement au verre au papier et au carton, le tri du plastique est compliqué. Bien trier ses déchets c’est donc d’abord comprendre les consignes de tri. En bref, il ne faut jeter dans la poubelle jaune que le papier, le carton, les bouteilles et les flacons avec bouchon : bouteilles d’eau, flacons de gel douche, tubes de dentifrice, etc. Inutile de jeter les pots de yaourts et autres films plastique dans ce bac. Pour les plus vaillants, vous pouvez composter vos épluchures… même en ville c’est utile.

   5. Choisir le solide et le pérenne

Au quotidien, nous jetons. Papiers, mouchoirs, cotons, protections hygiéniques, films et bidons plastiques… notre salle de bain aussi est un espace de gaspillage. Après l’alimentation, la santé/beauté est le deuxième secteur industriel à consommer le plus d’emballage en France (13%). Et pourtant, des alternatives existent. Des cotons réutilisables, aux culottes et cup menstruelles, en passant par le dentifrice et le shampoing, tout peut être réutilisé et sans déchet.

Le plus simple pour s’initier au zéro déchet dans la salle de bain c’est de s’attaquer à la base de l’hygiène : le savon. Sans marque, sans emballage, sans produit chimique, il est aussi économique qu’écologique. D’Alep ou de Marseille, le savon est le produit phare. Il lave aussi bien les mains, le visage et le corps, que la lessive… le tout sans laisser de trace.

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